Endettement: des municipalités nuancent les chiffres

René Bourassa, maire de Saint-Barnabé.... (Photo: Stéphane Lessard)

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René Bourassa, maire de Saint-Barnabé.

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Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Il fallait s'y attendre. La publication, dans notre édition d'hier, de chiffres concernant les statistiques d'endettement total net à long terme par habitant pour l'ensemble des municipalités de la région, a beaucoup fait jaser.

Christian Gendron, maire de Sainte-Geneviève-de-Batiscan.... (Photo: François Gervais) - image 1.0

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Christian Gendron, maire de Sainte-Geneviève-de-Batiscan.

Photo: François Gervais

Des maires de petites municipalités qui se retrouvent dans le peloton de tête des endroits où la dette per capita est plus élevée ont tenu à apporter un bémol important. La majeure partie des dettes contractées, souvent pour de coûteux projets d'infrastructures, est largement subventionnée. Les maires de Saint-Barnabé et de Sainte-Geneviève-de-Batiscan n'ont pas mis de temps à vouloir apporter cette précision qu'ils estiment importante.

«Quand on regarde les chiffres et qu'on voit que notre dette par habitant est de 5171 $, ça a l'air gros. Ça laisse présager qu'on endette la municipalité de façon considérable. Mais dans notre cas, le règlement d'emprunt pour l'assainissement des eaux est de près de 6 millions $, mais ce montant-là est subventionné à 92,4 %», insiste René Bourassa, maire de Saint-Barnabé.

La municipalité qu'il dirige se retrouve présentement avec un endettement total net à long terme de 6,3 millions $ parce qu'elle a dû adopter le règlement d'emprunt pour la totalité des coûts reliés au projet d'assainissement des eaux. La participation du gouvernement provincial se traduit par des versements successifs à venir. «En bout de ligne, la participation de la Municipalité est d'environ 300 000 $. Sur un projet de près de 6 millions $, ce n'est pas si mal», ajoute M. Bourassa.

Celui-ci, comme plusieurs homologues aux prises avec un règlement d'emprunt consistant non encore dégonflé par les subventions provinciales, craint que la publication de chiffres sur la dette à long terme et la detteper capita vienne fausser les perceptions de certains citoyens qui ne prennent peut-être pas la peine de lire l'article en entier ou de faire la part des choses concernant des projets locaux majeurs, subventionnés en large partie.

C'est aussi le cas du maire Christian Gendron, de Sainte-Geneviève-de-Batiscan, dont la municipalité se hisse au tout premier rang de l'endettement par habitant. Mais c'est là aussi à cause du projet d'assainissement des eaux, qui vient gonfler le montant de la dette totale à long terme. Seulement 9 % des coûts de ce projet évalué à un peu plus de 7 millions $ - si on inclut l'aménagement d'une route pour desservir un puits - seront réellement défrayés par les contribuables. «Mais le versement des subventions n'a pas encore commencé. C'est pour ça que présentement, c'est aussi élevé», plaide-t-il.

En fait, comme l'expliquait dans nos pages Jean Monfet, directeur général des finances municipales au ministère des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire (MAMROT), c'est bien souvent un projet ponctuel d'infrastructures qui explique une soudaine hausse de l'endettement net par habitant. Et les maires, à leur tour, insistent sur le fait que de tels projets bénéficient de larges subventions, ce qui fait en sorte que le montant «ne reflète pas la réalité» selon eux.

En entrevue au Nouvelliste, Jean Monfet avait d'ailleurs insisté sur le fait qu'il n'y avait pas lieu de paniquer quand une dette per capita est plus élevée. «Généralement, quand une petite municipalité a un endettement per capita plus élevé, c'est parce qu'il y a récemment eu un emprunt pour un important projet d'infrastructures. On parle souvent de travaux reliés aux égouts ou à l'aqueduc», note-t-il.

Et dans un cas comme celui-là, le fonctionnaire estime que c'est généralement bon signe pour les indicateurs futurs. Une municipalité qui se dote d'installations ou qui les entretient adéquatement améliore la valeur de ses infrastructures et pourrait donc se retrouver en meilleure position dans un classement autre que celui de l'endettement par habitant.

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