La passion plus forte que le handicap

Amélie Lavallée sera sur la ligne de départ... (Photo: La Presse)

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Amélie Lavallée sera sur la ligne de départ en côte à côte lors de la prochaine édition des 12 heures d'endurance de La Tuque.

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Audrey Tremblay
Le Nouvelliste

(LA TUQUE) Amélie Lavallée était une pilote dominante, performante et vouée à une carrière extrêmement prometteuse. Son quad n'avait plus de secret pour elle jusqu'au jour où le destin en a décidé autrement. Un accident de travail qui l'a rendue paraplégique a changé sa vie. Poussée par l'amour du sport, la détermination et une volonté enviable, la jeune femme servira une véritable leçon de courage en s'alignant sur la ligne de départ de la prochaine édition des 12 heures d'endurance de La Tuque en côte à côte. Un grand retour après un grand bouleversement.

Il faut retourner loin dans la jeunesse d'Amélie Lavallée pour trouver l'étincelle de cet amour pour le VTT. Cependant, c'est à 19 ans, lorsqu'elle a rencontré son conjoint, que la passion a véritablement pris son envol. À 24 ans, après avoir donné naissance à deux enfants, sa carrière de pilote a débuté. «Ça allait bien. J'ai grimpé les échelons assez vite. À 29 ans lorsque mon accident est arrivé, ça faisait déjà deux championnats dans les pros que je gagnais. Je coursais contre les gars parce qu'il n'y avait pas encore de filles dans cette catégorie. J'étais à défendre mon troisième titre»

La jeune femme n'aura jamais eu l'occasion de mettre la main sur ce troisième championnat. Alors qu'elle travaillait sur un toit, Amélie a été victime d'un tragique accident. Elle a fait une chute de 35 pieds.

«La 6e vertèbre de la colonne vertébrale a été cassée et a accroché la moelle épinière, ce qui m'a donc rendu paraplégique», explique-t-elle.

Un moment extrêmement difficile pour la pilote et sa famille. Amélie a été absente pendant près de quatre mois pour des soins hospitaliers et de la réadaptation.

«Ç'a été difficile pour ça. J'ai eu plein de petits deuils à faire [...] Le deuil de ma carrière de VTT a été très difficile à faire. Mes performances allaient vraiment bien. J'ai été une des premières femmes à être Factory», c'est-à-dire que je roulais directement pour la compagnie Bombardier. J'avais gravi les échelons un à un et ça s'est arrêté comme ça, vite fait... Ça s'est arrêté. Ç'a été pénible et même après quatre ans, lorsque je vois des photos, ça m'arrache le coeur», souligne la pilote.

«C'est certain que la vie continue et on s'adapte, mais ce côté-là, on ne s'adapte pas, c'est terminé», ajoute-t-elle.

Puis quatre ans ont passé, avec cette envie toujours présente de se retrouver sur la ligne de départ. Un amour du sport motorisé indéfinissable et une détermination que les mots peinent à décrire.

«Je ne sais pas si c'est une force, mais je pense que c'est la passion qui est trop forte. C'est un sport pour lequel j'ai vraiment de la difficulté à tourner la page, mes proches me disaient qu'il y a plein d'autres belles choses pour moi. Je ne suis pas capable!», lance Amélie.

Elle estime que ce sont ses proches qui, depuis l'accident, stoppaient ses envies de piloter.

«Ils sont très nerveux que je recommence. Toute seule, c'était impensable à faire. Je ne peux pas préparer la machine. Alors ç'a repoussé un peu les années. C'est un mal pour un bien, depuis ce temps-là j'ai repris de la force. La motivation a toujours été là. Mon chum a accepté d'y aller, moi, mentalement j'étais déjà très prête. Présentement, je me prépare physiquement»

C'est évident que le premier souhait de la jeune femme aurait été le VTT. Toutefois, le danger était beaucoup trop grand. C'est donc en côte à côte, un véhicule tout-terrain motorisé pouvant accueillir l'un à côté de l'autre le conducteur et au moins un passager, qu'elle relèvera le défi du 12 heures d'endurance de La Tuque. Une des courses les plus difficiles en Amérique du Nord.

«En VTT, je n'ai pas de protection à part le casque. Je veux protéger le peu qu'il me reste, mes bras valent de l'or. Je n'ai pas d'équilibre du tout à cause de ma fracture quand même très haute. Me tenir assis sur un VTT c'est plus difficile, tandis que le côte à côte est plus sécuritaire avec la cage et la ceinture»

Le sport est certainement différent, mais rien pour freiner l'énergie et la fougue de la pilote qui débutera très bientôt l'entraînement avec la machine.

«Ça m'inquiète seulement un peu. La conduite ressemble plus à l'automobile. Moi, j'étais habituée à travailler beaucoup avec mon corps sur mon VTT pour les transferts de poids et tout. Là, ça va être plus les bras. On ne sait pas du tout ce que ça va donner, mais on est pas mal sûrs que je vais avoir beaucoup de plaisir»

Les objectifs seront certainement différents. Avant l'accident, le seul et unique but était de gagner. Pour sa prochaine course, le but sera de relever le défi des 12 heuresd'endurance de La Tuque, qui se dérouleront les 15, 16 et17 mai.

«Là, le but n'est pas le même, tant mieux si ça va bien. Depuis mon accident que je rêve de faire une course, et je rêvais surtout de refaire le 12 heures de La Tuque. Le but, c'est de réussir à le faire et d'accomplir ce défi-là. Les 12 heures, c'est vraiment une course spéciale! Ça vient me chercher. C'est la plus dure au Québec, et c'est vraiment un gros défi. C'est difficile, épuisant... et plus c'est difficile plus ça m'attire. Dans mon état pouvoir réussir à le faire,c'est un excellent défi», a-t-elle conclu.

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