Les maires de la MRC des Chenaux agacés par le ministère de l'Environnement

Gérard Bruneau... (Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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Gérard Bruneau

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Louise Plante
Le Nouvelliste

(Saint-Luc-de-Vincennes) Les maires de la MRC des Chenaux en ont plein leur casque des exigences tatillonnes du ministère de l'Environnement pour le moindre projet et leur dernière réunion a été une occasion de défoulement collectif à ce sujet.

Il faut dire que la réunion mensuelle des maires était précédée d'une séance de consultation sur des modification demandées au schéma d'aménagement au cours de laquelle le responsable de l'aménagement, Yvan Magny, leur a fait part des premiers commentaires de fonctionnaires du ministère, peu encourageants, sur leur projet respectif, tout en insistant sur le fait qu'aucune décision n'était encore prise.

Trois projets étaient sur la table donc, et touchaient Batiscan, qui souhaite construire un pavillon d'accueil permanent sur le site patrimonial du Vieux Presbytère de Batiscan, en zone inondable; Sainte-Anne-de-la-Pérade, qui a besoin d'une virée de véhicule à l'extrémité est du chemin de la l'Île-du-Large, également en zone inondable, et Saint-Stanislas, qui compte agrandir l'actuelle installation en béton pour planche à roulettes sur un terrain de loisirs appartenant à la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, situé dans ce qu'on appelle une zone de grand courant... en zone inondable. Dans les trois cas, c'est la proximité de l'eau qui cause problème. On le devine, aucun de ces projets ne pourra vraisemblablement être réalisé tel que présenté.

Le préfet Gérard Bruneau a déclaré pour sa part que le ministère de l'Environnement prend trop d'importance au Québec et qu'il a trop de pouvoirs. Il s'est dit d'avis d'envoyer une résolution à la Fédération québécoise des municipalités pour qu'elle intervienne à nouveau auprès de Québec et il a même l'intention de demander une lettre d'appui en ce sens à toutes les MRC du Québec. «Le ministère de l'Environnement, c'est devenu un empêcheur de tourner en rond», a-t-il lancé, agacé.

La mairesse de Sainte-Anne-de-la-Pérade, Diane Aubut, en rajoute en déclarant que ce ministère ne prend toujours en compte qu'un seul aspect des projets, en négligeant tous les autres, dont la sécurité des gens, comme c'est le cas dans son propre dossier, car l'espace qu'elle réclame permettra aux gros véhicules des services publics de pouvoir tourner pour revenir dans le chemin qui se termine en cul-de-sac, qu'il s'agisse des pompiers, de la collecte des ordures ou des déneigeurs. Dans ce cas, le ministère réclame une étude de caractérisation des sols, comme il le fait toujours en zone humide.

Quant au projet de Batiscan, il pourrait générer des revenus importants pour la fondation du Vieux presbytère s'il était réalisé, des revenus dont l'organisme a bien besoin. Mais il a aussi été refusé dans sa forme actuelle puisque le pavillon se situerait dans la zone d'inondation 20-100 ans... et qu'il faut s'assurer que l'eau circulerait librement.

«20-100 ans, c'est exactement le classement que j'ai pour ma propre maison. On ne peut pas dire que le risque soit bien élevé», ironise la mairesse, elle aussi exaspérée par les demandes additionnelles du ministère.

De l'avis des maires, les positions du ministère de l'Environnement sont parfois discutables, contradictoires et même ridicules, et surtout elles ne tiennent pas compte de la capacité de payer des petites localités.

D'autres maires se sont plaints que le ministère refuse souvent catégoriquement des projets sans faire des suggestions de rechange. «Tout le monde se plaint du ministère de l'Environnement», a tranché le préfet Bruneau qui tenait à son idée de résolution.

«Il faut faire attention de ne pas passer pour des gens qui sont peu soucieux de l'environnement», a toutefois déclaré le maire de Saint-Narcisse, Guy Veillette, tout en se disant d'accord avec le projet de résolution. Cette dernière sera préparée par le directeur général, Pierre St-Onge, et présentée aux maires pour adoption en février prochain. Le maire de Saint-Prosper, Michel Grosleau qui siège à la FQM, se fait fort de la défendre.

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