Logement abordable dans Nicolet-Yamaska: vers une stratégie territoriale?

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Selon l'étude, tout devrait être mis en oeuvre pour limiter au minimum l'inoccupation dans les immeubles de type HLM.

François Gervais

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Nicolet) Les élus de la MRC de Nicolet-Yamaska viennent d'être saisis d'un rapport sur le logement abordable qui les poussent à envisager une éventuelle stratégie territoriale face aux difficultés d'accessibilité et d'abordabilité soulevées dans le document.

«Ça va nous obliger à reparler de cette question dans une perspective de mission territoriale», a spontanément commenté le préfet suppléant et maire d'Aston-Jonction, Pierre Gaudet.

Lors de la dernière assemblée régulière du conseil des maires, la directrice générale de la Corporation de développement communautaire de Nicolet-Yamaska, Isabelle Brunelle, a livré les conclusions de l'enquête qui fait suite, dit-elle, à une douzaine d'années de concertation, de questionnements et de travaux à différents niveaux.

À la lumière des données recueillies et analysées, les indicateurs dévoilent que peu de logements abordables et salubres sont disponibles sur le territoire de la MRC de Nicolet-Yamaska, surtout pour les ménages de moins de 55 ans.

«La MRC n'échappe pas à la tendance observée au Québec depuis les dernières années. Peu de logements locatifs y sont construits. La construction de condos et de maisons unifamiliales est largement privilégiée», décrit-on.

Par ailleurs, malgré le fait que les logements locatifs soient offerts à meilleur marché en regard à la moyenne provinciale, en 2011, un ménage locataire sur trois dans la MRC consacrait plus de 30 % de ses revenus pour se loger.

De plus, en moyenne, huit pour cent de l'ensemble des immeubles dans la MRC nécessitent des réparations majeures. Certaines municipalités souffrent plus que d'autres de la détérioration de son patrimoine bâti.

«Des logements trop chers, en mauvais état ou surpeuplés peuvent mettre en péril la santé de leurs occupants. Lorsqu'une plus grande part des revenus est consacrée au logement, cela signifie que d'autres besoins essentiels seront négligés: alimentation, médicaments, etc., menant invariablement vers une augmentation des problèmes de santé physiques et psychosociaux», relève-t-on dans le document.

Le logement abordable représente 14 % de l'offre en logement sur le territoire. Il faut cependant considérer que 71 % de ces logements sont réservés aux personnes âgées de plus de 55 ans.

Du côté des logements sociaux, il faudra également surveiller les impacts et les opportunités qui se présenteront à la suite de la restructuration annoncée du réseau des OMH. «Dans un tel contexte, l'établissement d'une concertation territoriale, autour de la place et du développement du logement, prend tout son sens.

La concertation permettrait l'élaboration d'une vision du logement pour la MRC, le développement d'une politique claire, appuyée et diffusée via un plan d'action rassembleur pour l'ensemble des municipalités. L'amélioration de la situation passe par la mobilisation des acteurs concernés par le logement», retrouve-t-on parmi les pistes d'action.

Pour faire progresser les idées, pour identifier les enjeux et les stratégies afin d'augmenter l'offre en logement locatif, «il est nécessaire d'identifier un porteur du dossier du logement qui trouvera écho, tant dans la communauté que du côté des élus», a-t-on recommandé.

Considérant qu'un logement subventionné comporte des coûts importants financièrement et socialement pour la municipalité, tout devrait être mis en oeuvre pour limiter au minimum l'inoccupation dans les immeubles de type HLM, selon l'étude. «Regrouper et diffuser l'offre de logements subventionnés ou adaptés disponibles, à partir d'un endroit centralisé pour l'ensemble du territoire, devrait être envisagé», suggère-t-on.

Finalement, le maire de Nicolet, Alain Drouin, reconnaît que l'accessibilité à des logements soit plus difficile pour les gens à faible revenu. Mais du même souffle, il salue l'éventuelle gestion des OMH par territoire de MRC. «Je ne suis pas tant que ça pour les coupes, mais ce n'est pas une mauvaise décision», conclut celui qui se réjouit de voir dans sa ville des projets tels que le Faubourg du Ruisseau et les Jardins d'Anna.

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