Dossier des femmes autochtones à Val-d'Or: «Ça ne fait aucun sens»

Il y a urgence d'agir, selon le grand... (Audrey Tremblay, Le Nouvelliste)

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Il y a urgence d'agir, selon le grand chef du CNA Constant Awashish.

Audrey Tremblay, Le Nouvelliste

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(La Tuque) La décision du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) de ne pas déposer d'accusation à la suite d'allégations d'agressions sexuelles sur des femmes autochtones par des policiers à Val-d'Or a suscité son lot de réactions dans les derniers jours, notamment en Haute-Mauricie où près de 25 % de la population est autochtone.

Il y a urgence d'agir selon le Conseil de la nation atikamekw (CNA) et le Centre d'amitié autochtone de La Tuque (CAALT). Ils réclament haut et fort une enquête publique.

«Il n'y a absolument rien de surprenant dans cette décision-là. C'est toujours le même résultat quand un corps policier enquête sur un autre corps policier, autochtone ou non. Le problème va beaucoup plus loin que le racisme, c'est une question de confiance publique», lance d'entrée de jeu Constant Awashish, grand chef du CNA.

Le son de cloche est le même au CAALT où la nouvelle a été très mal reçue. Même si on soutient que la relation avec la Sûreté du Québec est relativement bonne à La Tuque, on demande une enquête publique pour faire la lumière sur la relation policière et l'administration de la justice envers les autochtones.

«Ça ne fait aucun sens. On demande une enquête publique depuis le début. Je ne comprends pas leur fermeture. Il ne faut pas mélanger le problème avec l'enquête sur les femmes assassinées et disparues. Ces femmes et ces hommes-là dont on parle aujourd'hui sont encore bien en vie», lance Christine Jean, directrice générale du CAALT.

D'un côté comme de l'autre, on espère que la situation ne dissuadera pas les victimes qui voudraient dénoncer des situations inacceptables.

«À voir ce qui se passe présentement, ça doit décourager plusieurs victimes à aller de l'avant dans leur processus de dénonciation et par le fait même de guérison», dénonce le grand chef.

«Tu vois des femmes courageuses qui prennent leur courage à deux mains pour dénoncer malgré les obstacles. Puis en bout de ligne, il n'y a rien qui aboutit pour ces femmes-là qui se sont donné de la misère pour tenter d'avoir justice. Ce n'est pas très encourageant», ajoute-t-il.

Par ailleurs, on met tout en place pour faciliter le processus de dénonciation. Après les évènements de Val-d'Or, des mesures ont été mises en place au CAALT.

«On a amené une intervenante psychosociale. On a permis aux gens d'évacuer. Il y a des gens qui avaient besoin d'accompagnement parce qu'ils se sont sentis brimés. Ils avaient vécu des choses. On leur a dit que s'ils voulaient aller plus loin, on était là et qu'on pouvait les aider, les accompagner, les référer... [...] Je souhaite que ces gens-là qui ont subi des sévices dénoncent», a conclu Christine Jean.

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