Une coalition pour la défense des titres ancestraux

Le chef innu Réal McKenzie, le chef anicinabek... (Photo: Courtoisie)

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Le chef innu Réal McKenzie, le chef anicinabek Bruno Kistabish, le chef de la communauté atikamekw d'Opitciwan Christian Awashish et le grand chef du Conseil de la nation atikamekw Constant Awashish ont annoncé la création d'une coalition politique, jeudi, à Montréal.

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Audrey Tremblay, La Presse Canadienne
Le Nouvelliste

(La Tuque) Les chefs des nations atikamekw, innue et de certaines communautés anicinabek ont annoncé, jeudi, la création d'une coalition politique visant à unir leurs forces pour la défense de leurs droits et titres ancestraux, notamment ceux visés par le territoire de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois, dont le 40e anniversaire de la signature de l'entente de principe aura lieu dans quelques jours.

Un an après la signature de cette entente de principe, le 15 novembre 1974, fut conclue une entente finale reconnaissant les droits exclusifs de chasse, de pêche et de piégeage des communautés cries et inuites sur un large territoire.

Or dans la loi de mise en oeuvre de la Convention, adoptée par le Parlement fédéral, une clause prévoit l'extinction des droits de tous les peuples autochtones sur le territoire visé, incluant ceux n'étant pas signataires de l'entente.

C'est la légalité de cette clause que les premières nations anicinabek, atikamekw et innue contestent, et depuis 40 ans, des familles issues de ces Nations poursuivent leurs activités traditionnelles sur ce territoire où leurs droits ne sont plus reconnus.

«Ce que l'on dit ce matin (jeudi) c'est qu'il y a une partie de ces territoires-là qui nous appartiennent et qu'on occupe. Eux (cries et inuites), ils acceptaient que leurs droits soient éteints, mais la Convention a également éteint les droits des autres nations qui ne sont pas signataires. [...] On a toujours revendiqué ce territoire-là. C'est des dizaines d'années de négociations qui n'ont jamais abouti et on est rendu à prendre des recours devant les tribunaux», a souligné le chef de la communauté atikamekw d'Opitciwan, Christian Awashish.

Pour ce dernier, l'extinction unilatérale de leurs droits était une grave erreur et les gouvernements doivent maintenant la corriger. «À partir de maintenant, on unit nos forces, nos stratégies, nos stratèges juridiques pour maximiser les chances d'évolution de chaque cause», a-t-il ajouté.

Pour la nation atikamekw, il s'agit d'une suite logique à leur déclaration de souveraineté prononcée récemment par l'ensemble des élus la Nation. «Nous n'avons jamais abandonné, cédé ni renoncé à nos droits et titres ancestraux sur nos territoires traditionnels et sommes plus déterminés que jamais à rétablir l'injustice qui nous a été commise», a lancé le grand chef du Conseil de la nation atikamekw, Constant Awashish.

Les membres de cette nouvelle coalition demandent également de pouvoir participer au développement de la partie de leur territoire traditionnel couverte par la Convention de la Baie-James et du Nord québécois, et aussi celle du Nord-Est québécois, y compris le développement des ressources naturelles et le développement économique.

En conférence de presse, les chefs des Nations de la coalition ont précisé que leur démarche ne s'attaque pas à la Convention de la Baie-James, ni à celle du Nord-Est québécois, mais plutôt à rendre inapplicables la clause d'extinction à l'égard des Nations non-signataires.

La coalition souhaite ainsi dans les prochaines semaines sensibiliser les populations cries, inuites et naskapies afin de leur expliquer que les actions qu'elle mènera ne viseront pas à remettre en question les conventions conclues avec elles.

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