La nation atikamekw fait son bilan

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François Néashit, chef de Wemotaci, Constant Awashish, grand chef du CNA et Christian Awashish, chef d'Opitciwan, ont rencontré les médias dans le cadre de la 2e Journée Nitaskinan, qui souligne l'anniversaire de la Déclaration de souveraineté de la nation atikamekw.

Audrey Tremblay, Le Nouvelliste

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(La Tuque) Le 8 septembre est une date importante pour la nation atikamekw. C'est lors de cette journée de 2014 que les Atikamekws ont fait leur déclaration de souveraineté.

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Le panneau indiquant le territoire du Nitaskinan a été dévoilé, jeudi, à Rivière-aux-Rats.

Guy Laroche

Jeudi, ils ont fait le bilan des deux années qui se sont écoulées depuis. Ils ont fait savoir qu'ils continueraient de s'affirmer haut et fort sur le territoire et ils ont invité les gouvernements à «se sortir la tête du sable» dans le cadre des négociations territoriales.

«C'est un rappel à la population, que les Atikamekws sont là et qu'ils ont toujours été là. On n'a pas cédé, ni vendu notre territoire. C'est toujours le territoire ancestral atikamekw. On ne veut pas mettre le monde dehors, on veut rehausser la fierté et l'identité des Atikamekws et réaffirmer notre occupation du territoire. On veut que nos voisins immédiats soient fiers de nous côtoyer», a affirmé le grand chef du Conseil de la nation atikamekw (CNA), Constant Awashish.

La nation atikamekw a senti le besoin de revenir sur les raisons qui ont amené cette déclaration de souveraineté en 2014. Les représentants de la nation ont mentionné avoir redoublé d'efforts depuis deux ans pour expliquer les enjeux, les défis collectifs et les attentes.

«Tous et toutes portent d'une même voix nos aspirations légitimes: le chemin qui nous a vus survivre mène droit à notre autonomie gouvernementale. Nous sommes mobilisés et motivés à atteindre cet objectif ultime qu'est notre autonomie gouvernementale et économique», a commenté Jean-Roch Ottawa, chef de la communauté de Manawan.

Le CNA a aussi dévoilé un premier panneau «territoire ancestral Atikamekw Nehirowisiw» identifiant le territoire atikamekw dans le secteur de Rivière-aux-Rats en Haute-Mauricie. Il s'agit du premier d'une longue série. 

«Il va y en avoir du nord au sud et d'est en ouest. On va délimiter le territoire et on va indiquer aux gens qu'ils sont en territoire ancestral atikamekw», note M. Awashish.

«Nous posons aujourd'hui un autre jalon, visible et durable. Un jalon physique et pacifique, car c'est dans notre nature», a ajouté M. Ottawa.

Des négociations peu concluantes

DLe grand chef du CNA et les chefs des trois communautés ont aussi profité de l'occasion pour rappeler aux gouvernements qu'ils doivent négocier.

«On sait que ça négocie, mais à un certain moment on devient impatient. Des fois on croit que la bonne foi n'y est pas. J'espère qu'avec un mouvement comme ça, que les gouvernements démontrent leur bonne foi et qu'ils fassent des actions concrètes dans ce sens-là. [...] Ils ont le pouvoir de changer les choses», a indiqué Constant Awashish.

Dans les communautés, on est sceptique. Le chef d'Opictiwan, Christian Awashish, suit les négociations de près et il s'est dit très peu optimiste de conclure une entente.

«On a été clair en 2012, on n'attendra pas encore des années et des années. On a dit que 2017 était la date ultime. S'il n'y a pas satisfaction, on va rompre les discussions et on fera d'autres actions», a-t-il commenté.

À l'écart du projet de BELT?

Le projet de Bionénergie La Tuque attire les regards du monde entier, selon le maire de La Tuque Normand Beaudoin. La nation atikamekw ne fait pas exception. Elle veut être impliquée dans le processus de l'implantation de la première bioraffinerie au Canada qui pourrait produire plus de 200 millions de litres par an de carburant totalement renouvelables. 

«On est déçus. On a appris le projet à travers les médias. [...] On a dit qu'on était intéressé et qu'il fallait qu'on soit impliqué dans ce projet d'envergure», a commenté le grand chef, Constant Awashish.

«En même temps, il faut bien peser le projet. Pour nous, c'est important de s'assurer qu'il va y avoir une régénération du territoire. On trouve ça déplorable qu'on ne soit pas partie prenante dans les démarches, surtout pour les études de faisabilité. On veut être au courant de l'information qui est diffusée et on veut entendre ce que les experts ont à dire», a-t-il ajouté.

Le grand chef a confirmé que le CNA avait fait des approches pour être impliqué. Il mentionne même que des approches plus directes pourraient être faites.

«On veut bien s'asseoir avec Normand (le maire de La Tuque), et voir comment on peut être impliqué. On veut y participer et on ne veut pas être bloqué en raison de notre situation financière», a-t-il conclu.

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