Des entrepreneurs mécontents à La Tuque

Une douzaine d'entrepreneurs de La Tuque se sont... (Audrey Tremblay)

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Une douzaine d'entrepreneurs de La Tuque se sont présentés à l'assemblée publique pour que le maire Beaudoin et l'organisation municipale répondent à leurs questions.

Audrey Tremblay

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(Collaboration spéciale) Des entrepreneurs de La Tuque ont profité de la séance du conseil municipal pour se faire entendre, mardi soir. De la douzaine de commerçants sur place, plusieurs ont manifesté leur mécontentement sur les façons de faire et la gérance de la Ville. Permis, zonage, schéma d'aménagement, développement, tout y est passé.

«La raison pour laquelle je suis ici, c'est que je suis venu m'impliquer solidairement avec les jeunes, parce que j'y crois. [...] On ne veut pas travailler contre vous, on veut travailler avec vous», a lancé Denis Duchesne, un entrepreneur à La Tuque depuis 23 ans.

«Avons-nous les moyens de refuser des commerces? Pouvons-nous vraiment beaucoup choisir nos commerçants en 2016?», a-t-il ajouté.

Pierre Lepage est un de ceux qui souhaitaient exprimer son ras-le-bol. Le propriétaire du Dépanneur P. Lepage estime que la Ville freine le développement économique. Il soutient que l'organisation municipale devrait penser en premier lieu aux commerçants établis sur le territoire.

Il a écorché l'organisation municipale à plusieurs reprises, notamment dans le dossier de sa fosse septique. Il a reproché à la Ville d'avoir porté plainte au ministère de l'Environnement. 

«Le village de La Croche déverse ses égouts dans la rivière Croche, une des rivières les plus polluées au Québec et j'ai des preuves. Avant de frapper sur les autres, il faudrait qu'ils se regardent avant», a mentionné M. Lepage.

Ce dernier a également fait des reproches au maire dans le dossier de Manouane Sipi.

«J'ai un investisseur très sérieux qui a beaucoup d'argent pour le projet de barrage. J'ai été rencontrer le maire et le directeur général au mois de juin. Je n'ai jamais eu de nouvelles», a lancé M. Lepage.

Le maire de La Tuque a par ailleurs souligné qu'il n'était pas seul dans le dossier, et que les rencontres avec son partenaire, le Conseil de la nation atikamekw de Wemotaci avaient lieu seulement dans les dernières semaines.

«Je ne peux pas bouger sans l'assentiment des Atikamekws», a lancé Normand Beaudoin.

Cinq autres entrepreneurs ont également pris la parole. Ils ont exposé leur dossier en tentant d'avoir des réponses qu'ils ont jugées parfois insatisfaisantes ou incompréhensibles.

L'organisation municipale a fourni quelques réponses, notamment en ce qui a trait aux règlements.

«Une Ville ne peut pas faire tout ce qu'elle veut. La Ville est encadrée par la loi de l'aménagement et de l'urbanisme du gouvernement du Québec. C'est important de comprendre ça à la base», a lancé le directeur général, Marco Lethiecq.

«On veut être juste et conforme. On ne veut pas créer de précédents», a mentionné le conseiller Jean Duchesneau.

Les citoyens ont été invités à prendre rendez-vous avec les dirigeants.

«On ne pourra régler votre dossier ici ce soir devant tout le monde pour faire un show public. Passez au service technique, si la réponse est non, ça va demeurer non. Même si on veut faire des miracles ça va rester non. Si on peut le faire par contre, ça va nous faire plaisir», a lancé le directeur général, Marco Lethiecq.

L'ancien conseiller municipal Roch Lepage s'est également fait entendre lors de la période de questions.

«Aussitôt qu'il y a un projet, les employés municipaux se font un plaisir de barrer les pattes au lieu d'aider des gens. C'est ça qui tue le commerce», a-t-il lancé.

Le maire a terminé l'assemblée en mentionnant qu'il était un des premiers à vouloir prendre la défense des commerçants, mais qu'il avait les mains liées par les procédures. Il a également souligné les efforts de la Ville pour la rétention des jeunes et des aînés.

Au final, après près d'une heure de discussion, les commerçants ont semblé plutôt déçus des réponses.

«On n'a pas de collaboration de la Ville. C'est dommage. On est de jeunes entrepreneurs, on travaille fort. On veut avoir des permis, de nouvelles choses 

dans nos commerces et ils nous mettent des bâtons dans les roues», a souligné Stéphanie Morin après l'assemblée du Garage R. Tessier.

Toutefois, ils espèrent que de s'être présenté ensemble, comme preuve de solidarité entre entrepreneurs, pourra faire réfléchir les dirigeants de la Ville et ultimement les faire changer d'idées dans certains dossiers.

«On voit qu'il y a quelques élus qui sont favorables à notre dossier. On espère que ça va donner quelque chose en fin de compte», a ajouté Mme Morin.

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