Fort McMurray: «de très mauvais souvenirs» pour la Haute-Mauricie

Le maire de La Tuque, Normand Beaudoin, et... (Archives, Le Nouvelliste)

Agrandir

Le maire de La Tuque, Normand Beaudoin, et l'ancien chef du conseil de bande de Wemotaci, Simon Coocoo, alors qu'ils s'adressaient aux évacués de la communauté autochtone. Ceux-ci étaient alors hébergés à l'école secondaire Champagnat, quelques jours avant d'être transférés au colisée municipal.

Archives, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(La Tuque) Le drame qui secoue actuellement Fort McMurray et ses habitants fait revivre de douloureux souvenirs à la population du Haut Saint-Maurice.

Il y a près de six ans, le 26 mai 2010, la communauté atikamekw de Wemotaci avait été évacuée vers La Tuque en raison d'un feu de forêt dévastateur. Un moment qui a marqué le premier mandat du maire de La Tuque, Normand Beaudoin.

«Ça rappelle de très mauvais souvenirs», lance sans hésiter le maire Beaudoin. Ce dernier se rappelle des événements avec beaucoup de détails encore.

«L'évacuation s'est faite aux alentours de 10 heures le matin, se souvient-il. À 6 heures le soir, on servait plus de 1000 repas aux Atikamekws à l'école Champagnat».

Le colisée municipal s'était transformé pendant une dizaine de jours en dortoir. Les lits de camp avaient envahi l'espace de la patinoire. Pendant une dizaine de jours, la région s'était serrée les coudes.

La directrice des communications de la Ville de La Tuque a également vécu ce moment marquant. C'est le drame humain dont elle se souvient.

«Je me souviens de la détresse des gens quand ils sont évacués, qu'ils ne savent pas trop ce qui se passe à la maison, qu'ils n'ont pas de nouvelles... Wemotaci, c'était en bas de 2000 personnes et c'était toute une organisation, mais là on parle de 80 000 personnes, c'est énorme, vraiment énorme», a souligné Hélène Langlais.

Ces souvenirs rappellent également que la Ville avait été en mesure de gérer la crise, même si, on avoue qu'il y a eu des ajustements après les événements.

«Ça nous avait permis de tester notre système de sécurité et de voir que c'était quand même bien. Il y avait des choses à améliorer c'est certain, mais ç'avait bien été. Je ne souhaite vraiment pas que cela se reproduise, mais si c'était le cas, on est prêt», assure le maire de La Tuque.

«On est équipé. En 2010, il avait fallu faire monter des lits de camp. Maintenant, on en a 500 ou 600 d'entreposés. On est prêt à toute éventualité», ajoute-t-il.

D'ailleurs chaque année, la Ville fait une rencontre pour rappeler les procédures si un tel événement se produisait à nouveau.

Le drame qui avait touché la Haute-Mauricie a également permis un rapprochement entre les citoyens de la Ville de La Tuque et les membres de la communauté atikamekw de Wemotaci.

«Je pense qu'on a tissé des liens plus forts que ce qu'on avait avec la communauté de Wemotaci. [...] Tout s'était bien passé avec les 1200 Atikamekws, ç'a avait fait changer les idées préconçues que les gens avaient», a commenté le maire Beaudoin.

Mérite québécois de la sécurité civile

La Ville de La Tuque avait d'ailleurs été honorée, quelques mois après le dévastateur incendie à l'occasion du Mérite québécois de la sécurité civile.

La Ville de La Tuque avait reçu une mention d'honneur pour l'efficacité de son intervention lors des incendies de forêt qui avaient fait rage en Haute-Mauricie en mai 2010. On avait, entre autres, souligné «son leadership exemplaire dans chacune des phases de cette vaste opération, notamment lors de la mise en oeuvre de l'évacuation complète de la communauté de Wemotaci et de la réintégration de son village».

Prudence en forêt

Les pêcheurs, villégiateurs et amateurs de plein air prendront d'assaut le territoire du Haut Saint-Maurice dans les prochaines semaines. Les autorités municipales sont catégoriques: la prudence et la vigilance est de mise.

D'ailleurs depuis le début de la saison de protection au Québec, les 92 incendies combattus ont affecté 25 hectares de forêt. Ce bilan de la SOPFEU est supérieur à la moyenne des dix dernières années qui s'élève à 78 incendies et 66 hectares.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer