Décès d'un survivant de Lac-Mégantic: «Il mérite le plus grand respect»

En août 2013, lors du spectacle-bénéfice pour les... (Photo: La Presse)

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En août 2013, lors du spectacle-bénéfice pour les victimes de la tragédie de Lac-Mégantic, Yvon Ricard avait chanté Rosie. Cette même chanson qu'il avait interprétée au Musi-Café quelques semaines avant avec son ami Guy Bolduc, décédé dans la tragédie. Un moment fort de cette soirée.

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Audrey Tremblay
Le Nouvelliste

(LA TUQUE) «Il est mort il y a deux ans, ce n'est que son coeur qui vient de cesser de battre.» La famille d'Yvon Ricard, le chansonnier du Musi-Café qui avait survécu à la tragédie de Lac-Mégantic, est en deuil avec une tonne de questions qui resteront sans réponse. Le Latuquois d'origine s'est enlevé la vie la fin de semaine dernière. Son décès a créé une onde de choc dans le milieu latuquois et dans la communauté artistique.

«Personne ne peut s'attendre à une chose semblable, et ce, même si on savait qu'il ne l'avait vraiment pas eu facile. On le savait très affecté par la tragédie de Lac-Mégantic, mais est-ce qu'on pouvait s'imaginer jusqu'à quel point il pouvait l'être?», se questionne Raymond Legros, le beau-frère d'Yvon Ricard qui a accepté de se confier au Nouvelliste.

La famille souhaite par-dessus tout qu'on se souvienne de l'homme qu'il était, du bonheur qu'il semait et du respect qu'il dégageait, bien plus que de la façon dont il s'est éteint la fin de semaine dernière.

«Les médias s'acharnent sur le mot suicide. Je pense qu'il est mort il y a deux ans, ce n'est que son coeur qui vient de cesser de battre [...] Il mérite le plus grand respect. Il avait un côté très humain, beaucoup plus que bien des gens. C'est une des personnes qui m'a marqué le plus dans ma vie. C'était un clown. C'était un phénomène unique en son genre. Un bon gars...», témoigne M. Legros.

Les messages de sympathie défilent sur la page Facebook du Latuquois d'origine. La page À la mémoire d'Yvon Ricard a même été créée en son honneur. Les dizaines, voire les centaines de messages de sympathie amènent un peu de réconfort à la famille affligée par le départ tragique d'Yvon Ricard.

«Vous n'avez pas idée de la quantité de monde qui nous a envoyé des messages. C'est inimaginable. Ma femme est très affectée par la situation. Il y a beaucoup de gens qui l'ont appelée. Il y a beaucoup de respect là-dedans», soutient le beau-frère de M. Ricard.

À travers ces messages, il est facile de comprendre que l'homme était un bon vivant et qu'il était apprécié de la communauté artistique.

La chanteuse Anik St-Pierre a été surprise et attristée d'apprendre la nouvelle même si elle n'avait pas côtoyé Yvon Ricard dans les dernières années. Elle l'avait rencontré au secondaire. «Il était très imposant physiquement même si on sait qu'il n'aurait jamais fait de mal à une mouche. On avait fait de la musique ensemble, on avait chanté Time of my life du film Dirty Dancing. C'était très drôle, je mesure 4 pieds et 10 pouces et lui mesure plus de 6 pieds. On avait beaucoup de plaisir et c'est un gars qui avait vraiment beaucoup de talent. Il avait beaucoup de joie de vivre», se souvient Anik St-Pierre.

Selon elle, la tragédie de Lac-Mégantic qu'il a vécue l'a définitivement traumatisé. «C'est triste de voir les dommages collatéraux qu'une tragédie comme celle-là peut faire. Il y a eu des décès lors de la tragédie il y a deux ans, mais les gens qui sont pris avec les images, ils restent troublés.»

Ces images étaient sans aucun doute ancrées dans la mémoire d'Yvon Ricard. Il avait souligné, à un certain moment, qu'il avait de la difficulté à dormir.

«Quand il nous avait raconté comment cela s'était passé, c'était extrêmement poignant et on pouvait voir à quel point ça lui était rentré dans le corps. Il nous racontait tous les détails et les bruits», note Raymond Legros.

«Je sais qu'il était suivi, mais on n'en parlait pas souvent. On n'entrait pas souvent dans ces détails-là. C'était délicat d'en parler. On ne voulait pas réveiller des choses. C'est un gars qui paraissait très enjoué, mais parfois ça ne veut rien dire», a-t-il conclu.

audrey.tremblay@lenouvelliste.qc.ca

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