Le comité a pris cette décision bien que l'Agence de santé et des services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec vient de décider que l'Association des personnes aidantes naturelles de Mékinac desservira également le territoire des Chenaux en cette matière puisqu'il se retrouve dans le réseau local de services de la Vallée-de-la-Batiscan.
C'est ce qu'a fait savoir Diane Aubut, présidente du Comité de développement social des Chenaux, qui ajoute que le CDSC est plus que jamais déterminé à aller de l'avant avec son projet.
Celle-ci rappelle que son regroupement a initié en 2009 une démarche visant à proposer des réponses adéquates aux besoins en matière de maintien à domicile au sein du territoire des Chenaux. À cet effet, un comité de travail composé d'organismes membres du CDSC a été mis sur pied avec mandat d'identifier des pistes de travail concrètes susceptibles de favoriser le maintien à domicile.
Ce comité regroupe des représentants de l'AQDR des Chenaux, de l'Association locale des personnes handicapées (ALPHa des Chenaux) du CSSS de la Vallée-de-la-Batiscan et du Soutien à domicile des Chenaux auxquels s'ajoute la responsable de la Politique familiale de la MRC des Chenaux.
Elle note par ailleurs que dès le début de ses travaux, le comité de travail «Maintien à domicile» a identifié l'aide aux personnes aidantes comme un dossier prioritaire. Suivant ce constat, le comité de travail a confié à l'AQDR des Chenaux le mandat de conduire une enquête auprès des personnes aidantes pour connaître leurs attentes et besoins en terme de soutien et d'accompagnement. Cette enquête est toujours en cours et ses conclusions devraient être connues en février 2012.
Tenant compte de tout cela, le comité a demandé à l'agence de surseoir à sa décision d'inclure le territoire de la MRC de Chenaux à l'aire d'action et d'intervention de l'Association des personnes aidantes naturelles de Mékinac. Elle a reçu en cela l'appui de la MRC des Chenaux mais pas celui du CSSS Vallée-de-la-Batiscan.
Mme Aubut confirme par ailleurs ne pas avoir encore reçu de réponse de l'agence de santé elle-même. «On continue notre travail pour mettre en place un organisme qui viendra en aide aux aidants naturels, a-t-elle confirmé, en espérant qu'une fois en place, il s'imposera de lui-même.»
Mme Aubut compte aussi profiter des sommes disponibles à la Conférence régionale des élus de la Mauricie pour les aidants naturels, en lien avec la Fondation Chagnon. «Eux, n'ont pas la même exigence que l'Agence de santé et avec eux on aurait des chances. On est aussi en train de monter des projets avec le Fonds québécois d'initiative sociale pour soutenir les aidants naturels», confie-t-elle.
Celle-ci ajoute par ailleurs que d'autres comités ont pour mission de couvrir les deux MRC et que l'expérience a démontré que c'était difficile, ne serait-ce qu'au niveau du transport. «On pense faire une lecture plus juste des besoins de notre MRC et des ressources nécessaires à mettre en place», insiste-t-elle.
Du côté de l'Agence de santé, Annie Desilets, responsable de ce dossier, fait remarquer que les sommes disponibles pour le soutien aux aidants naturels ne sont pas distribuées par territoire de MRC mais par Réseaux locaux de services et que quelques-uns regroupent deux MRC comme c'est le cas pour Mékinac et des Chenaux.
Elle ajoute qu'il n'existe que trois organismes d'aidants naturels reconnus, celui de Trois-Rivières, ainsi que l'Association d'aidants naturels Mains tendres, dans Maskinongé et l'Association des personnes aidantes naturelles de Mékinac. Cette dernière association s'est montrée intéressée à desservir tout le réseau local de service de la Vallée-de-la-Batiscan.
L'agence reste donc sur sa position, car il y a également un risque de perdre des sommes d'argent disponibles (50 000 $ annualisés à 100 000 $) si on repousse davantage la décision.