Compressions du MTQ sur la route forestière 10: Parent en a assez

Les ambulanciers se rendent à Parent une soixantaine... (Photo: Audrey Tremblay, Le Nouvelliste)

Agrandir

Les ambulanciers se rendent à Parent une soixantaine de fois par année, la plupart du temps par la route forestière 25. Sur la photo: Bruno Gauthier de la BTAQ à La Tuque.

Photo: Audrey Tremblay, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Audrey Tremblay
Le Nouvelliste

(La Tuque) Les compressions du ministère des Transports (MTQ) dans l'aide financière versée à la municipalité de La Tuque pour l'entretien de la route forestière R-0450 (route 10), qui est en fait la route d'accès aux secteurs de Parent et Clova, ont un goût amer pour la conseillère municipale de Parent, Sylvie Lachapelle.

La conseillère municipale du secteur de Parent, Sylvie... (Photo: Audrey Tremblay, Le Nouvelliste) - image 1.0

Agrandir

La conseillère municipale du secteur de Parent, Sylvie Lachapelle.

Photo: Audrey Tremblay, Le Nouvelliste

Cette dernière croit qu'encore une fois les résidents risquent d'être isolés et elle relance le débat concernant le tronçon de la route forestière 25 entre Wemotaci et Parent.

«Ils isolent le village carrément. Je n'en reviens pas, lance Sylvie Lachapelle. Chaque fois qu'ils font des coupures, ce sont dans les régions éloignées. Les gens de Parent sont en maudit. Ils paient des taxes comme tout le monde, et chaque fois qu'il y a des coupures, on écope. Ils ne peuvent plus nous couper grand-chose là...»

À la Ville de La Tuque on tente de se faire rassurant et on affirme qu'il n'y aura aucune réduction aux services d'entretien sur la route 10 malgré les compressions avec lesquels les élus doivent conjuguer.

«On est coupé au niveau du financement, mais au niveau de l'entretien, c'est-à-dire du déneigement et du nivelage, il n'y aura pas de coupures. Là où ça pourrait avoir un impact, entre autres, c'est au niveau des réparations de la route», a affirmé Marco Lethiecq, directeur général de la Ville de La Tuque.

La situation relance tout le débat entourant l'entretien de la route 25 entre la communauté autochtone de Wemotaci et de Parent.

«Les gens passent par la 25 parce que c'est plus court, mais seulement quand c'est entretenu. Si les forestiers ne travaillent pas dans ce secteur-là, elle n'est pas entretenue. [...]Ça fait des années qu'on demande au MTQ de mettre de l'argent sur la 25. Il reste juste une partie à faire, c'est-à-dire de Parent à Wemotaci. Ils ne veulent pas», déplore Mme Lachapelle.

D'ailleurs, les services d'urgence utilisent, la très grande majorité du temps la route 25 pour répondre à la soixante d'appels en provenance de Parent.

«On prend souvent la route 25 pour aller à Parent. On prend le ''raccourci'' et c'est souvent ce chemin-là qui nous cause des problèmes», explique Yvan Frenette, directeur de la BTAQ de La Tuque.

La route n'est pas de tout repos pour les services d'urgence, et très loin d'être une partie de plaisir pour le patient.

«On a perdu des pare-chocs, on s'est déjà fait remorquer, et on a même déjà perdu une porte. Des fois la route est impraticable», soutient Bruno Gauthier, superviseur à la BTAQ de La Tuque.

«Il n'y a aucun contrat pour l'entretien, mais ce serait l'idéal s'il y en avait un», avoue pour sa part M. Frenette.

La Ville de La Tuque a déjà fait des démarches en ce sens, notamment en 2011 où une lettre avait été envoyée à la députée Julie Boulet indiquant qu'aucune enveloppe budgétaire n'était dédiée pour l'entretien des 70 km entre Wemotaci et Parent sur la route forestière 25. Le Ville demandait la collaboration du ministère des Transports.

La réponse négative reçue à ce moment est toutefois encore actuelle à ce jour.

«On n'a jamais eu de retour du gouvernement à savoir qu'il la prendrait, et ce, malgré nos nombreuses représentations. [...] Ce n'est pas dans leurs priorités parce que Parent est déjà désenclavé par deux routes auxquelles le ministère contribue», explique le directeur général de la Ville.

Il estime que l'idéal serait d'ouvrir les deux routes, mais reste tout de même réaliste. «Dans le contexte actuel de coupures budgétaires... on ne se fera pas de cachette par rapport à ça», lance-t-il.

La conseillère municipale du secteur de Parent en a ras le bol et invite même les ministres sur le terrain.

«Il faudrait que les ministres sortent et qu'ils viennent dans notre coin pour voir notre réalité. On paye des taxes nous aussi et on est rendu au minimum de services», déplore-t-elle.

Elle n'hésite pas non plus a décrier la réforme du Dr Gaétan Barette, qui, selon elle privera encore sa population.

«Ça va affecter La Tuque alors comment voulez-vous que ça n'affecte pas Parent. Ils ne savent peut-être même pas c'est où», a conclu Mme Lachapelle.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer