Une «victoire historique» pour les Atikamekws

Christian Awashish... (Audrey Tremblay, Le Nouvelliste)

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Christian Awashish

Audrey Tremblay, Le Nouvelliste

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(La Tuque) Le Conseil des Atikamekws d'Opitciwan a accueilli favorablement et avec grande satisfaction les décisions rendues le 20 mai par le Tribunal des revendications particulières.

Le Tribunal donne raison aux Atikamekws d'Opitciwan et confirme que le gouvernement fédéral a manqué à ses obligations fiduciaires lors de la création de la réserve ainsi que lors de l'inondation du territoire pour la création du réservoir Gouin, au début du XXe siècle, sur 152,89 km de territoire, dont 542 acres à même la réserve initiale d'Opitciwan.

«C'est une victoire historique», a déclaré le chef Christian Awashish.

«Il est plus que temps que les gouvernements reconnaissent les erreurs du passé et que notre communauté soit correctement dédommagée pour les préjudices subis», a-t-il ajouté.

Opitciwan poursuivait le gouvernement fédéral en raison des dommages et inconvénients subis lors de la construction du barrage La Loutre menant à la création du réservoir Gouin entre 1918 et 1922.

À l'époque, cette décision avait causé la destruction des habitations ainsi que l'engloutissement des terrains et de tous les biens qui s'y trouvaient.

«Cet événement, en plus de constituer un épisode traumatisant pour la communauté, a entraîné la disparition définitive des traces de la mémoire collective de cette dernière, en plus de provoquer la perte du territoire ancestral voué à leur subsistance», mentionne le Conseil des Atikamekws d'Opitciwan

De plus, Opitciwan a également eu gain de cause alors qu'elle poursuivait le gouvernement fédéral pour les délais déraisonnables de la création de la réserve, de 1934 à 1944, et pour ne pas avoir bénéficié d'une superficie suffisante alors que sa communauté était en droit de s'attendre à un traitement équitable en ce sens.

«La Couronne fédérale avait des obligations légales et de fiduciaire exécutoires de s'assurer de la mise en oeuvre du processus de création de la réserve d'Opitciwan», peut-on lire dans la décision de la juge Johanne Mainville.

Le Tribunal des revendications particulières a aussi reconnu les pertes occasionnées. La prochaine étape sera la détermination du montant des indemnisations.

«La décision rendue par le Tribunal des revendications particulières démontre à quel point le gouvernement fédéral a manqué à ses obligations fiduciaires envers notre peuple. Les dommages causés à l'époque sur le Nitaskinan ont encore des répercutions et des conséquences aujourd'hui», commente Christian Awashish.

«Le nouveau gouvernement fédéral tient des discours positifs qui suscitent beaucoup d'espoir chez les premières nations. [...] Il a maintenant l'occasion de démontrer sa bonne volonté en passant de la parole aux actes et en rectifiant, sur-le-champ, un épisode sombre des relations canadiennes avec la nation atikamekw. Je m'attends donc à ce que nous soyons dédommagés diligemment pour les dommages subis sur le Nitaskinan», a conclu le chef.

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