30 ans de complicité municipale

Le maire de Trois-Rives, Lucien Mongrain et la... (Photo: Émilie O'Connor)

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Le maire de Trois-Rives, Lucien Mongrain et la directrice générale, Nicole Léveillé, président aux destinées de leur municipalité depuis 30 ans. Une complicité qui se poursuit.

Photo: Émilie O'Connor

Louise Plante
Le Nouvelliste

(Trois-Rives) La Municipalité de Trois-Rives, dans la MRC de Mékinac, vient de célébrer un anniversaire peu banal et, vérifications faites auprès des regroupements municipaux du Québec, sans doute unique dans les annales municipales.

Lors de l'adoption du dernier budget municipal, des citoyens de cette localité ont en effet tenu à souligner non seulement le 30e anniversaire de l'arrivée de Lucien Mongrain à la mairie, mais également les 30 ans de services de Nicole Léveillé à la direction générale. Une attention qui a beaucoup touché ce tandem qui préside aux destinées de Trois-Rives pratiquement depuis sa fondation.

Le maire Mongrain assure qu'il n'avait rien vu venir même s'il avait été intrigué que son épouse insiste (en vain d'ailleurs) pour qu'il porte un complet veston ce soir-là. «En plus, elle avait assisté à la séance du conseil alors qu'en décembre sa santé n'était pas très bonne. Ça m'avait un peu étonné.» Quelle ne fut pas sa surprise de constater qu'une fête avait été préparée en son honneur et celui de Mme Léveillé après la séance du conseil.

Encore aujourd'hui, c'est avec beaucoup d'émotion qu'il évoque cette chaleureuse soirée qui a réuni le personnel municipal, plusieurs personnalités impliquées dans la vie communautaire de Trois-Rives ainsi que des citoyens.

Il faut bien l'admettre, rien n'est banal dans cette localité tricéphale. Littéralement née des territoires non organisés (TNO) en 1978, son existence date en fait du milieu du XVIIIe siècle avec la création de ses hameaux, dont deux sont situés en bordure de la rivière Saint-Maurice: soit Grande-Anse et Rivière-Mattawin tandis que Saint-Joseph-de-Mékinac est située pour sa part le long de la rivière Mékinac. Cette dernière localité est d'ailleurs devenue le chef-lieu de Trois-Rives.

Après le court passage à la mairie d'Elphège Desrosiers (1979-81 alors que la municipalité s'appelle Boucher) Lucien Mongrain entre en scène pour ne plus en ressortir depuis et n'envisage toujours pas de retraite... sinon peut-être au poste de préfet de la MRC de Mékinac, responsabilité qu'il assume depuis quelques années.

Même scénario du côté de Mme Léveillé qui est arrivée en 1982 d'abord comme secrétaire-trésorière, alors qu'elle venait de quitter Joliette pour suivre son mari en Mauricie. Tant que l'harmonie régnera au conseil, elle restera en poste, assure-t-elle.

Au fil des ans, une efficace complicité est née entre ces deux personnes qui se vouent visiblement un grand respect. Pourtant, au premier abord, tout les distingue: voix douce, discrétion et retenue pour Mme Léveillé, taquinerie et panache (et un petit côté grincheux dit-on) pour M. Mongrain.

Tous les deux ont traversé des moments qu'on peut qualifier de difficiles mais aussi de passionnants. La mise en place de la Municipalité comme telle fut en effet entrecoupée de moments dramatiques comme d'importantes inondations, des routes et des ponts emportés, une lutte farouche contre l'arrivée de mégaporcheries mais aussi de moments positifs, dont la construction de nouvelles infrastructures comme le pont sur la rivière Saint-Maurice à hauteur de la rivière Mattawin, l'amélioration constante de la route 155 (non sans quelques expropriations) et actuellement en cours, le nouveau barrage sur le lac Mékinac, site du futur développement récréotouristique de Trois-Rives.

Lucien Mongrain aime bien raconter que la décision prise, non sans mal, d'entretenir été comme hiver les chemins menant aux chalets même sur les terres publiques, a été la bougie d'allumage du développement de Trois-Rives... dont la population quadruple à la belle saison. «La valeur foncière est passée de 3,6 millions $ en 1978 à 119 millions $ en 2012 et le budget de 57 236 $ à 1 487 971 $, illustre-t-il. Il y a des gens qui achètent des chalets 200 000 $ qui les démolissent pour en rebâtir un autre d'une valeur de 400 000 $. Je me sens bien pauvre quand je passe devant», blague-t-il.

Celui-ci avoue que les débuts de la vie municipale se sont faits en marchant sur des oeufs. «Les gens ici vivaient libres comme le vent, se souvient-il. Alors, quand on a commencé à parler d'éclairage des rues, de ramassage des ordures et de réglementation, il ne fallait pas aller trop vite.»

Toujours pour ménager les susceptibilités, le conseil décida d'abord de siéger une fois à un endroit et la suivante à un autre, mais très vite, il abandonna cette formule pour faire de Saint-Joseph-de-Mékinac, le vrai coeur municipal de cette municipalité forestière de 675 kilomètres carrés.

D'abord situés dans l'école du village, administrée par les Filles de Jésus, les locaux municipaux ainsi que la salle du conseil, sont actuellement installés dans une maison, mais Trois-Rives pourra bientôt compter sur un immeuble municipal où le maire aura enfin un premier bureau digne de ce nom... en trente ans. Il en sera de même pour la directrice générale.

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