De l'ombre aux feux de la rampe

Il y a huit mois à peine, Gaétane... (Photo: Olivier Croteau)

Agrandir

Il y a huit mois à peine, Gaétane Désilets vivait la quiétude de son poste de conseillère aux côtés d'un maire historiquement bien en selle à Bécancour.

Photo: Olivier Croteau

Partager

Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Bécancour) Si Gaétane Désilets considère que Maurice Richard était tombé dans la potion magique de la politique, elle s'est vite retrouvée dans la marmite depuis son élection du 12 août dernier. Ses 100 premiers jours à la mairie de Bécancour auront été plutôt intenses avec l'annonce de la fermeture de Gentilly-2.

«Ça cogne», admet celle qui arrivait pourtant en poste avec cette volonté de travailler à l'essor de sa ville.

Le choc était d'autant plus grand que, dit-elle, «on parlait de réfection depuis 2008 et on avait acheté de l'équipement en 2011». «C'est désolant du côté des employés qui entendaient parler de la réfection alors qu'on met la clé le 28 décembre», déplore la mairesse.

Celle-ci aura donc sauté «à deux pieds joints» dans le dossier de la centrale nucléaire. «Je n'ai pas vraiment eu le temps de m'asseoir au bureau, ça change l'agenda et la planification des choses, la priorité étant de sauvegarder les emplois», a-t-elle raconté, devant composer à la fois avec l'impact de l'annonce et le tourbillon médiatique qui en a découlé.

Et dire qu'il y a huit mois à peine, Gaétane Désilets vivait la quiétude de son poste de conseillère aux côtés d'un maire historiquement bien en selle à Bécancour.

Reconnue pour ses implications bénévoles, la p'tite fille de Saint-Grégoire avait été invitée à faire le saut en politique municipale en 2003. Elle aura encore été réélue sans opposition en 2005 et 2009 dans son secteur natal. Et sa courte victoire de 32 voix à la mairie aux dépens d'un ancien maire, Jean-Guy Dubois, elle la doit en bonne partie aux gens de son quartier.

«J'étais en vacances quand Maurice a annoncé son départ et j'ai appris ça dans Le Nouvelliste», se rappelle celle qui n'aura pas tardé à faire connaître ses intentions à ses collègues du conseil, tout «en sachant très bien qu'il fallait que je démissionne de mon poste de conseillère».

Pour Gaétane Désilets, sa candidature à la mairie constituait «un beau défi pour cette belle et grande ville en expansion». Et elle décrit son expérience de campagne estivale comme formidable, ayant eu à parcourir un territoire de 434 kilomètres carrés réparti en six secteurs.

«J'aime bien apprendre de nouvelles choses. Et durant les trois dernières semaines, je croisais les candidats provinciaux», souligne-t-elle comme particularité.

C'est sans complexe que cette retraitée de Télébec aspirait à chausser les grands souliers du maire sortant, d'autant plus qu'elle offrait un renouveau par rapport à son adversaire. «Et on y va tout le temps pour gagner», soutient la mairesse, empruntant du même coup un langage sportif qui lui est bien familier, elle qui a longtemps dirigé des équipes de hockey.

Depuis son entrée en poste, Mme Désilets ne chôme pas. Évidemment, toute l'histoire de Gentilly-2 aura entraîné la création de comités, tantôt pour sauver la centrale nucléaire, tantôt pour gérer le fonds de 200 millions de dollars.

Parallèlement, il y a tout ce qui se passe comme projets au parc industriel et portuaire et elle mène de front l'élaboration d'un plan stratégique de développement durable, forte d'une contribution de sept millions de dollars sur 25 ans de la part du Fonds d'Alcoa Canada.

Échangeur 55 et développement commercial s'y rattachant, acquisition de terrains dans Saint-Grégoire pour du développement résidentiel, nouvelle caserne, rénovation de l'aréna, redéfinition de tâches à la Ville, mise sur pied d'un système d'alerte multirisque qui, malgré la fermeture de Gentilly-2, reste pertinente, préparation d'un premier budget et remise en question de structures: voilà autant de chantiers qui attendent la mairesse de Bécancour.

De plus, après la catastrophe économique de la centrale nucléaire, cette dernière doit maintenant composer avec un conflit potentiel à l'Aluminerie de Bécancour. Des rumeurs de lock-out et de grève circulent en vue de la fin de la convention collective du 22 novembre prochain. Malgré des négociations qui se déroulent en présence d'une conciliatrice, une roulotte syndicale a déjà fait son apparition et les travailleurs sont à se prononcer sur une offre globale.

Ces préoccupations n'empêchent pas pour autant Gaétane Désilets d'apprécier ses responsabilités de mairesse. «C'est passionnant», laisse entendre spontanément celle qui sera sur les rangs pour les élections municipales de novembre 2013.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer