En Mauricie et au Centre-du-Québec, seulement deux cas ont nécessité des avis de restriction d'usage, jusqu'à présent, soit le lac Blais, à Saint-Étienne-des-Grès et le lac Pierre-Paul à Saint-Tite.
Cela ne signifie toutefois pas que le bilan des fleurs d'eau sera meilleur cette année. L'an dernier, sept plans d'eau en Mauricie répartis dans cinq municipalités, avaient été touchés par des fleurs d'eau qui n'avaient toutefois pas fait l'objet de restrictions d'usage.
N'empêche que des fleurs d'eau ont été aperçues sur les plans d'eau de la région quand même cet été. Actuellement, par exemple, le lac Saint-Louis, à La Tuque, connaît un épisode de fleur d'eau, mais c'est parce que le Cyanophitec est en réparation.
Le Cyanophitec, c'est une technologie installée dans ce lac depuis 2009 utilisant des fréquences sonores très précises afin de détruire les cyanobactéries. L'appareil, inventé par des chercheurs de Drummondville, a fait un travail concluant depuis qu'on l'utilise, raconte Hélène Langlais, responsable des communications à la Ville de La Tuque.
Le prototype est actuellement en réparation parce qu'un peu d'eau s'est infiltrée à l'intérieur. Dès l'été prochain, toutefois, la Ville a bien l'intention de le réinstaller puisqu'il a fait la démonstration qu'il contrôle la quantité de cyanobactéries contenues dans l'eau sans nuire à la flore et à la faune du lac, explique Mme Langlais.
«On parle de contrôle et non d'élimination de cyanobactéries», précise-t-elle.
Cet appareil «ne coûte pas plus cher à faire fonctionner qu'une ampoule de 100 Watts», dit-elle.
Présentement, le lac présente un taux de phosphore, nourriture par excellence des algues bleu-vert, dix fois supérieur à la norme.
Plutôt stagnant, il a fait l'objet de travaux importants permettant de régénérer entièrement son eau en quelque huit jours grâce à l'injection de 2000 gallons d'eau à la minute.
Le lac, qui était eutrophe, sans oxygénation et malodorant, présente maintenant une eau translucide, raconte Mme Langlais et de nouvelles bactéries bénéfiques sont en train de le coloniser.
«Le lac est devenu comme un étang d'épuration à ciel ouvert», explique Mme Langlais. Toutefois, ce nouveau processus bactériologique, qui purifiera à la longue le lac Saint-Louis, libère à son tour du phosphore, dit-elle. «Donc, le taux de phosphore reste stable pour l'instant», explique-t-elle. «Quand le taux de phosphore va commencer à descendre, la biodigestion (des nouvelles bactéries) sera sur la bonne voie», dit-elle.
«Est-ce que ça va être dans5 ans? Dans 20 ans? Dans 50 ou dans 100 ans? On ne le sait pas. Mais ça a pris 100 ans pour polluer ce lac. Ce n'est pas en deux semaines qu'on va le dépolluer», fait-elle valoir.
Chose certaine, tant que le Cyanophitec sera disponible, la Ville de La Tuque a bien l'intention de l'utiliser pour empêcher la prolifération exagérée des algues bleu-vert, donc de fleurs d'eau, dans son lac, indique Mme Langlais.
Ailleurs, les organismes de bassins versants luttent de leur mieux contre les fleurs d'eau en collaboration avec les riverains des lacs. Dans le bassin versantSaint-Maurice, on continue à donner des arbustes aux riverains afin de remettre de la végétation sur les berges des lacs et contrôler ainsi les apports en phosphore, explique Xavier Julion.
Dans le bassin versant des rivières du Loup et Yamachiche, on continue à faire de la sensibilisation auprès des riverains. «Trois municipalités, Saint-Élie, Saint-Mathieu et Saint-Boniface, ont même réglementé les bandes riveraines, rappelle le directrice générale de l'OBVRLY, Nathalie Sarault. Une police verte a aussi été instituée pour s'assurer du respect de cette réglementation.