Mesures d'austérité: Alain Drouin interpelle Philippe Couillard

Le maire de Nicolet, Alain Drouin.... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Le maire de Nicolet, Alain Drouin.

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Nicolet) Dans une longue lettre adressée à Philippe Couillard sous le titre De papillon à chenille, le maire de Nicolet, Alain Drouin, interpelle le premier ministre du Québec sur les mesures d'austérité envisagées par son gouvernement.

«C'est comme si on demandait au papillon de se rétrécir, de se rapetisser pour redevenir chenille. Le citoyen que je suis se rétrécie, se rapetisse, est réduit à l'état de contribuable, je dirais se ratatine en contribuable. Il n'a plus d'autres missions que de contribuer au rehaussement des finances de l'État, faire des sacrifices, se serrer la ceinture, réduire ses ambitions pour lui, ses enfants et la société dans laquelle il vit», peut-on lire dans sa correspondance datée du 30 septembre.

Le premier magistrat donne l'exemple du ministre de la Santé qui «semble se préoccuper davantage de la santé des finances publiques que celle des Québécoises et des Québécois.»

«Les réformes annoncées en lien avec la course à grande vitesse à l'équilibre budgétaire viennent fragiliser les immenses efforts des régions dans leur processus de développement», déplore le maire Drouin.

Selon lui, ce qui se trame, autant dans le réseau de la santé, de l'éducation ou ailleurs au conseil des ministres, a des impacts importants sur l'ensemble du territoire québécois et encore plus significatifs dans les régions.

«Je crains que la volonté exprimée de retrouver aussi rapidement l'équilibre budgétaire nous renvoie loin, très loin en arrière dans nos ambitions de maintenir le Québec et surtout ses régions aussi performants, dynamiques et mobilisés. Ce serait une grave erreur que de sous-estimer ces conséquences ou d'en faire fi», prétend le maire de Nicolet.

En entrevue, il se dit inquiet de voir disparaître des «grands pans de mur qu'on a mis 20, 30, 40 ans à construire», faisant allusion, entre autres, au réseau de la santé et de l'éducation.

Par exemple, à force d'élargir le territoire de la commission scolaire dans un objectif de rationalisation des dépenses, M. Drouin se demande «d'où vont partir les décisions» lorsqu'on reparlera d'équilibre budgétaire dans cinq ans.

Et pendant que le premier ministre Couillard tenait un discours de proximité auprès du monde municipal, il déplore que son ministre de la Santé, Gaétan Barrette, annonçait au même moment une «décentralisation vers le haut» avec le regroupement des nombreux établissements en région sous une entité unique, le Centre intégré de santé et de services sociaux.

Même s'il tient à dire que ses appréhensions dépassent les intérêts de sa ville et touchent l'ensemble des régions du Québec, cela ne l'empêche pas de reconnaître la nécessité de corriger la situation de l'économie québécoise. «Il y a de toute évidence péril en la demeure, des menaces planent sur le Québec. Je crois que des mesures s'imposent pour faire du Québec un état moderne, je crois que vous avez raison de vous préoccuper des finances publiques», fait-il savoir au premier ministre.

Quelle serait alors sa solution pour combiner le retour au déficit zéro et le maintien des services de proximité? «L'objectif de l'équilibre budgétaire pour 2015-2016 est un peu rapide», avance-t-il comme première observation. Et deuxièmement, le maire de Nicolet croit qu'il faut faire preuve d'imagination, suggérant une gestion unique des comptes de taxes municipales et scolaires, à titre d'exemple.

«Je souhaite que tout le monde réfléchisse», conclut-il pour justifier cette sortie à l'endroit du chef de l'État québécois.

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