Important projet d'archéologie à Odanak

On a procédé officiellement hier au début des... (Photo: Ève Guillemette)

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On a procédé officiellement hier au début des travaux de fouilles archéologiques qui se dérouleront pendant le prochain mois à Odanak, à proximité du Musée des Abénakis. La photo nous fait voir trois des principaux intervenants de ce projet: de gauche à droite, Michel Plourde, archéologue, Michelle Bélanger, directrice du Musée des Abénakis et Geneviève Treyvaud, archéologue.

Photo: Ève Guillemette

Le Nouvelliste

(Odanak) Depuis hier et pour un mois, des fouilles archéologiques se déroulent sur les bords de la rivière Saint-François dans la portion sud-est du village d'Odanak. Ces fouilles qui font partie d'un projet sous le titre de Le Fort d'Odanak: le passé revisité sont dirigées par deux archéologues de l'Université Laval, Geneviève Treyvaud et Michel Plourde, et elles seront accessibles au grand public.

On espère localiser le Fort d'Odanak, un édifice fortifié qui aura marqué l'établissement des Abénakis sur ce coin de terre. Les fouilles, quelles que soient leurs résultats, devraient enrichir considérablement l'histoire abénakise qui n'a pas fait l'objet de beaucoup d'études et qui demeure donc encore relativement nébuleuse à plusieurs égards.

Évidemment, on ne se lance pas dans l'aventure les yeux fermés. Quelques documents dont un plan datant de 1720 indiquent l'existence d'une fortification et d'une redoute, un bâtiment militaire situé à l'extérieur du fort, sur le territoire du village d'Odanak actuel. Il y est question d'un établissement couvrant quelque 20 000 mètres carrés et rassemblant une vingtaine de bâtiments. Il est d'autant plus intriguant qu'il serait le seul fort en Amérique construit par les Abénakis et habité par la population autochtone.

Les fouilles devraient également permettre de trouver des réponses à un grand nombre de questions. On pourrait, par exemple, en apprendre davantage sur la diète alimentaire ou les plantes médicinales utilisées par les Abénakis. Sans compter que le projet pourrait également permettre de faire une synthèse de l'ensemble des connaissances fragmentées qu'on possède sur l'occupation abénakise du territoire.

Dépendant de l'importance des trouvailles sur le site des fouilles, le projet devrait se poursuivre pendant cinq années consécutives et probablement s'allonger davantage dans le temps. Le Musée des Abénakis est le promoteur du projet et il y trouve son intérêt, notamment par le fait que les artefacts qui seront découverts pendant les fouilles viendront enrichir sa collection archéologique accessible au grand public. D'ici au 23 juin, le public est invité à visiter le site pour assister aux fouilles et discuter avec les archéologues. Les gens doivent, pour cela, se présenter au Musée aux heures d'ouverture, de 10 h à 17 h. Également, les jeudis 3, 10 et 17 juin, à 17 h, on présentera des séances publiques d'information sur le déroulement des fouilles avec présentation des découvertes de la semaine.

«L'archéologie va venir documenter les écrits qu'on possède déjà, explique Michelle Bélanger, directrice du Musée des Abénakis. C'est un projet multidisciplinaire qui implique notamment du reboisement. Ça va permettre de diversifier la clientèle du musée. L'archéologie attire toujours beaucoup de gens et leur permettre d'assister aux fouilles en direct, c'est une belle façon de démocratiser l'archéologie.»

«Si on peut trouver des artefacts, ça va nous permettre de documenter l'histoire des Abénakis qui ne l'est pas autant que celle d'autres nations autochtones. Si, en plus, on trouve le fort, ça pourrait générer un autre projet de mise en valeur pour le Musée. Cinq ans pour ce projet, c'est probablement la durée minimum. Comme le territoire est occupé, on ne veut pas bousculer les habitants. À raison d'un mois, un mois et demie, de fouilles par année, ça devrait prendre un bon cinq ans parce qu'il faut accoler de l'information à ces éléments-là et c'est surtout ça qui prend du temps et de l'argent et c'est la raison pour laquelle on s'attelle aussi à la tâche de trouver l'argent pour poursuivre le projet sur cinq ans.»

Il ne fait pas de doute aux yeux de la directrice que le projet devrait avoir un effet bénéfique sur la fréquentation du Musée des Abénakis. «Depuis un an que je suis au Musée, j'ai insisté pour offrir une expérience différente aux visiteurs. Il y a les visites d'exposition, évidemment, mais je veux que les gens viennent vivre une expérience complète lors de leurs visites. L'archéologie fait partie de la mission du Musée et c'est aussi une façon de présenter des activités nouvelles et participatives.»

On peut suivre le déroulement des fouilles par le site www.museedesabenakis.ca.

 

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