Saint-Prosper: une conseillère poursuit le maire pour diffamation

La conseillère Andrée Perron.... (Sylvain Mayer)

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La conseillère Andrée Perron.

Sylvain Mayer

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Saint-Prosper) Une histoire de petites pousses distribuées dans le cadre du Mois de l'arbre vient de dégénérer en poursuite de 25 000 $ intentée par une conseillère municipale de Saint-Prosper contre le maire, Michel Grosleau, pour atteinte à sa réputation.

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Le maire Michel Grosleau.

Sylvain Mayer

L'histoire a débuté en avril 2015 alors que le maire Grosleau a fait la lecture, durant l'assemblée du conseil, d'une lettre de reproches adressés à la conseillère Andrée Perron.

«J'ai été estomaqué d'apprendre, après la rencontre de mardi, qu'à l'insu de la Municipalité et sans aucun mandat du conseil, vous avez commandé des plants d'arbres au nom de la Municipalité», avait alors lu le maire publiquement.

«Au surplus, vous n'avez pas déclaré cette commande au nom de la Municipalité lors de la rencontre de travail de mardi, le 31 mars», avait-il ajouté.

Le maire reproche aussi à Mme Perron d'avoir dévié à son adresse personnelle, sans consentement de la Municipalité, la correspondance intervenue au sujet des plants d'arbres avec l'Association forestière de la Vallée-du-Saint-Maurice.

«J'ai également appris que l'an dernier, vous avez conservé une quantité importante de plants», ajoute le maire Grosleau. «J'ai compris que même si plusieurs plants n'avaient pas été écoulés l'an dernier, vous avez considérablement augmenté le nombre, cette année», reproche-t-il.

Le maire, en a rajouté, dans l'édition de mai dernier du bulletin municipal Le Communal en indiquant que depuis l'élection de la conseillère, plus de 20 000 $ ont été dépensés en frais d'avocats relativement à des poursuites judiciaires en lien avec elle et son conjoint, le producteur agricole René Gravel.

Mme Perron est vraiment outrée de toute cette affaire et entend défendre bec et ongles sa réputation. «Je suis estomaquée que ça en arrive là pour des peccadilles», dit-elle.

Dans une lettre datée du 20 mai dernier, M. Gravel accuse le maire de faire de la «manipulation systématique de l'information».

Selon Mme Perron, le texte du maire fait office de représailles parce qu'elle s'est opposée, au conseil, à un projet de règlement d'emprunt de 563 000 $ sur 20 ans que veut faire adopter le conseil dans le but de créer un développement domiciliaire. Selon elle, ce sont habituellement des promoteurs et non les contribuables qui doivent dépenser de telles sommes pour développer de nouveaux quartiers résidentiels.

En 2014, dit-elle, c'est elle qui avait organisé l'activité de distribution des pousses dans le cadre du Mois de l'arbre.

«J'étais la seule qui était intéressée», dit-elle. «Le maire a dit devant tout le monde que j'avais gardé une grande quantité d'arbres. Ça veut dire voler des arbres», fulmine-t-elle.

La conseillère rappelle que les pousses d'arbres ne coûtent absolument rien à la Municipalité. Ils sont fournis gratuitement par l'Association forestière de la Vallée du Saint-Maurice.

«Avec cette activité-là, j'ai fait un marché aux puces en même temps avec des bénévoles et j'ai sorti 600 $ de profits qui ont tous été remis au Relais pour la vie (de la Société canadienne du cancer) pour l'équipe de Saint-Prosper. Il restait 11 arbres. J'en amène 9 à la maison, j'en jette 2 dans la poubelle. Je fais quelques téléphones pour savoir si des gens en veulent. Je suis très fleurs et très arbres, mais mon conjoint ne voulait rien savoir d'autres arbres sur la propriété. On possède déjà des arpents de lots à bois. Après discussion, on les a plantés sur la ferme. Avoir su, je les aurais tous jetés après», dit-elle.

D'habitude, le Mois de l'arbre était organisé par la Municipalité qui distribuait environ 50 arbres. Lorsqu'elle a reçu les documents pour l'activité de la saison suivante, Mme Perron assure qu'elle voulait en parler au conseil.

«Finalement, je me rends compte que le vendredi, c'est la tombée des commandes et on n'en a pas parlé au conseil. Le vendredi, la directrice n'est pas là, ajoute-t-elle. Vu que ça ne coûte rien à la Municipalité, je ne prends pas de chance, je mets la feuille de commande dans la machine et s'ils ne veulent pas que je sois responsable de cette activité-là, un autre le sera, on l'annulera, mais au moins, on sera dans la machine. Et on peut toujours annuler», dit-elle. «Je n'aurais jamais dû faire ça, selon le maire.»

«La conseillère a manqué à son code d'éthique», estime le maire Grosleau en ajoutant que «depuis 2014, elle et son mari nous ont pris en aversion, au niveau du conseil municipal», estime-t-il, ce qui a occasionné, jusqu'à présent, les quelque 20 000 $ de frais judiciaires. 

Mme Perron se dit outrée de ce commentaire puisque les litiges sont entre son conjoint et la Municipalité pour des questions de fossés et de clôtures.

«Je n'ai rien à voir là-dedans. Je ne suis pas dans la ferme d'aucune façon», dit-elle en précisant qu'elle se retire toujours lors des discussion à ce sujet. «Le maire me met ça sur le dos», déplore-t-elle.

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