Pacte fiscal: «On a voulu enterrer les régions»

Le maire de Nicolet, Alain Drouin, est passablement... (Photo: François Gervais Le Nouvelliste)

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Le maire de Nicolet, Alain Drouin, est passablement irrité par le pacte fiscal transitoire.

Photo: François Gervais Le Nouvelliste

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Nicolet) Encore sonné par le pacte fiscal transitoire imposé par Québec, le maire de Nicolet, Alain Drouin, met un frein sur les investissements nécessitant des règlements d'emprunt «tant et aussi longtemps qu'on n'aura pas d'indication sur le futur pacte fiscal». Conséquence? Les projets qui étaient «sur la table» tels que la rénovation de l'hôtel de ville et la construction de la nouvelle bibliothèque se retrouvent maintenant sur la glace.

«On sait pas mal à quoi s'en tenir en 2015. Mais qu'en sera-t-il pour 2016, 2017, 2018, 2019? On ne le sait pas. Je pourrais prendre toutes sortes de décisions qui viendraient impacter. Si l'on se fie à ce qui s'est passé en 2014, on a toutes les raisons d'être inquiets alors que la commission Robillard a suggéré une amputation de 1,3 milliard de dollars», a-t-il lancé lors de la séance régulière du conseil municipal.

En entrevue, le premier magistrat a précisé que si Québec se laissait tenter à ne plus payer ses impôts fonciers, cela représenterait un manque à gagner de 1,8 million de dollars pour Nicolet, soit 15 % de l'ensemble du budget de la Ville. «Ce serait comme fermer trois grosses shops à Bécancour», a-t-il souligné.

D'où son annonce, à quelques jours du budget 2015 (le 15 décembre), selon laquelle «on ne fera pas d'investissements dans nos infrastructures qui vont nécessiter des règlements d'emprunt à long terme sur nos bâtiments s'ils ne sont pas considérés urgents et vitaux». «Avant de procéder, j'invite mes collègues des autres municipalités à être prudents et à réfléchir comme il le faut dans leurs projets d'infrastructures 2015 qui auront de l'impact sur l'endettement car si on devait avoir une coupe de 5 % en 2016, ce ne serait pas une bonne idée d'augmenter nos dépenses. On n'empruntera pas à long terme», a-t-il ajouté.

S'il a fait cette mise au point au terme de l'assemblée publique, le maire a commenté plus d'une fois au cours de la soirée le contexte de compressions gouvernementales. Le préfet démissionnaire à la MRC de Nicolet-Yamaska a d'ailleurs prévenu celui qui représentera désormais la Ville, Jean Rousseau, que «ce n'est pas une mince tâche qui vous attend».

«Les enjeux de territoire ne sont pas banals. On a voulu enterrer les régions. Mais ils n'ont pas regardé comme il le faut. Ils ont mis en terre de la graine. On va repousser plus fort», affirme Alain Drouin, qui disait ainsi citer Bernard Vachon. «Et pour faire pousser des graines, j'ai beaucoup de connaissances», a renchéri le conseiller municipal qui est producteur agricole. Celui-ci a profité de l'occasion pour saluer le travail effectué par le maire de Nicolet à la table de la MRC.

Par ailleurs, les élus ont adopté une résolution demandant au ministre Pierre Moreau de rétablir le programme d'entretien de la Route Verte. «C'est une autre petite conséquence du pacte fiscal», a-t-il tenu à marteler.

Et s'il y a cette inquiétude autour du poste d'agent culturel de la MRC telle que soulevée dans une lettre par le directeur du Musée des religions du monde, Jean-François Royal, «ça fait suite au pacte fiscal transitoire», insiste le maire de Nicolet qui ne prise guère les prétentions du gouvernement sur les surplus accumulés des municipalités alors que celui de la MRC devrait se situer à 45 000 dollars à la fin de 2015.

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