«Il y a de l'avenir en foresterie»

Claude Dupuis quitte la Coopérative forestière du Haut... (Audrey Tremblay, Le Nouvelliste)

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Claude Dupuis quitte la Coopérative forestière du Haut Saint-Maurice pour relever de nouveaux défis chez Groupe Forestra Coopérative Forestière à Saguenay.

Audrey Tremblay, Le Nouvelliste

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(La Tuque) Depuis près de 20 ans, Claude Dupuis est omniprésent dans le monde de la foresterie à La Tuque et dans la Mauricie.

Il a annoncé dernièrement qu'il quittait la région, et du même coup la Coopérative forestière du Haut Saint-Maurice, pour relever de nouveaux défis personnels.

Il laisse toutefois derrière lui une entreprise en santé financière et souligne qu'il y a de l'avenir dans le milieu forestier de la Mauricie.

«Ça bouge beaucoup sur l'échiquier et je pense que ce sont des choses qui sont bénéfiques pour le milieu forestier mauricien. On a une belle forêt. On a une forêt qui est complexe autant pour la structure de peuplement que pour la structure sociale, c'est-à-dire les pêcheurs, les chasseurs, les zecs, les compagnies forestières... Il faut réussir à amalgamer tout ça pour que ça fonctionne. Jusqu'à maintenant, on s'est donné des structures et des moyens d'y arriver en Mauricie», témoigne le directeur général de la Coopérative forestière du Haut Saint-Maurice, Claude Dupuis.

Ce dernier est clair, il y a un bel avenir pour la foresterie, mais le gouvernement doit absolument mettre l'épaule à la roue en apportant des modifications au nouveau régime forestier notamment.

«Je pense qu'il reste à régler les problèmes de coût de fibre et tout ça. Si le gouvernement peut donner un coup de main, je pense qu'il y a vraiment un avenir pour la foresterie en Mauricie, une belle foresterie sociale.»

Claude Depuis a bon espoir et il se fait rassurant. Des discussions avec le ministre lui laissent croire que les nouvelles pourraient être bonnes pour le milieu dans le prochain budget.

«Le ministre nous a passablement rassurés sur des mesures qui vont être prises dans le prochain budget. C'est de bon augure et ça va être la bougie d'allumage pour redémarrer les choses. Il faut voir clair avant d'avancer», soutient-il.

Le directeur général de la Coopérative est clair, et il insiste, son départ est une décision personnelle. Il quitte la tête haute et laisse la coopérative en bon état.

«Je ne veux pas que mon départ soit perçu dans le milieu comme étant un échec et que je lance la serviette. La décision que j'ai prise, c'est une décision personnelle. Ce n'est pas parce que l'entreprise va mal et qu'il n'y a plus rien à faire avec l'usine. Loin de là! Je ne veux pas qu'il y ait de vent de panique. [...] Il y a de l'avenir en foresterie. Ce n'est pas simple, il faut seulement faire les bonnes actions.»

Dix-sept ans à la barre de la Coopérative forestière du Haut Saint-Maurice

Après 17 ans comme directeur général de la coopérative, Claude Dupuis commençait à sentir la fatigue et la motivation s'éloignait tranquillement. L'homme d'une cinquantaine d'années avait besoin de nouveaux défis.

«Parfois on manque d'idées ou de motivation. C'est plus la motivation personnelle et les défis personnels qui commençaient à manquer pour moi», explique M. Dupuis.

Sans hésiter, le directeur général affirme que le redressement de la Coopérative depuis son arrivée est sa plus grande satisfaction et l'échec du projet de la modernisation de la scierie de Rivière-aux-Rats sa plus grande déception.

«L'état de la Coopérative aujourd'hui, c'est certainement mon plus bel héritage et la plus belle chose que j'ai réussie. Ma plus grosse déception, c'est ce qui s'est passé au printemps passé. D'avoir travaillé autant pour monter ce dossier-là et d'avoir été si près d'augmenter le volume, d'ajouter un quart de travail à l'usine et de faire les investissements de 8 millions $, c'est décevant. On avait un beau projet, que ça arrête du jour au lendemain, ç'a été ma plus grosse déception dans ce siège-là», a souligné Claude Dupuis.

Ce dernier s'en va donc relever de nouveaux défis à Saguenay, mais dans un terrain particulièrement bien connu.

«Je m'en vais à la tête d'une coopérative forestière comme directeur général. Je reste en foresterie, mais le contexte est différent, les clients sont différents, les manières de travailler sont aussi différentes... Le beat va être différent et il y a toute la magie du début qui opère pendant quelques années. Je veux faire un peu de nouveau pour la fin de ma carrière.»

Claude Dupuis part donc avec le sentiment du devoir accompli. Il soutient que la santé financière de la Coop est très bonne, qu'il y a une bonne organisation, que les entrepreneurs sont solides, et que l'équipe de gestion est compétente. 

«Je pense qu'on est capable de redémarrer une autre saison, que le monde entre en forêt en début de saison sans trop se casser la tête. Ça va donner le temps au nouveau directeur général de placer ses affaires et de prendre sa place pour travailler les dossiers.»

Depuis qu'il a annoncé son départ, Claude Dupuis a été inondé de messages. Il a reçu des téléphones du maire, de la députée, de ses collègues, sa page Facebook a aussi été inondée, signe qu'il était apprécié dans sa communauté.

«Hommage à ce grand homme qui a dirigé d'une main de maître, notre fragile industrie forestière dans la tempête et dans les grands vents! Claude fera assurément partie de notre histoire», a témoigné Manon Côté, directrice générale de la Chambre de commerce et d'industrie du Haut Saint-Maurice.

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