Attaqué par un ours, Daniel Blanchard retournera à la chasse

Daniel Blanchard a bien l'intention de retourner à... (Photo: courtoisie)

Agrandir

Daniel Blanchard a bien l'intention de retourner à la chasse à l'ours l'an prochain.

Photo: courtoisie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Audrey Tremblay
Le Nouvelliste

(LA TUQUE) Quelques jours à peine après s'être fait attaquer par un ours dans la zec Chapeau-de-Paille et une cinquantaine de points de suture plus tard, Daniel Blanchard, a décidé de raconter son histoire pour que les gens redoublent de prudence en forêt.

«C'est vraiment exceptionnel, il ne faut pas lancer un message de panique. Il ne faut pas que les gens arrêtent d'aller dans le bois à cause d'un seul ours. Il ne faut pas généraliser. Il faut simplement s'équiper et redoubler de prudence», lance Daniel Blanchard.

Reste que le chasseur de Farnham a quand même eu peur pour sa vie lorsqu'il s'est fait attaquer.

«Je sens encore sa figure à environ cinq pouces de la mienne, et je vois qu'elle claque des dents et qu'elle veut me mordre le cou au moment où je lui donne mon bras comme bouclier», raconte-t-il.

Daniel Blanchard est un chasseur expérimenté, il connaissait bien l'endroit pour y chasser depuis plus d'une dizaine d'années. Il était en quête de sa 40e prise, qui avec les circonstances qu'on connaît, sera remise à l'an prochain.

Mercredi soir dernier, peu avant le coucher du soleil, M. Blanchard se préparait à revenir au campement, après quelques heures passées dans sa cache à près d'une trentaine de pieds du sol.

«J'avais filmé cette femelle-là avec ses deux oursons plus tôt dans la semaine. Je ne l'ai pas tiré parce qu'on ne tire pas sur les femelles. [...] J'y suis retourné mercredi parce qu'on voyait sur les camérasqu'il y avait un beau mâle qui tournait aux alentours», préciseM. Blanchard.

Vers 18 h 30, il a filmé un ours, qu'il jugeait plus ou moins beau. Il l'a laissé passer. «Je ne les tire pas quand il n'y a pas de qualité de fourrure, on ne les tue pas pour le plaisir comme bien du monde», explique M. Blanchard qui en plus de la fourrure récupère la viande.

L'homme prend alors la décision de ranger ses affaires et de rentrer. Toutefois, au même moment, la femelle est arrivée avec ses deux petits pour se régaler des appâts.

«Habituellement quand je descends mon arbalète et que je brasse un peu les branches, ça les éloigne. Dans 99,9 % du temps, ils se sauvent, mais exceptionnellement, dans ce cas-là, elle a fait monter ses petits dans un arbre et elle est venue vers moi assez rapidement.»

L'ourse a déchiré le sac à dos, et rapidement elle était rendue aux bottines du chasseur. «Elle a déchiré mes bottes. J'ai fessé dessus avec mes pieds», raconte l'homme.

Il a bien tenté de remonter son sac à dos, mais l'ourse n'avait pas dit son dernier mot. La bête est remontée, et cette fois-ci, elle s'est rendue presque au visage du sexagénaire.

«Elle voulait me mordre le cou, je n'avais pas d'autre choix que de lui donner mon avant-bras pour essayer de la pousser», note le chasseur.

«J'ai poussé, j'ai poussé et à un moment je l'ai presque déséquilibré. Ce n'est pas des coups de griffes qu'elle me donnait, parce qu'elle était accrochée dans l'arbre. Elle me mordait. Elle m'a mordu dans le flanc, mordu sur la bedaine, mordu sur les cuisses, mordu un peu partout... À un certain moment mon adrénaline a sûrement monté à 200 % et là j'ai réussi à la pousser», ajoute-t-il

C'est là que l'homme a réussi à remonter doucement, sans bruit, son sac à dos et à mettre la main sur son poivre de Cayenne. «La troisième fois qu'elle est montée, je l'ai aspergé. Elle est tombée sur la tête en bas.»

Daniel Blanchard a profité du moment où la bête était un peu assommée pour appeler son coéquipier avec sa radio et quitter les lieux. Ils se sont rendus dans un chalet pour appeler les secours et c'est là qu'il a vu l'état de son bras.

«Quand je bougeais les doigts, je voyais les nerfs qui me bougeaient à travers la chair. Ce n'était pas beau», se souvient-il.

Après une bonne réflexion, l'homme a décidé qu'il retournerait encore à la chasse à l'ours l'an prochain.

«Je voulais complété mon score de 40 ours, mais là ça c'est terminé 39 pour moi et 1 pour elle. Je vais y retourner, mais je vais faire ça différemment», a-t-il conclu.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer