Services policiers d'Opitciwan: une gestion déficiente?

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Les services policiers de la communauté atikamekw d'Opitciwan ont plusieurs fois fait la manchette.

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Audrey Tremblay
Le Nouvelliste

(La Tuque) Les services policiers de la communauté atikamekw d'Opitciwan ont plusieurs fois fait la manchette dans les deux dernières années pour des questions de sous-financement, une situation qui a été abondamment décriée par le chef, Christian Awashish. Pourtant, les résultats d'une étude du ministère de la Sécurité publique sur la gestion et le fonctionnement du service de police autochtone affirment le contraire.

Les conclusions du rapport du ministère de la Sécurité publique du Québec de juin 2013 obtenu par Radio-Canada sont loin despropos du chef qui dénonce le sous-financement de son corps policier.

On y soutient notamment que les choix de gestion des dirigeants du corps de police d'Opitciwan depuis les deux dernières années semblent à l'origine des déficits cumulés par le conseil de bande en matière de prestation des services policiers.

On estime également que rien ne permet de croire que la décision de hausser significativement le nombre de policiers soit motivée par la recrudescence de certains actes criminels ou par une criminalité importante qui l'obligerait à recourir à un effectif policier plus important.

Le ministère de la Sécurité publique est d'avis que le travail policier à Opitciwan peut être exécuté différemment avec un effectif policier se situant entre 12 et 14 membres. Présentement, environ 25 policiers travaillent à Opitciwan.

On affirme également que le financement octroyé en 2012-2013, qui était de 2,2 millions $, répond aux besoins de cette communauté malgré son éloignement. L'an dernier, le financement de la police d'Opitciwan a été augmenté de 600 000 $ pour un an pour un total de 2,8 millions de dollars.

Le chef d'Opitciwan, Christian Awashish, estime que ce rapport ne tient pas la route.

«Je dénonce cette situation-là. On a toujours dit, avec des documents à l'appui, que si nous voulons bien répondre à la réalité de la communauté, il faut une organisation policière adéquate et la financer à sa juste valeur. Malheureusement, le gouvernement n'accepte pas notre réalité et notre argumentaire. C'est dommage qu'il pense comme ça», déplore M. Awashish.

Ce dernier estime que des facteurs importants n'ont pas été pris en considération par le ministère dans son étude, dont il a pris pleinement connaissance.

«Le ministère a produit un rapport et on a produit un rapport. Il y a une chicane sur le meilleur rapport. Notre étude est basée sur les statistiques de criminalité et on n'est pas d'accord avec ce qu'ils ont fait», a affirmé M. Awashish.

«On ne veut plus gérer des déficits, et gérer avec des contraintes de coût. Si le gouvernement pense faire mieux, il a juste à venir donner le service dans la communauté», a-t-il ajouté.

L'entente sur les services policiers se termine en mars 2015, le chef d'Opitciwan tentera d'obtenir une rencontre à ce sujet avec le ministère.

«C'est très encourageant à ne pas renouveler l'entente et que ce soit la Sûreté du Québec qui assure le service. On est presque rendu là encore cette année. S'ils ont la meilleure recette...»

LE CONSEIL RÉAGIT

Le Conseil d'Opitciwan a rapidement réagi au reportage de Radio-Canada par voie de communiqué. Il a tenu à donner sa version et à rectifier les faits.

«Contrairement à ce que laisse sous-entendre le reportage deM. Jean-Philippe Robillard de Radio-Canada, diffusé le17 février, la compilation statistique des interventions policières dans la communauté n'est aucunement une tentative d'amplifier ou gonfler les faits, mais est menée avec rigueur et découle des exigences mêmes du ministère de la Sécurité publique. C'est plutôt Québec qui tente de minimiser les statistiques afin de ne pas financer le service policier selon ses coûts réels. À cet effet, les rapports rendus par la Sûreté du Québec, alors qu'elle assurait les services policiers à Opitciwan, coïncident avec la réalité de notre collectivité quant aux besoins et au nombre d'interventions», peut-on y lire.

Le Conseil a ajouté qu'il trouvait le reportage tendancieux et préjudiciable pour la communauté des Atikamekws d'Opitciwan et estime qu'il est simplement faux d'affirmer que le Conseil d'Opitciwan tente «d'amplifier l'importance de la criminalité et ainsi obtenir plus d'argent des gouvernements», comme le prétend le reportage diffusé par Radio-Canada.

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