Elles devront parcourir 130 km pour terminer leurs études

Les étudiantes sont entourées des enseignantes Céline Métivier... (Audrey Tremblay, Le Nouvelliste)

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Les étudiantes sont entourées des enseignantes Céline Métivier et Julie Bousquet.

Audrey Tremblay, Le Nouvelliste

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(La Tuque) La nouvelle est tombée sans qu'on ne s'y attende pour un groupe d'étudiantes au DEP en secrétariat et en comptabilité à La Tuque.

Dans quelques semaines, les cours ne seront plus offerts à La Tuque pour des raisons purement administratives. L'annonce a eu l'effet d'une bombe, et la quinzaine d'étudiantes multiplient les démarches pour que la Commission scolaire de l'Énergie revienne sur sa décision.

«On veut minimalement terminer notre année, mais le mieux serait qu'on continue d'offrir le DEP à La Tuque», lance Vanessa Côté, une des étudiantes.

La décision ne passe pas, ni pour les étudiantes, ni pour les deux enseignantes. La responsable du secteur La Tuque estime que le taux de placement qui, selon ses calculs avoisine les 90 %, démontre bien le besoin de la communauté.

«Ce sont des entrées progressives à La Tuque. Ici, les étudiantes entrent au compte-gouttes, et sortent au compte-gouttes, mais tout le monde se place», affirme Céline Métivier, enseignante responsable du centre de La Tuque du Carrefour formation Mauricie (CFM).

Cette dernière soutient également que de nombreux employeurs de la Haute-Mauricie font appel aux services des élèves formés par son équipe.

Dans la classe, on dénonce la façon cavalière dont on a appris la nouvelle de la bouche du directeur du CFM, Denis Lampron, en pleine période d'examens.

La Commission scolaire offre deux solutions sans frais supplémentaires aux femmes pour finir leurs études: se rendre à Shawinigan ou suivre les cours par correspondance.

«Je me vois mal faire ça par correspondance. On passe la journée à poser des questions aux enseignantes», dénonce Audrey Trottier.

«Ce n'est pas tout le monde qui a les moyens d'aller à Shawinigan, ce sont beaucoup de dépenses en plus. On s'est inscrit pour étudier ici et travailler ici», note Marie-Christine Lévesque.

La frustration est grande, surtout que certaines d'entre elles arrivaient à la fin de leurs études.

«Si on décide de ne pas aller à Shawinigan, c'est comme si on nous incitait à décrocher», indique Marie-Christine Lévesque.

La Commission scolaire soutient que le Carrefour formation Mauricie n'avait pas d'autre choix. Il faudrait près du double de diplômés pour couvrir les frais.

«C'est certain qu'on trouve ça très malheureux», lance d'entrée de jeu le directeur général de la Comission scolaire de l'Énergie, Denis Lemaire.

«Le CFM a un déficit de 400 000 $. Ils ont revu tous les cours. [...] La conclusion qu'on a eue à La Tuque, c'est qu'on devrait avoir 22 élèves de diplômés par année pour que le CFM fasse ses frais. C'est déficitaire. Sur 8 ans, on a une moyenne de 10 à 12 diplômés. Il en faudrait deux fois plus.»

Monsieur Lemaire souligne également que tout a été mis en place pour tenter de garder le programme ouvert à La Tuque. Toutefois, la décision est définitive.

«Le déficit annuel est de 65 000 $. Ça fait huit ans qu'on le roule de façon déficitaire pour contribuer à la communauté, mais là on était à la croisée des chemins. [...] Ça n'a jamais été rentable et on ne croit pas que c'est demain la veille que ça va l'être», soutient Denis Lemaire.

Toutefois, le directeur général de la Commission scolaire laisse la porte entrouverte pour l'avenir. «Ce n'est pas dit qu'on ne pourrait pas y retourner de façon sporadique avec un bassin d'élèves assez grand.»

Depuis jeudi dernier, les appuis de la communauté de La Tuque continuent d'augmenter. Le Carrefour Emploi du Haut Saint-Maurice, entre autres, demande à la direction du CFM de reconsidérer cette décision «qui sera nuisible pour l'ensemble de notre communauté».

Le Carrefour Emploi se dit convaincu des retombées positives d'un tel cours pour l'ensemble des entreprises et organismes latuquois qui sont à la recherche d'employés en secrétariat-comptabilité.

«Ce programme a une bonne réputation et la majorité des étudiants se trouvent un emploi dès l'obtention de leur diplôme. De plus, un tel cours offert en région permet l'amélioration des conditions de vie de plusieurs familles qui ne pourraient se déplacer à l'extérieur de la ville de La Tuque pour poursuivre leurs études, impliquant alors des coûts importants», a souligné Karine Pérusse, directrice générale du Carrefour Emploi du Haut Saint-Maurice.

Les étudiantes ont aussi rencontré le maire de La Tuque et ont interpellé la députée de Laviolette, Julie Boulet. Le groupe de femmes pourrait même se déplacer à la prochaine réunion de la Commission scolaire pour se faire entendre.

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