CGI: la rive sud exprime des soupirs...

C'est le président de la CCICQ, Jean-Guy Doucet,... (Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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C'est le président de la CCICQ, Jean-Guy Doucet, qui a initié les réactions sur la rive sud en convoquant les médias, peu après l'annonce de CGI à Shawinigan.

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Bécancour) Même s'ils disent tous se réjouir pour Shawinigan qui accueillera le Groupe CGI avec ses 300 emplois, les intervenants politiques et économiques de la rive sud laissent échapper des soupirs d'impatience.

«Quand dans la famille, plusieurs enfants ont des bas percés et qu'on donne une belle paire à l'un de tes frères, tu te demandes qu'est-ce qu'il a fait de mieux. On se pose des questions», a commenté le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois.

Des «états d'âme» qui ne l'empêchent pas de parler d'une «excellente nouvelle du point de vue régional». «Normalement, ça irait à Montréal. Or, les gens de Bécancour ont plus de chances d'aller travailler à Shawinigan qu'à Montréal ou Québec», fait-il remarquer.

Pour sa part, le président de la Chambre de commerce et d'industrie du Coeur-du-Québec (CCICQ), Jean-Guy Doucet, plaide pour une plus grande concertation régionale. Il aurait même souhaité que les maires et les présidents de chambres de la grande région de Trois-Rivières et Nicolet-Bécancour soient invités vendredi à Shawinigan «pour donner un signal».

«La façon d'agir n'est pas porteuse d'avenir. Quand on travaille en solo, on nuit à tout le monde et à soi-même. Ce n'est pas productif. Pour la prochaine annonce d'impact régional, il faudrait inviter les maires de l'espace économique constitué des deux MRC de la rive sud, de Trois-Rivières et de Shawinigan», a-t-il fait valoir en point de presse.

Celui-ci affirme que «quand une entreprise s'annonce à Shawinigan, on est heureux». «On espère que des gens de Trois-Rivières et Nicolet-Bécancour vont avoir accès à ces emplois-là. Dans l'avenir, il faudrait favoriser cette notion de concertation entre les villes et les intervenants économiques, comme au Saguenay», soutient M. Doucet.

Le président de la CCICQ donne l'exemple du dossier de FerroAtlàntica où, dit-il, «chacun travaillait de son côté et l'industrie est allée à Port-Cartier». Et il espère que son appel à «cesser le chauvinisme et les interventions cachotières» soit entendu.

«Le message selon lequel la stratégie dans la rue a été payante n'est pas celui qu'on souhaite passer. On est capable de se parler et de travailler ensemble», renchérit-il.

De son côté, le député caquiste de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, se méfie tout de même du contexte dans lequel l'annonce de CGI a eu lieu, soit à l'aube d'un conseil général libéral et d'une élection partielle à Lévis.

«On s'est fait promettre beaucoup de nouvelles entreprises depuis deux, trois ans, mais il n'y a encore eu aucune pelletée de terre. Je ne veux pas être rabat-joie, mais il faut que ça aboutisse. Que le gouvernement ne nous arrive pas avec un autre RER Hydro. Quant aux fermetures annoncées, ça se réalise», déplore-t-il tout en invitant les militants libéraux à soumettre des projets structurants à leur gouvernement pour une région qui a perdu 5500 emplois en 2013.

À son avis, si la venue de CGI à Shawinigan est la conséquence du Groupe tactique d'intervention économique, «j'aimerais ça qu'ils viennent passer une couple de semaines dans le territoire car il y a des projets qui sont en attente à Bécancour et j'ai hâte que le gouvernement pèse sur le gaz», confie celui qui propose encore la création d'un centre d'expertise en ingénierie à Bécancour, un projet pour lequel «tout le monde était d'accord, dont Jean-Denis Girard».

Interrogé à savoir s'il croit que la rive sud est pénalisé par sa situation dans l'opposition, le président de la CCICQ dit ne pas vouloir en faire une question partisane. Mais il ne cache pas que «Bécancour a du chemin à faire» pour avoir sa juste part du Fonds de diversification économique.

Finalement, le maire Jean-Guy Dubois dit travailler à un plan de développement global susceptible de mener à «certaines annonces dans les prochaines semaines».

«Il faut s'unir, si possible, dans une vision complémentaire. Il faut que chacun décide de son créneau. Il faut se parler», conclut celui qui «souhaite avoir une paire de bas neufs» d'ici la fin de 2014.

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