Québec refuse de classer le presbytère de Champlain

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Louise Plante
Le Nouvelliste

(Champlain) Il aura fallu 15 ans pour que Champlain reçoive enfin une réponse du ministère de la Culture, malheureusement négative, à sa demande de classement historique de son presbytère, devenu depuis un centre d'exposition.

Le marguillier René Beaudoin a confié avoir récemment pris connaissance de la réponse de Québec, qui malheureusement contenait peu d'explications!

«C'est toute une histoire, un peu amusante d'ailleurs. Depuis 2000 qu'on attendait une réponse. Après 15 ans, c'est pas pire, ironise l'historien. On a d'ailleurs remercié le ministère de nous avoir enfin répondu.»

Plus sérieusement, l'historien poursuit en disant que personne ne s'explique la position du ministère de la Culture, car lorsqu'on avait fait la demande de classement de l'église et de son presbytère, en 1999, elle fut acceptée. L'avis transmis au ministre par le Conseil du patrimoine culturel du Québec (autrefois la Commission des biens culturels du Québec) était de classer les deux immeubles: l'église et son presbytère.

«C'était leur recommandation de classer les deux. Après l'avis d'intention, le décret de classement est normalement émis un an plus tard, le temps de laisser les gens se manifester. La Municipalité et le conseil de fabrique avaient approuvé la démarche. Tout le monde était content, se souvient M. Beaudoin. Mais lorsqu'on a reçu le décret en 2000, seule l'église était classée historique.»

La candidature de l'église avait été acceptée pour trois raisons: elle est représentative de la période dite de l'Église triomphante (1840-1940); elle est l'oeuvre majeure d'Édouard Meloche qui l'a entièrement décorée en trompe-l'oeil et enfin, elle conserve plusieurs pièces anciennes du patrimoine religieux de France et du Québec, remontant aussi loin qu'avant 1685.

À l'époque, on avait rapidement contacté l'architecte du ministère pour obtenir des éclaircissements et on aurait répondu un peu cavalièrement, «qu'il n'était pas question de classer tous les presbytères du Québec!»

«On a dit: ''mais il y avait pourtant un avis d'intention!'' On ne voulait pas que ça reste comme ça. L'architecte est venu sur place et a suggéré de créer une aire de protection pour un ensemble patrimonial qui inclurait l'église, le cimetière, le tour de l'église et le presbytère. Mais entre temps, l'architecte a pris sa retraite et fut remplacé.»

Sans se décourager, les porteurs du dossier revenaient ponctuellement à la charge auprès du ministère, et ce pendant 15 ans. La situation était si confuse que même le président de la Commission des biens culturels du Québec jusqu'en 2000, Marcel Masse, avait déjà chaudement félicité René Beaudoin pour le classement de l'église et de son presbytère.

«J'ai répondu: ''tut! tut! tut!, le presbytère n'est pas classé du tout''. Il s'est exclamé: ''Comment ça!?'' Il était choqué de ça et peu de temps après, la commission nous a appelés pour nous aviser qu'elle s'arrêterait à Champlain visiter l'église, ce qu'elle a fait. Encore là, ces gens prétendaient que le presbytère avait été classé! J'ai redit: ''non non non!'' Ils se sont consultés en disant: ''comment cela se fait-il? On n'a pas le droit de ne pas suivre l'avis d'intention, etc., etc.'' Mais il semble bien que oui. C'est la première fois qu'on reçoit un avis officiel du ministère et on nous dit que le presbytère ne sera finalement pas classé.»

René Beaudoin a-t-il l'intention d'en rester là! «Non! On va faire une autre demande. On veut d'ailleurs récupérer tous les papiers de ce dossier.»

Le Nouvelliste a tenté de connaître les raisons du rejet de la candidature du presbytère, mais n'a pu obtenir de réponse du ministère, mercredi.

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