«On est le Monaco de la course de chiens»

Ce n'est pas la vitesse qui a déterminé... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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Ce n'est pas la vitesse qui a déterminé le gagnant amical du skijoring, discipline en démonstration lors du Défi Mauricie, mais la relation développée entre le skieur et son chien.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Saint-Luc-de-Vincennes) La Municipalité de Saint-Luc-de-Vincennes a été aux abois toute la fin de semaine, température hivernale et compétitions obligent. Pour l'écrire avec à-propos, le froid glacial n'a pas ralenti l'ardeur des mushers et de leur attelage de chiens qui ont bravé dame nature dans le cadre de la 9e édition du Défi Mauricie.

Une soixantaine d'équipes en provenance du Québec, du Canada, des États-Unis et même de France trépignaient d'impatience sur la ligne de départ des deux circuits proposés. Car il faut l'avouer sans flagornerie, le Défi Mauricie se compte parmi les plus importantes courses de chiens au Québec, avec des bourses totalisant 12 000 $.

Le musher Laurent Dousselin, originaire des Hautes-Alpes françaises et gagnant de la course de samedi, n'aurait pas raté pour tout l'or du monde ce rendez-vous des amoureux de la gente canine.

«On est venu au Québec pour faire de la course de traîneau. Depuis 2007, on fait la tournée de plusieurs courses à travers le Québec, mais à toutes les années on ne manque pas Saint-Luc-de-Vincennes. Le circuit est vraiment super, la piste est toujours bien préparée, les organisateurs font très attention pour qu'elle soit en superbe condition. En plus, on est super bien accueilli ici», signale M. Dousselin tout en nourrissant les 13 chiens qui l'ont tiré jusqu'à la victoire. «Treize, ce n'est pas un très bon chiffre, mais ça nous a porté chance», laisse-t-il tomber en riant.

Le métier de musher n'est certes pas de tout repos. S'il n'en tenait qu'à la course, on pourrait parler de loisir, mais il faut non seulement se déplacer sur la route avec sa meute, il faut également lui prodiguer les petits soins tout au long du voyage.

Chaque bête à ses caprices, quémande des attentions particulières, un régime adéquat. M. Dousselin et son équipe ne lésinent donc pas sur le dorlotement de leurs protégés. «Il faut être passionné, car ça demande beaucoup de travail», admet-il. Par exemple, puisque l'un de ses chiens refuse de s'alimenter à l'extérieur, il doit vider sa case de paille, y faire grimper la bête à bout de bras, la nourrir, la nettoyer et remettre de la paille fraîche... à chaque repas.

Deux catégories de course étaient offertes en spectacle aux amateurs, toutes sanctionnées par le Club d'attelage de chiens du Québec et par l'International Federation of Sleddogs Sports. D'emblée, quarante équipes de six chiens chacune ont emprunté un parcours s'étirant sur 9,6 km, alors qu'une vingtaine de mushers traînés par un attelage de 12 à 18 chiens se sont commis sur la piste longue de 24 km sillonnant les champs vers Saint-Narcisse. Cathy Dagenais et Réjean Therrien ont respectivement remporté les deux courses.

«Saint-Luc-de-Vincennes, c'est en avant de tout le monde, c'est le pays de l'avenir», souligne le maire de la Municipalité, président du Défi Mauricie et musher lui-même, Jean-Claude Milot. «On est le Monaco de la course de chiens. Dans le circuit, on est pas mal la course numéro 1 au Québec. Cette année, avec 12 000 $, on offre les plus grosses bourses du circuit du Club d'attelage de chiens du Québec. Pour nous, le Défi Mauricie est très important, car au-delà de la course, ça fait connaître Saint-Luc.» Arrivé 15e sur 40, M. Milot et ses «jeunes chiens» ont tout de même franchi la dernière borne satisfaits de leur performance.

Nouveauté: le skijoring

Première cette année, les spectateurs ont eu le loisir de découvrir le skijoring, ou ski attelé, une discipline sportive d'origine suédoise qui combine le ski de fond et la traction animale. Au Défi Mauricie, le chien étant à l'honneur, c'est remorqués par le meilleur ami de l'homme que les skieurs s'en sont donnés à coeur joie.

Le skijoring a été importé à Saint-Luc-de-Vincennes par la famille Morin, originaire de Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier. Même si certains athlètes amateurs et leur chien tiraient à hue et à dia, ce n'est pas ici le train d'enfer qui retenait l'attention des juges postés aux abords du parcours de 6,4 km, mais la relation développée entre le skieur et son animal. «Ce n'est pas le chronomètre qui va faire monter les gens sur le podium. Il y a des gens très compétitifs qui peuvent crier après leur chien. Ceux-là ne gagnent pas de point. Les bons comportements se méritent des étoiles, et c'est celui qui a accumulé le plus d'étoiles qui l'emporte», précise Nathalie Morin en applaudissant sa fille, Flavie, sur le coup d'un nouveau départ. Du même souffle, Mme Morin espère que, vu son indéniable popularité, l'activité sera de retour l'an prochain.

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