Des dizaines de résidences inondées à Sainte-Anne-de-la-Pérade

Hugo Thiffault-Girard a troqué la voiture pour le... (Olivier Croteau)

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Hugo Thiffault-Girard a troqué la voiture pour le kayak afin d'aller à la rencontre de ses voisins et s'assurer que tout allait bien, sur le chemin de l'Île-de-Sable.

Olivier Croteau

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(Sainte-Anne-de-la-Pérade) Des dizaines de résidences de Sainte-Anne-de-la-Pérade se sont retrouvées entourées d'eau, vendredi matin, alors que le fleuve Saint-Laurent a débordé non loin des rues Gamelin, de l'Île-du-Large et de l'Île-du-Sable. Un niveau encore jamais atteint depuis 1998, selon certains résidents de l'endroit.

«C'est une situation exceptionnelle que l'on vit ici, ça ne se voit pas souvent même si on est en zone inondable», constate Sébastien Doire, directeur de la Sécurité civile, qui s'est rendu sur les lieux en appui à la Municipalité afin de s'assurer que les citoyens soient tout de même en sécurité. Pour le moment, il n'est pas question de procéder à l'évacuation des résidents de ces secteurs.

Toutefois, l'inquiétude était palpable pour certains résidents, qui n'avaient jamais vu ce niveau depuis de nombreuses années. En 2004, l'eau avait inondé la route, mais il fallait remonter à la crue de 1998 pour atteindre un tel niveau, qui atteignait pour certains la hauteur de la taille, ou encore le milieu de la porte de garage. 

«En temps normal, le niveau du fleuve monte mais l'eau est absorbée par les champs autour. Mais cette année, les champs sont déjà gorgés d'eau alors ils ne peuvent plus en prendre», expliquait un résident de l'endroit. Ce dernier faisait d'ailleurs l'aller-retour entre sa maison et celle de son voisin au moment de la marée haute, vendredi matin vers 11 h, moment où l'eau a atteint le maximum de sa hauteur. «C'est inquiétant, mais en même temps on ne peut pas se battre contre la nature. Même si je voulais, qu'est-ce que je pourrais bien faire», se demandait-il.

En face de chez lui, Joanie Rousseau et son conjoint Hugo Thiffault-Girard avaient sorti le kayak afin de pouvoir circuler dans la rue et se rendre à la rencontre des voisins pour s'assurer que tout allait bien.

«Ça fait douze ans que j'habite ici et je n'ai jamais vu ça. C'est impressionnant», a lancé M. Thiffault-Girard, avant de reprendre la pagaie. Le couple, qui a une petite fille d'à peine un an, restait à l'affût même si l'eau n'avait pas encore atteint la maison. Leur terrain est situé un peu plus en hauteur.

La Municipalité a mis tout près de 1400 sacs de sable à la disposition des résidents qui en auraient besoin pour la maison ou le garage, et vendredi matin, pratiquement la totalité de ces sacs de sable avaient été récupérés par les citoyens touchés. Le coordonnateur des mesures d'urgence et directeur général de la Municipalité Jacques Taillefer sillonnait les secteurs inondés, mais le plan d'évacuation prévu en cas de sinistre ne devrait pas être déployé. 

«Nous avons une entente de partenariat avec un motel situé à quelques kilomètres au cas où nous devions procéder à des évacuations, mais rien n'indique que ce sera nécessaire. On reste à l'affût de la situation, surtout lors des marées», indique M. Taillefer. Ce dernier s'attendait d'ailleurs à ce que la situation atteigne son plus haut niveau samedi en avant-midi, alors que la marée de 11 heures devrait être la plus haute enregistrée cette semaine.

Encore de la pluie

La région n'est pas au bout de ses peines avec les accumulations d'eau, alors qu'une nouvelle dépression en provenance du Texas atteindra la Mauricie en soirée dimanche et se poursuivra toute la journée de lundi. Au total, Environnement Canada prévoit des précipitations de 30 à 40 mm de pluie sur la Mauricie. «Certaines régions du Québec, comme Mont-Tremblant, vont atteindre jusqu'à 70 mm de pluie», rapporte Bruno Marquis d'Environnement Canada.

À ce jour, le mois d'avril 2017 a enregistré deux fois plus de précipitations que la normale en Mauricie, ajoute M. Marquis. «On remarque des précipitations de 75 % à 100 % plus élevées qu'à l'habitude. C'est vraiment un mois exceptionnel en ce qui concerne les précipitations», constate-t-il.




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