Les citoyens disent non à un incubateur au club de golf Gentilly

Le directeur du Service de l'urbanisme de la... (Photo: Marc Rochette, Le Nouvelliste)

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Le directeur du Service de l'urbanisme de la Ville de Bécancour, Pierre Désy, expliquant le changement de zonage nécessaire à l'incubateur.

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Bécancour) Alors que la Ville de Bécancour voulait discrètement implanter son incubateur de 2,8 millions de dollars dans la bâtisse adjacente au club de golf Gentilly, des citoyens du secteur ont dit non au projet de changement de zonage, forçant le conseil municipal à revoir le dossier.

«Il n'y aura pas de référendum. On va refaire notre devoir. On va prendre une décision sur l'ensemble du dossier. Je ne renonce à rien. Mais c'est très facile pour nous autres de changer d'idée. On ne veut pas briser la quiétude des gens. Tout ce qui a été négocié en subventions, on recommence le processus», a lancé, lundi, le maire Jean-Guy Dubois, devant la vingtaine d'opposants à l'idée de voir cette zone passer de commerciale à industrielle.

Déjà, la semaine dernière, les élus avaient été contraints de reporter l'adoption du projet de règlement à la suite des commentaires formulés la veille par les gens concernés, lors d'une soirée d'information à laquelle les médias n'avaient pas été convoqués.

Encore lundi, le conseil municipal a tenu une séance publique spéciale à l'heure du souper. D'ailleurs, les citoyens ont reproché à l'administration Dubois de «faire ça en vase clos» et de «cacher ça à la population».

Le premier magistrat a justifié son approche «de ne pas le crier sur le toit» en disant «ne pas pouvoir annoncer un incubateur pas financé», le montage n'étant pas complété, «ne pas vouloir brûler le punch», puisque, dit-il, «c'est le genre d'affaire annoncée par un ministre», et «ne pas vouloir créer de faux espoirs» envers les 151 sociétaires de la coopérative propriétaire du club de golf Gentilly.

C'est que depuis l'annonce de la fermeture de Gentilly-2, les revenus de location de l'entrepôt de 20 000 pieds carrés à Hydro-Québec, à raison de 108 000 dollars par année, en prévision de la réfection de la centrale nucléaire, ne sont plus au rendez-vous. Mais l'arrivée de l'incubateur serait venue soulager financièrement le club de golf Gentilly.

«Et le bâtiment a toutes les caractéristiques pour un incubateur», soutient le maire tout en expliquant qu'au départ, la Ville avait songé à l'établir sur le site LaPrade, mais «les bâtisses ne convenaient pas et il aurait fallu mettre des millions en réparations».

Pour Jean-Guy Dubois, l'incubateur aurait pour effet de favoriser l'émergence de PME, «un problème qu'on a pour avoir vécu sur la grande entreprise», ce qui serait générateur d'emplois. «Et on voulait donner un coup de main à la revitalisation de Gentilly et participer à sa diversification économique», renchérit-il.

Si une aide financière de plus de 700 000 dollars semble acquise du côté du Fonds de 200 millions de dollars, il manque toujours une réponse du côté d'un Fonds conjoncturel.

Dans son projet de règlement, la Ville prétendait qu'un incubateur dans le bâtiment de la rue des Albatros aurait «un faible impact sur le milieu environnant», les entreprises en démarrage oeuvrant davantage en recherche et développement qu'en production.

Activités se déroulant entièrement à l'intérieur du bâtiment, entreposage extérieur interdit, transport par camion «négligeable»: voilà d'autres éléments positifs évoqués par les élus. À cela s'ajoute des limites de temps pour l'usage des installations.

Malgré les améliorations apportées par la Ville à son projet de règlement, les citoyens présents jugent que la zone industrielle serait incompatible avec le quartier résidentiel et ils ont clairement signifié au conseil municipal le rejet de la proposition.

«On ne vous rentrera rien dans la gorge. Et il y a d'autres places pour un incubateur. Nous avons un plan B et un plan C», a conclu le maire Dubois, sans vouloir en dire plus parce que «d'autres gens sont impliqués là-dedans».

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