La crypte de l'église accessible

Pour la première fois, la crypte de l'église... (Photo: Olivier Croteau)

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Pour la première fois, la crypte de l'église de Sainte-Anne-de-la-Pérade sera accessible aux visiteurs cet été.

Photo: Olivier Croteau

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Le Nouvelliste

(Saint-Anne-de-la-Pérade) Ce n'est pas tous les jours qu'on peut descendre parmi les morts. C'est pourtant ce que proposera cet été la fabrique de Sainte-Anne-de-la-Pérade en ouvrant pour la première fois à des visiteurs, la crypte de l'église (1869) où reposent 182 dépouilles de Péradiens, dont certains ont été célèbres.

Il s'agirait d'une des plus importantes cryptes du genre au Québec. Rappelons qu'une crypte est un des éléments constitutifs des églises chrétiennes servant généralement de sépulture à des corps enterrés ou non, contrairement aux catacombes qui, elles, sont souvent aménagées dans des anciennes carrières abandonnées (comme les catacombes de Paris, où on a transféré les dépouilles provenant d'anciens cimetières qu'on a vidés de leur contenu).

Cela faisait déjà quelques années qu'Alain Bourbonnais, directeur des sites historiques du Chemin du Roy, caressait le rêve d'ajouter cette «exposition permanente» à la visite de l'église de Sainte-Anne-de-la-Pérade.

«Or, avec le thème de Médiat-Muse, La mort, des expositions à vivre, je me suis dit que c'était le moment ou jamais.»

Même si le montage financier de la nouvelle exposition (on a besoin de 30 000 $) n'est pas encore terminé et bien que le site ne sera complètement aménagé que l'été prochain, on pourra quand même ouvrir la crypte aux visiteurs dès cet été.

M. Bourbonnais est d'autant plus confiant de pouvoir aménager le site comme il l'espère que ce projet fait l'unanimité autant du côté de la fabrique, de la Société d'histoire de Saint-Anne-de-la-Pérade, de la Société du site Madeleine-de-Verchères que du côté de l'évêché de Trois-Rivières.

L'endroit est impressionnant, sombre, frais, un peu humide et on compte bien préserver l'atmosphère glauque qui y règne.

Lorsqu'on y pénètre, on se retrouve face à un long corridor de chaque côté duquel sont disposées les dépouilles (les tombes sont emmurées et toutes identifiées). Le plafond est bas, soutenu par de longues poutres équarries à la hache et d'imposants piliers de pierre.

La première phase du projet consiste à aménager l'espace de la crypte de façon à le rendre accessible et sécuritaire au grand public, entre autres par l'aménagement d'une passerelle de béton au centre (le sol de la crypte est en sable) avec huit stations d'interprétation.

Une signalisation indiquant les sorties et les éléments de sécurité est aussi prévue, conformément à l'accès des lieux publics.

L'éclairage sera revu, mais le lieu demeurera volontairement un peu sombre (on aura recours à la lumière noire). Par ailleurs, on effectue actuellement une recherche pour élaborer le scénario et le contenu d'une visite guidée (Les contes de la crypte) en lien avec les stations d'interprétation sur les principaux acteurs qui ont fait l'histoire de Sainte-Anne-de-la-Pérade et dont les dépouilles se trouvent dans la crypte.

Le président de la Société d'histoire de Sainte-Anne-de-la-Pérade, Jean-Paul Nolet, souligne que parmi ces personnalités, on retrouve plusieurs hommes politiques, dont le premier ministre du Québec John Jones Ross, des officiers de milice, des prêtres, mais aussi plusieurs femmes.

Pour sa part, le président de la fabrique, Marc Poulin, et le marguillier Jean-Marie L'Heureux, insistent sur un point: les visiteurs devront être conscients qu'ils visitent un lieu de sépultures consacré. On s'attendra donc de leur part qu'ils soient respectueux tout comme ils le sont dans l'église. On compte d'ailleurs toujours affecter un guide lors des visites.

Alain Bourbonnais note que ce projet se veut complémentaire à la mise en valeur déjà existante du patrimoine architectural et religieux de l'église de Sainte-Anne-de-la-Pérade (de style néo gothique) de même qu'au nouveau centre d'exposition du patrimoine religieux situé dans la sacristie, qui ouvrira lui aussi ses portes cet été.

Avec le Manoir Madeleine-de-Verchères, le Centre d'interprétation du poulamon et le circuit de maisons historiques, Sainte-Anne-de-la-Pérade pourra désormais prétendre retenir ses visiteurs toute la journée.

 

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