Une coupe d'arbres décriée à Nicolet

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La Ville de Nicolet a procédé à un défrichage abusif sur le terrain des Entreprises Daumard au dire de Gaétan Grimard.

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Jonathan Cyrenne
Le Nouvelliste

(NICOLET) Une histoire de défrichage est au coeur d'une chicane entre la Ville de Nicolet et un propriétaire d'immeuble commercial de la rue Martin. À la suite d'un jugement de la cour municipale, près d'un millier d'arbres et d'arbustes ont été coupés, le 30 juillet, sur le terrain des entreprises Daumard, propriété de Gaétan Grimard.

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Gaétan Grimard déplore la coupe d'un millier d'arbres sur le terrain appartenant à son entreprise.

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«C'est épouvantable! J'ai passé bien près de tomber sur le sol en voyant le changement sur mon terrain. J'appelle ça un carnage, ni plus ni moins. Toutes nos jeunes pousses d'érables dans le sous-bois situé près de nos grands arbres ont été rasées. Sur cette partie du terrain, les arbres à sucre mesuraient déjà plus de quatre pieds. De plus, tous les genévriers qui enveloppaient deux des bâtiments ont été rasés. Par contre, mon voisin, qui a lui aussi ce type d'arbre sur sa propriété et qui enlève ses herbes et broussailles qu'une fois par année n'a jamais été importuné par la Ville. Cela démontre que Nicolet a deux façons de traiter ses citoyens, ce qui est inacceptable», mentionne M. Grimard.

Près de 80 arbres avaient été plantés sur une partie du terrain, il en resterait une vingtaine. Des trous causés par le défrichage ont aussi été observés.

Dans un jugement obtenu par Nicolet, la cour municipale ordonnait aux entreprises Daumard de faire disparaître les nuisances de son terrain avant le 21 mai 2015 pour se conformer à la réglementation nicolétaine. À défaut de procéder aux travaux et de se conformer à l'ordonnance, le tribunal avait alors autorisé la Ville à faire les travaux aux frais de la partie défenderesse.

Au cours des dernières semaines, Gaétan Grimard confirme que des travaux d'entretien avaient été effectués au 564 rue Martin, par un entrepreneur qu'il avait embauché, afin d'enlever les broussailles, les mauvaises herbes et toute autre plante nuisible à la santé.

«J'avais mentionné à l'administration municipale que les travaux étaient effectués et que, si la situation ne leur convenait pas de me le dire. J'aurais fait revenir l'entrepreneur qui a fait le ménage. Je ne considère pas que mes cerisiers et des arbres avec un diamètre de six pouces sont des mauvaises herbes. Qu'est-ce qu'une nuisance, le règlement n'est pas clair», ajoute M. Grimard.

À la Ville de Nicolet, on explique que les travaux effectués par le propriétaire du terrain ne convenaient pas aux exigences.

«Ça fait une quinzaine d'années qu'on demande aux entreprises Daumard de faire l'entretien du terrain pour des raisons de sécurité, mais aussi pour éliminer les vermines qui venaient se cacher sur cette portion de terrain. Pour ce qui est des arbres, on a jugé qu'ils devaient être enlevés pour éviter la prolifération des vermines. Tout a été fait selon les critères de l'ordonnance. Les travaux ont été confiés à un entrepreneur privé», mentionne Aline Blais, la directrice des communications à la Ville.

La greffière aurait aussi communiqué avec Gaétan Grimard, le 20 juillet dernier, pour l'informer que les travaux n'étaient pas conformes aux exigences et qu'il devait apporter des mesures correctives avant le 27 juillet. Quant à M. Grimard, il estime qu'il n'y avait pas de vermine sur son terrain.

Par ailleurs, depuis le départ de Couches Confortex International, les locaux nicolétains n'ont jamais été occupés. Toutefois, un investisseur avait proposé un projet au cours des dernières années. Entreprises Daumard avaient loué l'endroit à une compagnie qui souhaitait investir quelques millions de dollars sur le site.

«Il avait loué la bâtisse avec option d'achat. Les investisseurs devaient payer toutes les dépenses d'opération. Après trois ans de harcèlement et le refus de la Ville de nous laisser reboiser pour s'assurer que les voisins ne soient pas dérangés par la douzaine de camions qui devaient y circuler quotidiennement, l'entreprise a décidé d'abandonner son projet», confie le propriétaire de l'édifice. À la Ville, on explique qu'il existe un règlement en lien avec les zones tampons, mais qu'il s'applique seulement aux bâtiments construits après 2004.

Étant donné que l'endroit est laissé sans surveillance, il arrive que des voyous s'introduisent sur la propriété des entreprises Daumard. L'homme d'affaires craint pour la suite des choses, en lien avec le déboisement. «Nous avions averti Nicolet, plus d'une fois, que nous étions victimes de vandalisme, mais que depuis que le reboisement avait pris forme du côté est, les méfaits sur la propriété avaient diminué de 80 %.» D'ailleurs, depuis que les travaux de défrichage ont été effectués, la semaine dernière, une personne se serait introduite illégalement dans le bâtiment.

En ce qui a trait aux arbres coupés, la greffière aurait écrit aux entreprises Gaumard pour leur demander d'identifier les arbres à conserver, ce qui n'aurait pas été fait. Quelques jours avant de procéder au défrichage des lieux, la Ville aurait demandé au propriétaire de débarrer ses clôtures afin de permettre à un employé municipal d'aller faire une évaluation des travaux à effectuer. Toutefois, personne ne se serait présenté pour déverrouiller la barrière, selon la Ville. Pour la suite des choses, un préventionniste en sécurité incendie devrait visiter les bâtiments afin de s'assurer qu'ils sont toujours sécuritaires.

L'homme d'affaires se désole du comportement de l'administration municipale. «Nous avions informé la Ville, et ce, à plus d'une occasion, que si nous changions la vocation de la propriété, comme le permet le zonage, nous aurions une plus grande valeur de vente avec un terrain boisé comme cela aurait dû être le cas depuis des années. Nous demandons à la Ville qu'elle cesse immédiatement toute procédure ou intervention contre la propriété et contre nous et qu'elle nous aide à trouver un acheteur ou un promoteur qui pourrait donner un second souffle à ce terrain de 209 763 pieds carrés.» La propriété est en vente au coût de 695 000 $.

Gaétan Grimard n'écarte pas la possibilité de poursuivre la Ville. Il évalue les dommages à près d un demi-million de dollars. «Pour reboiser, ça coûte une fortune. Je ne suis pas Dieu pour dire, demain, je veux des arbres de 30 pieds et un sous-bois bien garni. Les bâtiments sont en vente et ils ont perdu leur cachet», ajoute le propriétaire.

jonathan.cyrenne@lenouvelliste.qc.ca

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