Église Sainte-Anne-de-la-Pérade: des infiltrations d'eau causent de coûteuses surprises

L'église de Sainte-Anne-de-la-Pérade a à nouveau besoin de... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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L'église de Sainte-Anne-de-la-Pérade a à nouveau besoin de réparations importantes, particulièrement à son clocher de droite.

Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Louise Plante
Le Nouvelliste

(Sainte-Anne-de-la-Pérade) Il n'y a pas qu'à la basilique Notre-Dame-du-Cap que l'eau cause des maux de tête aux gestionnaires. Les responsables de la fabrique de l'église de Sainte-Anne-de-la-Pérade viennent de découvrir des infiltrations d'eau si anciennes dans le clocher de droite que le bois a pris la consistance de la vase! Un problème qui n'avait pas été détecté lors de la confection du carnet santé de cette église.

La présidente de la fabrique, Marie-Claude Rivard, ne cache pas que la situation est sérieuse et qu'elle nécessite une intervention au moins temporaire afin d'assurer la sécurité des lieux.

«En effet, quelqu'un s'est aperçu que des tuiles du clocher de l'église s'étaient détachées. On a fait demander les assurances pour vérifier ce qui en était et s'ils pouvaient payer, ce qui n'est pas le cas. Comme il s'agit de dégâts majeurs, à 125 pieds de haut, ils ont demandé à la fabrique d'ériger un périmètre pour protéger les gens parce que lorsqu'il vente ou qu'il pleut, on ramasse des morceaux de ce bois-là qui se détachent.

Il a aussi encore une bulle au plafond, prête à éclater. Un marguillier est monté avec un architecte et il semble que l'infiltration date de si longtemps que le bois est pourri au point d'avoir la consistance de la vase.»

Mme Rivard confirme que la personne engagée pour faire une évaluation de la situation n'a pas encore été en mesure de la faire. Il faudra en effet une grue pour monter là-haut et y travailler de façon sécuritaire. Par ailleurs, plusieurs jours seront sans doute nécessaires pour faire le tour de la question.

«C'est certain que ce sera des coûts assez importants. On s'attend à environ 50 000 $. Peut-être qu'on ne fera que protéger pour réparer plus tard. On ne le sait pas encore. Si on protège seulement, cela prendra peut-être 20 000 $ ou 25 000 $. Heureusement, le plancher sous les cloches est solide. Il n'y a pas de danger pour les paroissiens. On ne peut les faire sonner par contre.»

Par ailleurs, d'autres endroits de l'église inquiètent la présidente de la fabrique.

Toujours du côté droit de l'église, on a observé une formation de glace inhabituelle près d'une corniche, ce qui a inondé l'église lors de la fonte.

«Ça aussi c'est à vérifier mais nous ne sommes pas rendus là. Mais c'est moins dommageable pour la sécurité des gens que le clocher. Quand même, s'il y a de l'eau, ça veut dire encore de l'infiltration dans les murs!»

Ce n'est pas la première qu'on est confronté à des travaux majeurs à l'église de Sainte-Anne-de-la-Pérade.

Or, la situation financière de la fabrique est préoccupante et l'immeuble, bien qu'imposant et ancien, ne fait pas partie du Patrimoine religieux du Québec, ce qui lui ferme l'accès à une aide financière.

Enfin, à Sainte-Anne comme dans toutes les autres paroisses du diocèse, les paroissiens se font rares et paient de moins en moins leur dîme.

Ajoutez à tout cela un évêque qui ne voit plus d'un bon oeil les investissements massifs dans les vieilles pierres, et vous vous retrouvez face à une situation extrêmement précaire.

Lorsqu'on demande à Mme Rivard comment elle compte gérer cette situation, elle éclate de rire en demandant «mais y a-t-il quelque chose à gérer?»

Plus sérieusement, elle ajoute qu'elle attend des réponses de différents contracteurs. Elle en a contacté de nouveaux il y a quelques jours. Quant à savoir si la fabrique pourra vraiment assumer le coût des travaux, même temporaires, elle précise «je pense qu'il faudra casser le cochon.»

«On regarde ce qu'on a et ce n'est pas le Pérou», admet-elle, en espérant que les différents reportages réalisés sur la situation de l'église réveilleront les paroissiens ou qui sait, un mécène.

«On est d'accord avec Mgr Bouchard quand il dit qu'il veut mieux investir dans les pierres vivantes. Mais ça ne se fait pas du jour au lendemain tout ça, plaide-t-elle. Il faut y aller par étapes. On veut la conserver notre église, comme les autres paroisses d'ailleurs. On n'a pas de décision de prise. On y va au fur et à mesure, mais c'est certain que d'ici cinq ans, il faudra prendre des mesures plus drastiques que celles-là. On espère arriver à avoir un classement de notre église qui date de 1855», a-t-elle conclu, tout en espérant qu'il n'y ait pas d'autres surprises du genre un plancher qui s'enfonce, une grande toile qui se détache du plafond... ou un clocher qui s'effrite.

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