Bécancour s'oppose au projet de loi 106 sur les hydrocarbures

Le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois.... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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Le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois.

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Bécancour) Même si c'était soir de rapport financier pour l'année 2015, le conseil municipal de Bécancour a profité de sa séance publique de lundi pour s'opposer officiellement au projet de loi 106 sur les hydrocarbures.

«Nous considérons cette position en cohérence avec la position affichée en juin 2014 dans notre mémoire sur les gaz de schiste», a annoncé le conseiller municipal chargé de ce dossier, Alain Mercier, s'attirant les applaudissements de la salle qui était composée de plusieurs militants environnementalistes.

Celui-ci a expliqué que la position de la Ville épouse globalement celle contenue dans le mémoire de l'Union des municipalités du Québec et, par la bande, celle de la Fédération québécoise des municipalités.

Entre autres, Bécancour demande le respect des compétences municipales quant au schéma d'aménagement et au pouvoir de déterminer les zones appropriées ou non. «Notre préoccupation touche particulièrement la protection des populations et l'agriculture», précise M. Mercier.

À cela, il ajoute le concept d'acceptabilité sociale qui se joue aux niveaux local et sous régional. «La municipalité et la MRC doivent pouvoir intervenir sur cet aspect», dit-il.

Il y a également la détermination et l'ampleur de la place occupée par la municipalité dans les éventuels comités de suivi : la délégation d'un représentant nommé par la municipalité ainsi qu'un modèle accru de représentativité. «Et la protection non discutable de nos sources d'eau potable, qui fait l'objet d'autres réglementations», insiste celui qui joue le rôle de «ministre de l'Environnement» à la table du conseil.

Dans leur préambule, les élus disent pourtant souscrire aux objectifs contenus dans la Politique énergétique 2030 du gouvernement du Québec, dans sa généralité. 

«Il existe des réalités de consommation qu'il faut reconnaître. Selon les données fournies, le Québécois moyen consommerait l'équivalent de 37 barils de pétrole par année. Il faut donc envisager une transition, un virage majeur dans nos habitudes de consommation et on est loin de la pensée magique», a indiqué M. Mercier.

Par ailleurs, la Ville de Bécancour dit adhérer pleinement au concept de développement durable. «Répondre aux besoins d'aujourd'hui sans compromettre les besoins des générations qui suivent: nous y croyons et notre bilan est plutôt positif sur ce point», a-t-il affirmé.

De plus, le conseil municipal adhère également aux principes des acceptations économique, environnementale et sociale. «Les acceptations économique et environnementale sont relativement simples à traiter parce qu'elles se mesurent, peuvent s'appuyer sur des éléments scientifiques. Il en est tout autre pour l'acceptabilité sociale qui repose sur des critères parfois moins rationnels, difficilement mesurables, et un peu émotifs», fait remarquer M. Mercier.

Tout comme il signale que sur un plan strictement local, «nous demeurons une créature du gouvernement du Québec avec ce que ça implique de pouvoirs, de compétences et de limitations».

«Il faut être conscient que l'arrivée d'un projet d'exploration d'hydrocarbure sur notre territoire constituerait une source de dissension profonde et de fractionnement, dans les sens aussi humains que techniques.

Quant aux retombées pour notre population, elles apparaissent, à première vue, minimes ou bien secondaires. Bref, les désavantages semblent largement dépasser les avantages prévisibles», a-t-il partagé tout en avouant que les élus municipaux parviennent difficilement à démêler et maîtriser ce dossier de plus en plus complexe.

Surplus d'un million $

Le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, a déposé le rapport sur la situation financière de la Ville pour l'exercice terminé le 31 décembre 2015. Et l'état des résultats affiche un excédent de fonctionnement de plus d'un million de dollars. En effet, les revenus s'élèvent à 28 395 614 $ contre des charges de fonctionnement de 27 392 575 $.

L'an dernier, près de 5,6 millions de dollars ont été investis dans différents projets. À eux seuls, les services municipaux au Domaine de l'Isle ont nécessité un investissement qui frôlait les 1,2 million de dollars alors que plus de 1,7 million de dollars ont été consacrés à divers travaux d'infrastructures. L'égout domestique de la rue Garon aura coûté plus de 530 000 $ tandis que la modification du système de réfrigération de l'aréna a entraîné une dépense de près de 114 000 $.

On note également des services municipaux de plus de 225 000 $ sur Antoine Paquin et une mise à jour des systèmes informatiques de près de 117 000 $. 

Sans considérer la dette de secteur, l'endettement total net est passé de 45,1 millions de dollars à 42,3 millions de dollars entre 2014 et 2015.

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