Projet de Stolt: courte vue des gens d'affaires

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Bécancour) Selon le coordonnateur général du Regroupement vigilance hydrocarbures Québec, Jacques Tétreault, l'appui des chambres de commerce au projet de Stolt LNGaz à Bécancour reflète «la courte vue des gens d'affaires qui veulent faire de l'argent» alors que les citoyens, dit-il, se livrent plutôt à une analyse à long terme.

«Il faut tenir compte des changements climatiques dans l'évaluation des projets», a-t-il lancé, mardi, lors de la deuxième partie de l'audience du BAPE.

Celui-ci suggère de s'inspirer de la pensée autochtone selon laquelle on ne doit poser aucun geste sans connaître les impacts sur les sept prochaines générations. «Le parc industriel de Bécancour pourrait très bien bénéficier d'usines aux effets bénéfiques sur l'environnement», croit-il.

Le porte-parole du Regroupement déplore que la disparition de 1,9 hectare de terres humides provoquée par l'arrivée de l'usine de liquéfaction de gaz naturel soit considérée comme une banalité. Tout comme il a questionné les fameux plans de compensation.

Redoutant le recours au gaz de schiste, M. Tétreault met aussi en doute le bilan d'émission de gaz à effet de serre tel qu'anticipé par le promoteur.

«Nous voulons assurer la population de Bécancour et des environs que nous ne travaillons pas contre eux, mais bien pour le bien collectif à long terme», assure-t-il.

Pour sa part, la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) recommande au gouvernement d'aller de l'avant avec le projet de Stolt LNGaz, faisant notamment valoir l'importance des retombées économiques «dans une région durement éprouvée depuis quelques années».

«Ce projet s'inscrit dans un contexte énergétique et économique mondial en pleine mouvance et dans la nécessité d'avoir accès, au Québec, à un portefeuille énergétique pluriel», a soutenu le directeur, stratégies et affaires économiques, à la FCCQ, David Laureti, qui trouve que «la sphère économique est trop souvent évacuée du développement durable».

Selon lui, l'accès au combustible produit par l'usine améliorerait la compétitivité des entreprises de la région en diminuant leurs coûts et permettrait de desservir de nouveaux clients qui ne sont pas présentement reliés au réseau gazier, «ce qui favoriserait le développement industriel et économique des régions nordiques».

Dans son mémoire, la FCCQ souligne également que SLNGaz a mis en place de nombreuses pratiques pour favoriser l'acceptabilité sociale de son projet d'installation. Elle s'est ainsi engagée à maximiser les retombées régionales dans la conception du projet, par exemple en recourant à des sous-traitants locaux. L'entreprise a aussi témoigné d'un souci marqué d'intégration à son milieu d'accueil et a fait preuve de transparence et d'ouverture aux préoccupations locales, en tenant plus de 30 rencontres d'échanges avec les parties prenantes.

Pour la Fédération, le bilan environnemental global associé à la réalisation du projet constitue «un autre argument de taille en faveur de l'installation». «Et les études d'impact n'ont relevé aucun impact significatif sur la faune, la flore, l'eau et l'air de la région», a-t-on rapporté.

Après avoir entendu moins d'une dizaine d'intervenants hier, le BAPE devra déposer son rapport d'ici le 1er juin et le ministre David Heurtel se prononcera sur le dossier au plus tard le 1er août.

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