Le maire de Drummondville invite Bécancour à quitter le Centre-du-Québec

Alexandre Cusson s'en est pris à Jean-Guy Dubois... (Photo: Yanick Poisson, La Tribune)

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Alexandre Cusson s'en est pris à Jean-Guy Dubois mercredi devant les gens d'affaires de Drummondville.

Photo: Yanick Poisson, La Tribune

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Drummondville) Face au tiraillement territorial exprimé par Jean-Guy Dubois, le maire de Drummondville, Alexandre Cusson, jette les gants envers son homologue de Bécancour, allant même jusqu'à l'inviter à quitter le Centre-du-Québec.

«Si sa présence au sein de la région 17 est un mariage de raison et qu'une petite maîtresse, comme Trois-Rivières, sauve bien des mariages, comme il a osé le déclarer au Nouvelliste, je vous le dis, on n'entend certainement pas être des cocus contents», a lancé mercredi soir le maire Cusson devant les gens d'affaires de sa ville.

La goutte qui a fait déborder le vase, c'est la position de Jean-Guy Dubois concernant le projet de loi 10. «Je ne veux pas personnaliser les débats, mais je suis forcé d'admettre que, tout au long des discussions entourant le projet de loi 10, le maire de Bécancour a nui à la région», affirme-t-il.

Avec son homologue de Victoriaville, le maire Cusson avait plaidé auprès du ministre Gaétan Barrette l'importance de reconnaître le Centre-du-Québec comme une région sociosanitaire distincte de la Mauricie avec ses propres leviers décisionnels. «Pour moi, le Centre-du-Québec a sa raison d'être, et chaque bataille pour sa reconnaissance et son respect mérite d'être menée. Cette vision est également partagée par mon collègue Alain Rayes, un autre fier défenseur de notre région. Ensemble, avec d'autres élus, on veut faire grandir cette région encore toute jeune et qui a vu le jour en 1997. Mais je dois vous confier qu'au cours de la dernière année, j'ai rencontré un maire qui est loin de partager cette vision, et je parle ici du maire de Bécancour», a-t-il soutenu dans son discours.

Celui-ci rappelle qu'en janvier, alors que les maires centriquois défendaient une administration régionale de la santé, Jean-Guy Dubois avait même déclaré dans les médias: «Ma position est claire depuis une vingtaine d'années: je n'ai jamais vraiment cru au découpage du Centre-du-Québec et à cette nouvelle façon de gérer. J'ai la conviction que pour les citoyens de Bécancour, l'organisation territoriale actuelle n'est pas idéale», a rapporté M. Cusson.

«Pendant que les maires de Victoriaville et Drummondville, nos établissements de santé, nos conseils de médecins et nos chambres de commerce portaient la voix du Centre-du-Québec, du côté de Bécancour, on remettait en question l'existence même de la région. À l'heure où tout le monde se donne la main, l'attitude nombriliste du maire de Bécancour a nui non seulement à sa propre municipalité, mais à toute la région. C'est du jamais vu», renchérit-il.

Selon lui, le Centre-du-Québec n'a pas besoin de l'attitude négative du maire de Bécancour pour assurer son développement. «Au maire Dubois qui a menacé plus d'une fois de quitter la région, je l'invite à entreprendre les démarches pour le faire auprès du ministre des Affaires municipales, et je serai là pour l'appuyer. Si Bécancour croit que son développement passe par une association directe avec une région en déclin plutôt que la capitale du développement, c'est son choix, nous le respectons et nous l'appuierons», ajoute Alexandre Cusson.

Ce dernier dit ne pas avoir le goût de négocier constamment avec une épée de Damoclès du genre «si ça fait pas notre affaire, on va s'en aller». «On ne peut pas fonctionner avec une menace constante de claquer la porte. Ce que je dis, c'est: branchez-vous et nous allons vivre avec votre décision. Mais on ne fera rien tant qu'on ne saura pas ce que vous faites», a-t-il prévenu en entrevue, alors que la 17 doit redéfinir sa concertation régionale avec la disparition de la CRÉ «qui fut présidée pendant un bon bout de temps par Maurice Richard, de Bécancour».

Pour le maire de Drummondville, le fleuve a un effet de mirage sur Jean-Guy Dubois «et il se laisse prendre». «On reconnaît que Bécancour, c'est à côté de Trois-Rivières. Mais on a un territoire et je voudrais que Bécancour soit là», a tenu à préciser celui qui «ne demande pas aux gens de quitter».

Finalement, M. Cusson a donné l'exemple du campus de l'UQTR à Drummondville pour démontrer, dit-il, «l'importance de faire des gains et de se battre pour le Centre-du-Québec.

«Si Bécancour croit que son développement passe par une association directe avec une région en déclin plutôt que la capitale du développement, c'est son choix, nous le respectons et nous l'appuierons»

Alexandre Cusson
maire de Drummondville
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