Une pointe de flèche de plus de 4000 ans

C'est Richard Gill, un Abénakis engagé pour assister...

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C'est Richard Gill, un Abénakis engagé pour assister les archéologues dans leurs fouilles, qui a découvert la pointe de flèche qui daterait d'environ 2000 ans avant J-C selon les estimations.

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Les fouilles archéologiques qui se déroulent depuis la fin du mois de mai sur les rives de la rivière Saint-François dans le village d'Odanak ont permis de faire des découvertes intéressantes, notamment une pointe de flèche dont la forme permet aux archéologues d'estimer sa datation à environ 2000 ans avant J-C.

Bien qu'il reste encore des vérifications à faire avant de pouvoir certifier que ladite pointe est bel et bien vieille de plus de 4000 ans, un des deux archéologues en charge des recherches, Michel Plourde, soutient que sa forme permet d'affirmer qu'elle date de cette époque.

«Sa forme est très particulière. Des archéologues ont trouvé des pointes de ce type à des centaines d'endroits dans le nord-est de l'Amérique du Nord, notamment au Québec, en Ontario et dans les États de la Nouvelle-Angleterre. Plusieurs de ces sites ont été datés au carbone 14 (un procédé qui sert à évaluer avec précision la datation d'objets et de sites). Nous avons de plus d'autres indices, notamment l'environnement physique. On a trouvé la pointe de flèche sur un ancien rivage de la rivière Saint-François lorsque le niveau de la rivière était beaucoup plus élevé», explique M. Plourde.

Ce dernier qualifie d'unique cette découverte, qui permet de faire un pas important vers la découverte du Fort d'Odanak, une construction fortifiée qui aurait marqué l'établissement des Abénakis dans ce coin de pays. Rappelons que les fouilles que mènent M. Plourde et sa collègue Geneviève Treyvaud ont pour objectif de découvrir les ruines de ce bâtiment.

«Il y a peu de recherches archéologiques qui ont été réalisées à cet endroit depuis 1967. On connaît très peu l'occupation ancienne de la rivière Saint-François. Nous sommes une des premières équipes à revenir depuis 30 ans. On ne s'attendait pas à trouver une telle pointe. C'est une découverte importante et intéressante, mais notre objectif reste toujours de découvrir le fort. On ne met pas cet objectif en veilleuse. Ça fait juste nous encourager à chercher sur le territoire, car on s'est rendu compte qu'il y a encore beaucoup d'espaces qui n'ont pas été perturbés. C'est très rare», précise l'archéologue.

Fait à noter, cette découverte a été faite par Richard Gill, un Abénakis qui a été engagé comme technicien de recherche pour assister M. Plourde et Mme Treyvaud dans leurs fouilles.

D'autres découvertes ont également été effectuées au cours de ce projet de recherche, qui se poursuivra pendant encore une semaine. Des ossements d'animaux bien conservés et les restes d'un foyer en pierres ont notamment été trouvés. Ces découvertes ont permis de reconstituer une partie de la diète des gens de cette époque et de localiser au moins une habitation.

Encouragés par ces résultats, les deux archéologues espèrent trouver le financement nécessaire afin de pouvoir continuer leurs fouilles l'an prochain.

 

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