«Ça ne passe pas dans les briques, mais les personnes», tient à préciser le président de la Fondation, Mgr André Gazaille, par rapport aux sommes recueillies.
Cette sollicitation strictement à des fins pastorales survient au moment même où les paroissiens de Gentilly et Lemieux cherchent à sauver leur lieu de culte.
Dans le premier cas, le tiers des 60 000 dollars souhaités pour réaliser des travaux de stabilisation a été atteint alors que la campagne devait prendre fin... aujourd'hui.
«On continue pour aller chercher la somme qui manque», a annoncé au Nouvelliste le président d'assemblée de la paroisse Saint-Édouard-de-Gentilly, André Schelling. Celui-ci dit miser sur de futures contributions commerciales et industrielles ainsi que sur une participation potentielle du pacte rural et de la caisse populaire. Une subvention gouvernementale de 120 000 dollars a déjà été confirmée alors que le monument est classé historique par le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine.
«Notre curé vient d'être nommé à Drummondville. Il aurait aimé voir les travaux se faire avant son départ en août», poursuit-il.
Alors qu'une partie de la première façade de l'église sous le clocher sud semble continuer à s'affaisser, tout laisse croire que le processus d'appel d'offres va être enclenché sous peu, même si l'ensemble des 180 000 dollars n'est pas encore réuni.
Dans le cas de Lemieux, on n'hésite pas à parler d'une église en péril à la suite d'un manque à gagner de 4000 dollars pour la dernière année. Ce message alarmant est d'ailleurs affiché à l'extérieur pour susciter les dons. Le curé Denis Boudreault n'était pas disponible, hier, pour faire le point sur la situation.
Or, l'évêque de Nicolet a rappelé que le sort des églises relève entièrement «de la gestion des communautés chrétiennes». «Ce n'est pas au diocèse de déterminer quelles églises vont vivre ou pas. La décision revient aux marguilliers et à la population», a-t-il indiqué.
Mais c'est à la demande de l'évêché que les communautés chrétiennes doivent envisager des regroupements de paroisses. «C'est très relié au nombre de prêtres qui diminue très rapidement», admet Mgr Gazaille.
La fusion a donc pour effet de ne créer qu'une seule paroisse et une seule fabrique, ce qui vient simplifier la tâche des prêtres, ne serait-ce que pour la multitude de comités en moins.
«Le diocèse compte une centaine de prêtres, mais la moitié d'entre eux sont actifs et plusieurs ont plus de 70 ans. Il y en aura deux fois moins dans dix ans», fait-il remarquer.
Depuis janvier 2007, plus d'une trentaine de communautés se sont regroupées pour créer huit nouvelles paroisses, tant en milieu rural qu'à Drummondville et Victoriaville. Des dizaines d'autres communautés sont à l'oeuvre actuellement pour trouver les moyens de répondre à leur mission pastorale avec les ressources humaines et matérielles disponibles.
Par exemple, à compter du 1er janvier 2013, les quatre paroisses des secteurs de Saint-Grégoire, Sainte-Angèle, Saint-Célestin et Précieux-Sang n'en formeront qu'une seule sous le nom de Notre-Dame-de-l'Espérance. Le même processus est en cours pour les paroisses Saint-Édouard-de-Gentilly, La Nativité de la B.V.M. de Bécancour, Sainte-Gertrude et Saint-Sylvère. Le plan de restructuration paroissiale sur le territoire diocésain est accompli au tiers à l'heure actuelle.
«Chaque église conserve son nom. C'est un processus exigeant, qui demande de la bonne volonté. L'Église a à se réorganiser continuellement», confie Mgr Gazaille.
D'ailleurs, outre la formation et le soutien aux activités liturgiques et artistiques, l'accompagnement des communautés chrétiennes en cheminement vers la création d'une nouvelle paroisse est l'un des projets soutenus par la Fondation pastorale, présidée par l'évêque de Nicolet.
«D'année en année, nous améliorons nos façons de faire afin de toujours mieux cerner les besoins des personnes qui donnent vie à notre Église. L'an dernier, un montant de 303 037 $ a été investi dans différents projets qui touchent des gens de tous âges», explique le directeur de la Fondation, Denis LaBranche.
Finalement, à Sainte-Françoise, une municipalité extérieure au diocèse de Nicolet, on étudie les scénarios de remplacement de l'église du village qui fut rasée par les flammes le mois dernier.
«Une soirée d'information et de consultation aura lieu ce soir, 20 h 30, à la salle de l'école L'Oasis. Mais on se dirige vers une reconstruction d'une salle multifonctionnelle avec un coin pour la fabrique et certains ont proposé d'y déménager la bibliothèque», conclut le maire Mario Lyonnais, touché par l'offre d'une troupe de théâtre de Manseau de présenter des spectacles bénéfices.