Bécancour veut un inventaire des sites d'enfouissement industriels

Le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, a traité... (Archives Le Nouvelliste)

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Le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, a traité du sujet des terrains contaminés lors de la séance publique de lundi soir.

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Bécancour) À peine rentré d'un voyage à l'étranger, le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, s'est rendu lundi sur le fameux site d'enfouissement contaminé. N'ayant pu échanger avec les résidents environnants, il a néanmoins commencé à tirer des leçons de cette saga qu'il aura suivie de loin.

«J'aime bien citer mon père quand il disait que c'est souvent un mal pour un bien. Je souhaite que ce le soit, qu'on n'ait pas de séquelles», a-t-il confié au Nouvelliste avant de répéter en soirée le dicton paternel en séance publique devant une trentaine de citoyens.

Lors de la période de questions, l'un d'entre eux a demandé qui allait payer la décontamination tandis qu'un autre a accusé le ministère de l'Environnement d'avoir deux poids, deux mesures.

De retour de vacances, le maire Dubois n'aura donc pas tardé à se rendre sur place pour bien comprendre la situation.

«Il faut voir à quoi ça ressemble même si je connais très bien ma ville. Je n'ai pu voir de résidents, ils n'étaient pas là. En fin de compte, il y a deux résidents qui sont là en permanence. Deux autres sont des gens de l'extérieur et une autre personne travaille beaucoup à l'extérieur. Parmi eux, il y en a deux qui sont très loin du site, à une couple de kilomètres», a précisé M. Dubois.

Si la Ville dit s'occuper des citoyens concernés, avec l'aide de la Société du Parc industriel et portuaire de Bécancour, elle veut parallèlement obtenir un inventaire des sites d'enfouissement industriels sur son territoire.

«Il y a eu plusieurs entreprises à Bécancour et même si l'entreprise n'est plus là, elle peut avoir laissé des séquelles. Je veux avoir le portrait très précis venant du ministère de l'Environnement. D'ailleurs, à ce chapitre, on a une rencontre au sommet mercredi matin de tous les intervenants qui sont là-dedans, le ministère de l'Environnement, la Ville, la Société du parc et le ministère de la Santé publique», a-t-il fait savoir.

«On va essayer d'en venir à une entente qui va satisfaire le mieux les résidents», a renchéri son conseiller, Alain Mercier.

Celui-ci a profité de l'assemblée mensuelle pour rapporter des premiers tests d'eau potable en deçà des normes alors que d'autres résultats sont imminents. 

Pour sa part, le maire Dubois se réjouit de la réaction du ministre David Heurtel qui a confié le dossier à sa sous-ministre. «Et il a mis sur pied des moyens bien précis pour intervenir», a-t-il salué, évoquant la protection des lieux et la surveillance accrue de la qualité de l'eau potable, et ce, sur un territoire plus étendu. «Il a envoyé deux lettres avec deux types de décision qui me consolent», renchérit M. Dubois.

Même s'il accueille favorablement le plan de communication que le ministre a l'intention d'établir entre les partenaires, le premier magistrat déplore qu'il y ait eu un manque à ce niveau.

«Aucun suivi n'a été fait auprès de la Ville de Bécancour pendant plusieurs années et on n'a même pas été mis en copie conforme des lettres que le ministère de la Santé publique a envoyées aux résidents», a-t-il tenu à dénoncer, tout comme l'a fait publiquement, de manière plus virulente, son conseiller Mario Gagné.

Et selon lui, l'absence d'informations entre le 26 novembre et le 1er décembre aura contribué à alimenter la machine à rumeurs.

«On ne savait rien pendant plusieurs jours. C'est là que ça s'est emballé. Tout est parti tout croche. Ça me fait penser à l'époque de la crise des malformations congénitales. Il y a eu une zone de spéculations néfaste qui a fait partir toutes sortes d'inquiétudes tant chez les résidents que chez ceux qui se préoccupent de ces questions», soutient M. Dubois.

Pendant cette période de flottement, la pression se faisait sentir à l'hôtel de ville. «C'est là qu'on avait vraiment besoin du ministère de l'Environnement», affirme-t-il alors que les chiffres avancés auront semé, dit-il, la terreur dans la population.

«Mais c'était quoi le niveau de circulation et de contamination? Et ça s'est rendu où? Est-ce extraordinaire?», soulève celui qui veut d'abord «voir la situation telle qu'elle est». «Laissez-nous le temps de voir ce qui se passe», a-t-il lancé aux citoyens.

Par ailleurs, le premier magistrat souhaite que «le ministère de l'Environnement s'occupe vraiment des affaires importantes dont celle-là». «On est tellement enfargé dans un paquet de réglementations et un certain dogmatisme de règlement. Les vraies affaires, ce sont celles-là. C'est là qu'on a besoin d'eux autres comme partenaire et non pas comme police», a lancé Jean-Guy Dubois.

Interrogé au sujet d'Oriens Technologies qui a justement maille à partir avec le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques pour relancer ses activités, le maire de Bécancour croit que «ce sera l'occasion de faire le ménage».

«Les dirigeants soutiennent qu'ils ont été traités de façon dogmatique par le ministère. Je n'en sais rien, je n'étais pas là. Par contre, ce que je trouve dommage, c'est une entreprise qui justement se préoccupe de traiter ce qui normalement irait autrement dans un site d'enfouissement. C'est ce que je souhaite pour toutes les entreprises, que nos déchets deviennent des ressources. Et dans leur cas, c'était ça essentiellement», a-t-il conclu, parlant d'un dossier qui est «plus qu'économique», en raison de sa dimension environnementale.

MRC de Bécancour: vers une vision globale

Une cinquantaine d'organisations actives dans la MRC de Bécancour se sont réunies récemment pour réfléchir aux enjeux liés au développement social du territoire.

Cette rencontre, initiée par le Comité de développement social et collectif de la MRC, a permis de réunir des intervenants d'organismes communautaires, du réseau de la santé, du milieu scolaire, des services de gardes et d'employabilité, ainsi que plusieurs entreprises d'économie sociale. 

De plus, la démarche a aussi reçu de l'intérêt de la part des élus, étant donné que 7 des 12 municipalités ont été présentes, de même qu'un membre de l'équipe du député Donald Martel.

Si l'expertise réunie était diversifiée, les points de vue ont néanmoins convergé rapidement: on doit penser le développement de la MRC de Bécancour de façon intégrée et durable.

Les partenaires sont d'avis que l'on doit davantage se connaître, se parler et coordonner les initiatives de chacun, que ce soit en matière de développement social ou de développement économique.

«C'est seulement en travaillant ensemble que l'on pourra apporter une solution durable et structurante aux enjeux propres à nos communautés», explique Marie-Line Audet, présidente du Comité de développement social et collectif de la MRC de Bécancour.

Elle rapporte également que «les partenaires sont tous particulièrement préoccupés par la vitalité démographique du territoire, le maintien de services de proximité et le soutien à apporter aux personnes vulnérables qui sont plus difficiles à rejoindre».

Dans cette optique, des projets portés de façon conjointe par plusieurs municipalités ont été présentés. En effet, le projet d'accueil de familles immigrantes à Fortierville et Sainte-Françoise, de même que le déploiement de la fibre optique par la MRC de Bécancour, sont des initiatives jugées inspirantes.

«En coordonnant les efforts de chacun, on peut réaliser de plus grands projets dont la portée est manifeste, à la fois à la faveur du développement économique que pour le développement social de nos communautés», a-t-on souligné.

Plusieurs idées d'actions ont émergé, notamment celle de tenir une démarche de planification, avec la participation des citoyens, afin de déterminer des objectifs communs auxquels pourraient se rattacher l'action des différentes organisations du territoire.

Le Comité de développement social et collectif de la MRC de Bécancour se penchera sur les propositions émises pour son plan d'action 2017-2020 qui devrait être présenté au Conseil des maires de la MRC de Bécancour d'ici le printemps 2017.

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