Forfait tout inclus vers la pauvreté

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Louise Plante
Le Nouvelliste

(Saint-Narcisse) Le Mouvement d'action solidaire des sans-emploi de la MRC des Chenaux organisait récemment une activité de sensibilisation dans le cadre de la Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté qui se déroule vendredi dans le monde.

Une cinquantaine de personnes bénéficiaires de l'aide sociale, de l'assurance-emploi, ainsi que des intervenants sociaux et politiciens se sont réunis à Saint-Narcisse à cette occasion afin d'émettre leur opinion sur les mesures d'austérité envisagées par le gouvernement libéral.

La dernière annonce concernant une économie de 2 millions $ qu'on souhaite réaliser en identifiant des prestataires qui s'offriraient des voyages dans le Sud, en a laissé plus d'un amers. «Les seuls voyages que je me permets dans l'année, c'est pour aller à la banque alimentaire», a confié un participant.

À vrai dire, on rit plutôt jaune chez les bénéficiaires de l'aide sociale, que ce soit des coupes envisagées ou des préjugés persistants à leur propos, surtout lorsqu'ils sont alimentés par l'attitude même du gouvernement.

Selon Geneviève Paré, directrice au Fonds Communautaire des Chenaux, couper pour épargner ne serait pas vraiment la solution. Elle juge qu'il s'agit d'une vision politique à très court terme et qu'en diminuant les revenus des personnes les plus vulnérables de la société, on risque plutôt d'augmenter considérablement à moyen terme les coûts reliés à la santé et même le taux de criminalité.

Elle estime au contraire que pour que les personnes puissent rebondir après un moment difficile, il faut minimalement que les besoins de base soient comblés: bien manger, se vêtir, se loger et la possibilité de se déplacer pour trouver un emploi. Il faut aussi, poursuit-elle, avoir un peu d'argent pour se sortir de son isolement et surtout combattre les préjugés, qui affectent grandement les personnes vulnérables.

Pierre Blanchet, du Mouvement d'Action Solidaire des Sans-Emploi, a pour sa part confié que dans un contexte où le gouvernement souhaite faire des économies, les groupes communautaires souhaitent qu'il comprenne vraiment que de mettre en place des mesures qui élimineraient la pauvreté permettrait aux personnes qui la vivent de retrouver leur dignité, d'être plus instruits et en santé, et au gouvernement de faire de grandes économies.

M. Blanchet dit appuyer en ce sens Alain Dumas, économiste de la région ainsi que le Conseil de Santé et de bien-être social du Canada qui confirment cette position. Selon ces derniers, le coût annuel des conséquences de la pauvreté est de 25 milliards $ tandis que le coût annuel d'investissement pour éliminer la pauvreté serait deux fois moindre.

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