Chasseurs, pêcheurs et trappeurs passent à la caisse

La hausse des tarifs de permis de pêche,... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

Agrandir

La hausse des tarifs de permis de pêche, de chasse et de piégeage s'invitera certainement dans les discussions au 24e Mégasalon de camping, chasse et pêche de Trois-Rivières ce week-end au Complexe sportif Alphonse-Desjardins.

Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Audrey Tremblay
Le Nouvelliste

(La Tuque) L'annonce de la hausse des tarifs de permis fait déjà maugréer les chasseurs, pêcheurs et trappeurs de la région et de la province. Une hausse qui n'est pas la bienvenue et qui créé même de l'inquiétude dans certains cas.

 C'est le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Laurent Lessard, qui a annoncé une modernisation de la tarification pour les permis de chasse, de pêche et de piégeage. La modification apportée devrait permettre au gouvernement de faire davantage pour la protection, la mise en valeur et la conservation de la faune.

Ces augmentations sont en moyenne d'une dizaine de dollars pour les résidents. Le permis de pêche pour les moins de 65 ans est passé de 20,96 $ en 2014 à 29,84 $. Le permis de chasse à l'orignal coûtera désormais 72,57 $ plutôt que 59,92 $ et celui du piégeage 30,32 $. Les chasseurs de petits gibiers pour leur part devront débourser 23,98 $ comparativement à 19,35 $.

Tous s'entendent pour dire que les amateurs vont manifester leur mécontentement à la suite de cette annonce, mais on ne craint pas pour la clientèle résidente des pourvoiries ni pour le sport.

«C'est certain que les gens vont critiquer, mais on va vendre les permis quand même. Ça va peut-être toucher un peu de gens dans le gros gibier, mais dans la pêche plus ou moins», a souligné Jean-Guy Gauvin, de la boutique Pro-Nature, à La Tuque.

Les hausses sont toutefois plus significatives pour les non-résidents, ce qui pourrait freiner les ardeurs de la clientèle européenne dans certaines pourvoiries, comme la Seigneurie du Triton au Lac-Édouard.

«Déjà pour eux, c'est assez dispendieux de payer un permis en plus du droit de pêche qu'on charge en pourvoirie. Pour ces petites familles-là cet été, il se pourrait très bien qu'ils mettent une croix sur leurs journées de pêche parce que ça va représenter un peu trop de dépenses de loisir pour eux. Ils vont plutôt profiter de nos activités gratuites», a mentionné Annie Tremblay de la Seigneurie du Triton.

«Pour la clientèle internationale de la chasse à l'ours, c'est certain qu'on va en entendre parler également. Pour cette année, nos réservations sont déjà prises alors ces clients-là n'auront pas le choix d'assumer la différence de prix, mais pour des clients outre-mer, ce sont des prix déjà assez dispendieux», a-t-elle ajouté.

Il faut dire que la chasse à l'ours est très populaire en Haute-Mauricie, et le permis pour les non-résidents est passé de 160,71 $ en 2014 à 185,78 $. Toutefois, l'augmentation la plus considérable pour les non-résidents est la chasse à l'orignal qui est passée de 373,78 $ à 480,80 $.

Le sujet s'invitera certainement dans les discussions au 24e Mégasalon de camping, chasse et pêche de Trois-Rivières ce week-end. D'ailleurs le promoteur Gaétan Mondou n'a pas été tendre à l'endroit du gouvernement.

«Ce sont des abrutis. C'est désolant pour la relève [...] Il y a vraiment un non-vouloir, on dirait, du ministère au niveau de la chasse et de la pêche. On a la plus belle région au monde pour la chasse et la pêche, mais on est aussi les plus mal gérés sur la terre», a-t-il lancé.

Le ministre Lessard a fait savoir que les réinvestissements dans le domaine de la faune permettront de remédier au déficit structurel dont souffrait le secteur Faune au ministère. «Cette augmentation du prix des permis de chasse, de pêche et de piégeage est nécessaire pour appuyer la mission du ministère afin de soutenir nos efforts de promotion des activités fauniques, en plus d'améliorer et de consolider l'offre faunique pour les millions d'amateurs de plein air qui profitent chaque année de cette richesse particulière au Québec.» 

De plus, la redevance d'un détenteur de permis de commerce de fourrures achetées ou obtenues d'un chasseur ou d'un piégeur sera abolie afin de s'inscrire dans un effort d'allègement réglementaire. 

«En 2013, le secteur de la faune et des parcs a vendu plus de 1,3 million de permis de chasse, de pêche et de piégeage. En plus de contribuer à la création et au maintien de près de 14 000 emplois, les dépenses des adeptes génèrent annuellement au Québec près de 1,6 milliard de dollars. Nous envisageons de recueillir avec cette mesure 5 millions de dollars supplémentaires pour le secteur de la faune. Cette somme nous permettra, entre autres, de réembaucher les 16 agents de la faune occasionnels mis à pied en 2014. De plus, elle assurera le maintien du Réinvestissement dans le domaine de la faune (RDF), tel que l'ont demandé les associations siégeant à la Table nationale de la faune», a précisé le ministre Lessard. 

Québec a également souligné que la majorité des tarifs de permis de chasse, de pêche et de piégeage au Québec resteront inférieurs à ceux des provinces ou des territoires voisins avec lesquels le Québec est en concurrence sur le marché des activités fauniques. De plus, la baisse de la valeur du dollar canadien amenuisera les conséquences de la modification tarifaire pour les acheteurs de permis non résidents. 

Les modifications tarifaires établies selon le type de permis entraient en vigueur hier. Les prix de vente de permis sont accessibles sur le site Web du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer