Plus de monde que de controverse au Festival du cochon

La course du cochon graissé est sans conteste... (Photo: Émilie O'Connor Le Nouvelliste)

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La course du cochon graissé est sans conteste l'activité la plus populaire du Festival du cochon.

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(SAINTE-PERPÉTUE) Les inconditionnels de cochons graissés, et de ses dérivés culinaires, auront été plus nombreux que les contestataires lors de la 38e édition du Festival du cochon de Sainte-Perpétue qui s'est terminée en fin de semaine. En effet, près de 40 000 personnes se sont présentées aux différentes activités, dont plus de 5000 uniquement à la célèbre course du cochon graissé samedi soir. Une affluence qui laisse présager des années à venir florissantes, du moins en termes d'achalandage, car l'organisation craint pour son financement étatique.

Une entreprise de sécurité privée a été mandatée... (Photo: Émilie O'Connor Le Nouvelliste) - image 1.0

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Une entreprise de sécurité privée a été mandatée pour s'assurer de la bonne tenue de cette 38e édition du Festival du cochon de Sainte-Perpétue. Lors de la course du cochon graissé, samedi, les agents étaient particulièrement visibles.

Photo: Émilie O'Connor Le Nouvelliste

Au tourniquet, deux pancartes mises en évidence informent les festivaliers, ou plutôt les activistes qui souhaiteraient s'inviter aux festivités, qu'aucune «manifestation» ne sera «tolérée» sur le site. «Terrain privé», peut-on lire. Cette année, la sécurité maison a été confiée à une firme spécialisée. Des hommes costauds, habillés avec des vêtements noirs clairement identifiés, patrouillaient aux quatre coins du site.

Le président du conseil d'administration du Festival, Paul Jutras, avoue en avoir un peu soupé de la controverse qui, année après année, se présente à la porte de Sainte-Perpétue. «Cette année ça s'est très bien déroulé, il n'y a pas eu de manifestation», laisse entendre M. Jutras. «Pourquoi le Festival du cochon? On s'interroge toujours. Est-ce qu'il y a quelqu'un qui ne nous aime pas? Les cochons sont très bien traités. Ce sont eux qui sont dans leur élément de boue. C'est plutôt l'être humain qui n'est pas dans son élément.»

«On ne peut pas empêcher ceux qui sont contre ça. Certaines personnes ont peur de la peur. On ne peut pas empêcher le monde de manifester, c'est leur droit légitime», ajoute M. Jutras.

Rappelons que l'an passé, l'ex-hockeyeur et actuel végétalien, Georges Laraque, avait attisé les braises en dénonçant publiquement le sort réservé à la gent porcine. Reprises en boucle, ses critiques avaient amené un manifestant à s'enchaîner après la clôture délimitant l'enclos où les cochons étaient placés sous bonne garde. Des affiches avaient même été installées à l'entrée de la municipalité pour rappeler aux visiteurs que la surveillance policière serait accrue durant le Festival.

Cette année, rebelote. La Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) de Montréal a joint sa voix à celle de regroupements pour la défense des animaux, invitant au boycottage de l'événement. Un appel qui, se réjouit M. Jutras, n'aura pas été entendu. «Cette année, le monde est content, ça [la controverse] n'a pas monté haut.»

Des Trifluviens sur le podium

Shany Guévin participait pour la première fois à la course du cochon graissé samedi. Avec ses deux comparses, elle affirme avoir eu énormément de plaisir à courir derrière un cochon de 70 livres. Même si elle n'a pas réussi à prendre la bête à bras-le-corps pour la déposer dans un baril, son chronomètre, additionné à celui de ses compagnons, a fait de son équipe la grande championne de cette édition.

Quant à la controverse, Mme Guévin considère qu'elle n'a pas lieu d'être, car les animaux sont, souligne-t-elle, «très bien traités». «Je trouve qu'il n'y a aucune problématique. Il y a des règlements et un arbitre. Si quelqu'un agrippe les oreilles, la queue ou les pattes, il est aussitôt disqualifié. Souvent, les cochons sont plus rapides que nous autres», lance Mme Guévin.

Son collègue d'arène, Christopher L. Young, partage le même avis. Même s'il est conscient de la peur qui s'installe dans les yeux de l'animal au moment du départ, il assure qu'aucune bête n'est molestée durant l'épreuve. «Il y en a qui pourraient voir ça comme de la cruauté animale, mais c'est bien encadré. Il n'y a pas vraiment de cochons qui se font mal. C'est sûr qu'on court après. C'est une bagarre dans la boue avec un cochon. On ne va pas les flatter, mais on ne les fait pas souffrir. C'est sûr qu'ils ont un petit peu peur, parce qu'ils ne sont pas habitués que quelqu'un leur court après, mais on ne les maltraite pas, on ne leur donne pas de coup de poing, on ne les torture pas», note M. Young.

Le dernier membre de l'équipe trifluvienne, Maxime Ricard, qui a également gagné le trophée du meilleur spectacle (en graissant la patte des spectateurs avec des cadeaux, avoue-t-il), abonde dans le même sens. «Le cochon peut être épuisé, parce que c'est quand même lourd et il se débat. Autant que les participants sont épuisés à la fin. Mais je ne pense pas que c'est de la cruauté animale. Faut pas en faire un plat.»

Épée de Damoclès économique

Le Festival du cochon attire près de 40 000 visiteurs annuellement, dont 40 % en provenance de l'extérieur du Centre-du-Québec. Pour un budget annuel d'environ 800 000 $, on estime les retombées économiques à un quart de million $ et, après 38 ans d'existence, l'organisation a remis deux millions $ à la communauté en construisant des infrastructures comme une scène et un gymnase. Malgré tout, le Festival du cochon soutient qu'à l'heure des restrictions budgétaires, les temps sont durs et pourraient l'être davantage l'an prochain.

«On ne se cache pas que c'est plus difficile qu'avant. On survit, mais nos années ont déjà été meilleures. Avec les coupes du gouvernement, c'est plus dur de survivre. Faut rationaliser nous autres aussi», mentionne le président Jutras, en caressant tout de même de beaux projets pour la 40e édition qui s'en vient à grands pas.

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