Halocarbures à Bécancour: les verts donnent leur aval

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Bécancour) Outre certains questionnements sur des éléments pointus, le promoteur d'un centre de gestion intégrée d'halocarbures à Bécancour, Arnold Ross, de Recyclage ÉcoSolutions, est reparti mardi soir de la séance d'information du BAPE avec l'appui des environnementalistes en poche.

«Je me fais le porte-parole d'André Bélisle, de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique. Les écolos sont très favorables à des projets comme celui-là», a fait savoir le directeur climat-énergie de l'AQLPA, Alain Brunel.

Il faut dire que le centre en question se consacrerait à la gestion, au réemploi et à l'élimination sécuritaire et écologique d'halocarbures en les détruisant en utilisant une technologie au plasma. Ces substances sont habituellement utilisées comme gaz réfrigérants et comme agents de gonflement dans les réfrigérateurs et les congélateurs. Elles contiennent du fluor, du carbone et de l'hydrogène et peuvent également contenir du chlore. Elles regroupent, notamment, les chlorofluorocarbures (CFC), les hydrochlorofluoro-carbures (HCFC) et les hydrofluoro-carbures (HFC).

«Lorsque ces gaz sont libérés dans l'environnement, ils contribuent à l'appauvrissement de la couche d'ozone et aux changements climatiques. L'exploitation du centre permettrait de détruire jusqu'à 525 tonnes d'halocarbures annuellement. À terme, le projet pourrait mener à une réduction moyenne annuelle de plus de 500 000 tonnes de CO2», a expliqué Marie-Ève Marquis, chargée de projet pour Recyclage ÉcoSolutions, devant une trentaine de citoyens.

Chaque année, plus de 2500 tonnes d'halocarbures, utilisés comme gaz réfrigérants et agents de gonflement, doivent être remplacées, gérées et éliminées au Canada, alors que seulement 375 tonnes de ces gaz ont été détruites en 2011 par le Programme canadien de gestion des réfrigérants. De plus, le Québec aurait une réserve totale d'halocarbures de près de 15 000 tonnes, ce qui représente plus de 30 millions de tonnes de CO2.

Le bâtiment requis pour ce centre est déjà existant et le site déjà aménagé pour recevoir une entreprise de ce type, soit le Parc industriel LaPrade. Selon le promoteur, au moins dix emplois directs seraient créés pendant la période d'exploitation et l'investissement est estimé à 4,3 millions de dollars. Quant à la mise en service, elle est prévue en décembre 2015, ou début 2016, selon l'obtention des autorisations gouvernementales.

Les principaux impacts concerneraient la qualité de l'air, des eaux de surface et souterraines, du sol ainsi que la santé et la sécurité des travailleurs. Selon le promoteur, l'impact d'une possible contamination de l'air, des eaux ou du sol à la suite d'une fuite d'halocarbures ou de matières dangereuses serait très faible. Il prévoit mettre en place certaines mesures d'atténuation pour en minimiser l'impact: l'entretien préventif et l'inspection des réservoirs, le plan de mesures d'urgence, la formation des travailleurs, etc.

Également, le procédé utilisé au centre générerait des eaux qui devraient être traitées. Le promoteur a considéré quatre variantes pour leur gestion et leur traitement (valorisation du rejet d'eau salée par une synergie industrielle, évaporation de l'eau salée aux fins de distillation, envoi de l'eau prétraitée à une station d'épuration municipale ou rejet de l'eau prétraitée dans le fleuve selon des normes environnementales de rejets déterminés par le ministère), mais aucune n'a été définitivement choisie pour le moment. Selon le choix de la méthode de traitement des eaux, des mesures d'atténuation appropriées seraient mises en place.

Alors qu'un citoyen était visiblement préoccupé par le type de torche qui sera retenu, un autre s'inquiétait à savoir si l'approvisionnement au centre serait suffisant. «On est très centralisé au niveau de la province», a fait remarquer M. Ross.

Interrogé au sujet de l'ampleur des travaux envisagés dans la bâtisse du Parc industriel LaPrade, le directeur technique et responsable de l'étude d'impact sur l'environnement a fait comprendre à son interlocuteur qu'il ne s'agissait «malheureusement pas» d'un méga projet. «Ce sont des équipements qu'on installe», a-t-il précisé.

Toute personne, tout groupe, tout organisme ou toute municipalité qui désire que le projet soit discuté et évalué publiquement peut faire une demande d'audience publique pendant la période d'information et de consultation du dossier par le public. Cette demande doit être transmise, par écrit, au plus tard le 27 mars 2015, au ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. Le requérant doit y indiquer les motifs de sa demande et son intérêt par rapport au milieu touché par le projet.

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