La formation en médecine au CHRTR menacée

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(Trois-Rivières) Après les recteurs des universités québécoises, voilà que les doyens des facultés de médecine de la province dénoncent les coupes de 124 millions $ imposées aux universités par le gouvernement péquiste.

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La doyenne de la faculté de médecine de l'Université de Montréal, la Dre Hélène Boisjoly

Photo: Archives Le Nouvelliste

Les doyens des facultés de médecine affirment que ces compressions pourraient mettre en péril les écoles de médecine en région comme le Pavillon d'enseignement du Centre hospitalier régional de Trois-Rivières (CHRTR) de la faculté de médecine de l'Université de Montréal.

«C'est catastrophique pour nous. C'est totalement impossible d'arriver avec un financement réduit. Du gras, il n'y en a plus à couper», lance la doyenne de la faculté de médecine de l'Université de Montréal, la Dre Hélène Boisjoly, qui précise que les facultés québécoises forment déjà des médecins à moindre coût que celles des autres provinces canadiennes. «Les facultés de médecine devront réfléchir sérieusement à l'utilisation de leur financement.»

L'Université de Montréal accueille chaque année 305 étudiants en médecine, dont 40 sont à Trois-Rivières. «Il n'y a pas d'économie d'échelle avec 40 étudiants», soutient la Dre Boisjoly. Elle estime toutefois que ces centres sont plus que pertinents et contribuent grandement à l'amélioration des soins de santé ainsi qu'à la rétention des médecins en région, particulièrement en Mauricie.

Les doyens des quatre facultés de médecine du Québec, Pierre Cossette de l'Université de Sherbrooke, Rénald Bergeron de l'Université Laval, David Eidelman de l'Université McGill et Hélène Boisjoly de l'Université de Montréal ont cosigné une lettre hier dans laquelle ils expliquaient que la formation des futurs médecins en région coûte plus cher que dans les grands centres.

«Enseigner la médecine en réseau coûte cher, plus cher que de le faire dans des sites centralisés», peut-on lire. «Devrions-nous couper ces développements qui répondent aux besoins de la société québécoise et dont le succès est remarquable? Sûrement pas. Mais, pour réaliser ce niveau d'économie, il faudra couper quelque chose, à moins de sombrer dans la pensée magique», écrivent-ils par la suite.

«Le ministère doit bien réfléchir dans sa décision de revoir son financement aux universités. En santé, il y a des conséquences importantes», ajoute la doyenne de la faculté de médecine de l'Université de Montréal.

La Dre Boisjoly, qui est originaire de Shawinigan et a toujours de la famille dans la région, affirme que la population de la Mauricie est mieux soignée depuis l'établissement d'une école de médecine à Trois-Rivières en 2004. Elle soutient que les hôpitaux ont maintenant plus de facilité à recruter de jeunes médecins qu'autrefois. Et cela, dit-elle, ne fait que commencer. «Ça prend dix ans pour former un médecin.»

Des écoles de médecins et de sciences de la santé ont été implantées ces dernières années, avec l'encouragement de Québec, dans quelques villes de la province. L'Université de Montréal se retrouve à Laval et Trois-Rivières, l'Université de Sherbrooke est implantée à Saguenay et Longueuil, l'Université Laval est à Rimouski et Joliette alors que l'Université McGill offre des cours à Gatineau.

Les facultés de médecine participent aux rencontres préparatoires du Sommet sur l'enseignement supérieur qui aura lieu en 2013. Toutefois, les récentes compressions demandées par Québec leur font douter de la pertinence de cet exercice.

«Nous avons appris avec stupéfaction la compression récurrente annuelle de 124,3 mil-lions $ du budget des universités québécoises, soit un peu plus de 5 % du budget global. À ceci s'ajoute une réduction de 31 millions $ (17 %) aux Fonds de recherche du Québec à compter de 2013.

«Ces coupures imposées par le gouvernement nous font sérieusement douter de la pertinence de la démarche menant au Sommet sur l'enseignement supérieur», affirment les doyens dans leur lettre envoyée aux médias. «Une invitation à marcher après s'être fait casser les jambes perd nécessairement une partie de son attrait.»

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