Confrontation entre un commerçant et le conseil de Sainte-Anne-de-la-Pérade

Daniel Hardy devant son commerce le Gîte et...

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Daniel Hardy devant son commerce le Gîte et café de La Tour à Sainte-Anne-de-La Pérade.

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Louise Plante
Le Nouvelliste

(Sainte-Anne-de-la-Pérade) Daniel Hardy, propriétaire du Gîte et café de La Tour à Sainte-Anne-de-la-Pérade, s'estime lésé par le conseil municipal, qui l'empêche de se promener dans le village avec son véhicule récréatif lettré au nom de son commerce et de le laisser garé dans différents emplacements publics.

M. Hardy a en effet reçu récemment un avis de l'inspecteur en bâtiment et en environnement de la Municipalité l'informant que ce type d'enseigne allait à l'encontre de la réglementation d'urbanisme en vigueur.

On ajoute que M. Hardy a déjà été avisé de la situation mais que face à son refus d'agir, on l'informe qu'il contrevient à l'article 13.1 du règlement de zonage, concernant l'interdiction des enseignes sur le territoire. On le prie donc de remédier à la situation en enlevant immédiatement l'affiche de son véhicule et de garer ce dernier dans la cour de sa propriété.

M. Hardy avait 15 jours pour se conformer faute de quoi la Municipalité prendrait d'autres recours pour faire appliquer sa réglementation en matière d'urbanisme, dont un constat d'infraction de 500 $.

Or, M. Hardy ne l'entend pas ainsi. En affaires depuis une quinzaine de mois à Sainte-Anne-de-la-Pérade (il y effectue un retour après 27 ans d'absence), ce dernier se plaint de la façon dont la Municipalité reçoit les commerçants.

«Je ne me sens pas le bienvenu», a-t-il confié au Nouvelliste. C'est que le propriétaire du gîte-café, est aux prises avec un problème de visibilité de son commerce. Il raconte que plusieurs de ses clients lui ont dit qu'il gagnerait à mieux s'afficher sur la route 138 même s'il ne se trouve qu'à trois maisons du Chemin du Roy. M. Hardy reconnaît que même sous l'administration du maire Yvon Lafond, on ne lui avait pas permis de s'afficher, compte tenu d'une nouvelle réglementation.

Le commerçant avait alors eu l'idée d'installer une petite enseigne dans le parc, à l'arrière du panneau racontant l'historique de quelques maisons de Sainte-Anne-de-la-Pérade; un geste toléré par la Municipalité, jusqu'à ce que des plaintes arrivent aux oreilles du conseil. L'affiche a donc été retirée. M. Hardy avait alors tenté de sensibiliser la Société de développement économique à son problème, mais le dossier est resté sans suite.

Devant la situation, Daniel Hardy a posé sa candidature aux dernières élections municipales mais a été battu. L'été dernier, est apparu pour la première fois le véhicule récréatif lettré, dans le parc de la fabrique à l'occasion de la Saint-Jean-Baptiste. Très rapidement il a reçu des plaintes chez lui.

«Mais j'ai eu aussi beaucoup de commentaires positifs de la part des citoyens et des touristes. Mon véhicule est vintage (1976), les gens aiment ça et trouvent l'idée très bonne. Mais l'inspecteur municipal dit qu'il dérange et que j'aurais dû demander une permission avant de mettre des autocollants. Je lui ai répondu que c'était une première au Québec de demander la permission à la Municipalité pour lettrer un véhicule commercial. J'utilise ce véhicule pour transporter les cafetières de 100 tasses de café déjà chauffé, j'ai un frigo pour la crème et le lait.»

M. Hardy ajoute que le directeur général de la ville a refusé de le rencontrer pour en discuter. «J'ai beaucoup de difficulté avec l'injustice. Je veux qu'on soit équitable. Comment peut-on attirer les touristes si on s'attaque aux commerçants? Mon gîte rehausse le standing commercial de la rue Sainte-Anne. Plusieurs bâtisses sont vides ou à vendre ici. Avant nous étions 3000 habitants, et là il n'en reste que 2000. Moi, j'ai eu une augmentation de taxes de 22 % cette année. Qu'est-ce que ce sera l'an prochain?»

Pour sa part, la mairesse Diane Aubut répond qu'au contraire, le règlement est le même pour tout le monde et qu'avant de prendre des initiatives, il faut mieux s'informer. Elle rappelle que le nouveau règlement sur l'affichage a été adopté pour contrer des abus de toutes sortes, dont beaucoup d'affichage sauvage sur les poteaux de différents services publics.

«Mais dans le cas de M. Hardy, ça va au-delà de ça. Il se sert de son véhicule comme d'un panneau ambulant. Il n'a pas la permission de faire ça. Son véhicule est lettré partout et pendant la période estivale, il l'a garé dans la cour de l'église et dans le parc près du pont. Cela a dérangé beaucoup de monde dans la municipalité. Il y a des règles qui empêchent ça. Ce n'est pas comme un camion commercial d'une quincaillerie, lettré au nom du commerce, dont on se sert pour de la livraison.»

La mairesse estime par ailleurs, qu'on ne peut faire de lien entre les camions cantines (food truck) qui sont apparus à Montréal et le véhicule récréatif de M. Hardy, même s'il s'en sert pour vendre du café.

Lorsqu'on demande à Mme Aubut si cette histoire ne concerne pas plutôt une question d'affichage touristique adéquat, elle reconnaît que c'est le cas, mais qu'elle ignore si M. Hardy s'est adressé au ministère du Tourisme pour faire annoncer son commerce. Elle admet qu'il peut aussi se faire un affichage de groupe dans la municipalité mais dans le cadre de certaines règles... et qu'il faut qu'une demande soit faite.

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