Des étudiants européens s'inspirent du modèle Triade

Nadyre Beaulieu, la coordonnatrice de la foresterie de... (Photo: Gabriel Delisle)

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Nadyre Beaulieu, la coordonnatrice de la foresterie de Produits forestiers Résolu, explique aux étudiants européens en foresterie le modèle Triade.

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(La Tuque) «Nous n'avons pas d'aussi grandes coupes forestières chez nous en Allemagne», lance d'entrée de jeux Andrea Bähringer, une étudiante allemande en foresterie alors qu'elle découvrait un site de coupe forestière Triade de la Haute-Mauricie. Cette nouvelle philosophie de foresterie continue de rayonner à travers le monde.

«En Allemagne, nous devons avoir des permis spéciaux pour faire des coupes qui dépassent un hectare de forêt», ajoute Marcus Steckel, un de ses collègues universitaires.

L'ampleur du territoire forestier québécois marque l'imaginaire des étudiants européens. C'est avec stupéfaction qu'ils apprirent que la superficie de La Tuque correspond à celle de la Belgique. Initié par l'université Laval, ce voyage à La Tuque a permis à une vingtaine d'étudiants européens de découvrir la foresterie de la Mauricie.

Ces étudiants en foresterie des universités des sciences de la vie de Prague, de Brasov en Roumanie et de Göttingen en Allemagne ont parcouru ces dernières semaines les routes du Québec pour découvrir les pratiques de l'industrie forestière d'ici. Ils ont découvert les techniques de coupe forestière de Triade mise de l'avant par Christian Messier, professeur à l'Université du Québec à Montréal, en collaboration avec Produits forestiers Résolu.

Cette technique consiste à préserver les écosystèmes en place en ne récoltant pas tous les arbres. Les opérateurs forestiers coupent seulement des bandes de forêts. L'idée est de conserver l'écosystème en place et de favoriser ainsi la repousse des espèces indigènes au détriment des espèces d'arbres envahissants. «Nous avons moins de travaux sylvicoles à faire ce qui diminue aussi les coûts de production», précise le directeur forestier de La Tuque, Patrice Bergeron.

La philosophie Triade, qui sera le modèle demandé par le nouveau régime forestier du Québec, prend en compte les changements qui peuvent influencer la forêt comme les insectes, la maladie et les changements climatiques. «Avec Triade, on accepte que les conditions puissent changer. Et elles vont changer», souligne Christian Messier. «Une forêt plus diversifiée est plus résiliente et plus productive.»

Cet aspect de la philosophie Triade a particulièrement séduit un des chercheurs qui accompagnait les étudiants. «Ce qui est le plus intéressant de Triade, c'est sa capacité à s'adapter aux changements», estime le professeur à l'université de Prague et ingénieur forestier, Ivo Kupka.

Lenka Balouskova est une jeune étudiante tchèque en génie forestier. Bien qu'elle trouve la philosophie Triade «très intéressante», elle croit que ce modèle est difficilement applicable aux forêts du centre de l'Europe où les vastes territoires forestiers sont très rares. «C'est bien pour l'environnement du Canada, mais nous ne pouvons faire des coupes de cette ampleur en Europe», dit-elle. «Ce n'est pas approprié pour la République tchèque.»

Ivo Kupka soutient que tous les étudiants européens ont vécu un «choc culturel» en visitant le Québec tant les pratiques forestières sont différentes. «Nous sommes toutefois heureux de voir que la philosophie et les modèles de la foresterie allemande ont inspiré le développement de Triade», soutiennent les trois étudiants allemands.

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