Wemotaci: une étudiante s'intéresse au feu de forêt

Noémie Gonzalez Bautista s'intéresse entre autres aux conséquences... (Audrey Tremblay, Le Nouvelliste)

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Noémie Gonzalez Bautista s'intéresse entre autres aux conséquences du feu de 2010 qui a menacé la communauté de Wemotaci.

Audrey Tremblay, Le Nouvelliste

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(La Tuque) Une étudiante de l'Université Laval s'intéresse au feu de forêt de Wemotaci pour une deuxième fois.

Noémie Gonzalez Bautista a présenté récemment les résultats de sa première étude sur les conséquences sociales et écologiques du feu qui a menacé la communauté atikamekw. Elle a décidé de pousser la réflexion encore plus loin.

Si plusieurs aspects ressortent de la conclusion de son étude, deux se distinguent particulièrement. Il y a eu évidemment le grand traumatisme, mais aussi la solidarité.

«Ce qui m'a vraiment frappée, ce sont les aspects positifs, c'est ce qui ressort vraiment. Ça m'a étonnée, parce qu'au départ, même si je n'ai jamais vécu ça, je voyais le côté catastrophe, le côté panique, le stress. J'ai constaté que ça avait créé beaucoup de liens», lance Noémie Gonzalez Bautista.

Des liens avec la communauté de La Tuque, qui a pris soin des Atikamekws pendant les dix jours d'évacuation, mais également entre les membres de la communauté.

«Il y avait des gens plus âgés qui travaillaient avec des jeunes. Ç'a permis à différentes générations de communiquer et de transmettre les savoirs. Ce qui est plus difficile le reste du temps. [...] Il y a eu une solidarité entre premières nations aussi», explique-t-elle.

Noémie Gonzalez Bautista met également en perspective toute la situation des négociations globales avec le gouvernement. «Il y a une contradiction entre le fonctionnement de l'environnement naturel et ce que demande la politique et l'administration, c'est aussi ressorti de l'étude», dit-elle.

Les écarts entre les techniques de la SOPFEU et des combattants volontaires atikamekws ont aussi été soulevés. «Les Atikamekws savent comment faire parce que les parents et leurs grand-parents leur ont montré. Ils n'ont pas nécessairement de formation technique. Quand une organisation officielle s'est créée, qui a donné la SOPFEU, il y a un écart qui s'est creusé. Ç'a créé des difficultés.»

«Les Atikamekws sentent une responsabilité de protéger leur territoire. C'est contradictoire de leur demander de ne rien faire quand il y a un feu et d'attendre que la SOPFEU s'en occupe. Le rapport au territoire n'est pas le même», assure-t-elle.

La jeune femme a d'ailleurs décidé de pousser encore plus loin cet aspect. Présentement au doctorat, Noémie Gonzalez Bautista s'intéresse à trois incendies qui ont menacé la communauté. «En 2011, j'ai fait un survol: qui était là, qui faisait quoi. J'ai fait un survol global. J'ai vu qu'il y avait des choses intéressantes, et j'ai eu envie d'aller plus loin.»

«Je m'intéresse à trois feux qui ont menacé Wemotaci. Évidemment, celui de 2010 pour l'approfondir un peu, mais aussi celui de 1997 et de 1977», détaille Noémie Gonzalez Bautista.

Ce qui l'interpelle principalement, ce sont les rapports sociaux entre les différents acteurs. Elle veut comprendre de quelle façon les différents groupes sont entrés en interaction, et ce qui s'est passé entre eux. «Ce qui m'intéresse, c'est comment faire cohabiter les deux façons de faire différentes. Est-ce qu'il y a une place pour le savoir-faire autochtone dans la gestion des feux. Si oui, comment pourrait-on lui donner cette place», a conclu l'étudiante.

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