Sexualité des jeunes au Centre-du-Québec: un premier portrait global

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Bécancour) Première relation intime vers l'âge de 15 ans et demi, consommation masculine de la pornographie, usage féminin des réseaux sociaux: voilà quelques-uns des comportements observés chez les jeunes de 15 à 25 ans au Centre-du-Québec.

En collaboration avec Richard Leroux de la coopérative La Clé, le bureau local d'intervention du sida (BLITS) publie pour la première fois un rapport présentant des données probantes concernant la sexualité de ce groupe d'âge qui provient de la région centricoise.

Ce portrait, qui présente la santé sexuelle des jeunes dans sa globalité, est d'ailleurs accessible sur le site internet de l'organisme (www.blits.ca).

«La prévention des ITSS doit s'élargir au-delà de l'information sur l'utilisation du condom. Depuis quelques années, les interventions du BLITS en lien avec la santé sexuelle incluent des activités qui touchent à l'estime de soi, au sens des responsabilités, au sentiment d'avoir le choix, à la capacité de résoudre des conflits et à une certaine maîtrise de son environnement», souligne la directrice, Maryse Laroche.

Selon elle, les données de ce rapport apparaissent pertinentes pour les personnes travaillant auprès de cette clientèle, mais également pour la population générale qui souhaiterait en connaître davantage. «Cet outil permettra de démystifier certains tabous concernant la sexualité des jeunes», assure-t-elle.

À l'automne 2016, les intervenantes du BLITS se sont déplacées dans la majorité des écoles secondaires du Centre-du-Québec afin de distribuer un questionnaire sur la santé sexuelle des élèves de secondaire 4 et 5.

Et les organismes communautaires, les cafés, les centres de conditionnement physique et les universités ont été sollicités pour distribuer des prospectus à leur clientèle, les encourageant à remplir le questionnaire qui se trouvait en ligne sur le site web du BLITS. Résultat? Pas moins de 1131 jeunes, de 15 à 25 ans, hétérosexuels pour la très grande majorité, ont complété le questionnaire.

«Notre région a maintenant accès à des données probantes concernant la sexualité des jeunes dans sa globalité, donc, en y incluant les notions de plaisir, consensus et sécurité», ajoute Mme Laroche.

Outre les pratiques sexuelles, l'étude traite, entre autres, des tests de dépistage qui sont deux fois plus nombreux chez les filles que les garçons. Or, ces derniers ont des résultats significativement plus élevés que les filles à chacune des ITSS.

«Il se pourrait que les garçons tardent à passer un test de dépistage et le font que lorsqu'ils ont des indices sérieux qu'ils sont infectés», avance-t-on comme explication. La chlamydia semble être l'ITSS de loin la plus répandue chez les jeunes, autant les garçons que les filles. 

Par ailleurs, la notion d'amour en lien avec la sexualité est plus sensible du côté des filles que des garçons. Et les références en matière de sexualité sont avant tout l'internet, ensuite, les amis et une infirmière. Les parents sont les moins consultés lorsque leur enfant ont une question sur le sujet. Quant à la pression sociale sur la sexualité, elle ne semble pas diminuer avec l'âge.

On apprend également que les messages textes semblent plus répandus que l'envoi de photos à caractère sexuel. Plus du tiers des jeunes envoient des sextos souvent ou à l'occasion. Les filles semblent plus enclines à envoyer leurs propres photos que les garçons. 

De plus, l'étude révèle que 13,5 % des filles ont déjà vécu de la violence psychologique et 14,5 % de la violence physique en lien avec leur sexualité, un pourcentage relativement plus élevé que chez les garçons.

Consulter de la pornographie n'est pas un phénomène marginal chez les jeunes, surtout chez les garçons. «Il faut le constater, la consommation de pornographie est masculine, et ce, sur une base relativement régulière», peut-on lire dans le rapport.

«L'âge ne semble pas jouer un grand rôle dans les comportements ou les attitudes face à la sexualité ou au sécurisexe, outre que plus les jeunes avancent en âge, plus ils sont en couple, ce qui semble déterminant», conclut-on.




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