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Certificat en interprétation théâtrale: Rita Lafontaine se dit blessée

La comédienne et enseignante Rita Lafontaine est déçue... (Photo: Olivier Croteau)

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La comédienne et enseignante Rita Lafontaine est déçue et blessée par la façon dont le programme de certificat en interprétation théâtrale de l'Université du Québec à Trois-Rivières a été remanié.

Photo: Olivier Croteau

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Marie-Josée Montminy
Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Rita Lafontaine, pilier majeur du programme de Certificat en interprétation théâtrale offert à l'UQTR depuis 2010, se dit «blessée» par la façon dont le directeur du département qui le chapeaute justifie les modifications qui y ont été apportées. La comédienne tenait à réagir aux propos d'Aimé Zayed qui, plus tôt cette semaine, expliquait pourquoi le programme avait été revu. Et se trouvait à exclure celle qui l'avait co-créé.

Directeur des programmes au Département de philosophie et arts et chef de la section des arts, Aimé Zayed invoque l'insuffisance du nombre d'inscriptions pour justifier les changements apportés au programme qui accueillera sa troisième cohorte en septembre. Le maigre total de sept inscriptions reçues pour cette année posait un problème de rentabilité. L'abandon de la production de fin d'études, à la salle Thompson, a notamment été adopté comme une des solutions.

Ce spectacle allait de paire avec la formation, selon Rita Lafontaine, alors que pour M. Zayed, les coûts qu'il engendrait n'étaient pas légitimés par le niveau du programme. «C'est un programme de certificat», répétait-il lundi en entrevue, en insinuant qu'une telle représentation à prétention professionnelle n'était pas indispensable pour ce niveau de formation. Une perception qui choque Rita Lafontaine.

«Je considère que le spectacle public est essentiel à la formation. Ce qui fait foi de tout l'apprentissage, c'est la représentation. La représentation publique signe tout le travail qui a été fait avant», soutient-elle.

Lundi, M. Zayed affirmait: «La formation par Mme Lafontaine est une formation professionnelle, et Mme Lafontaine met l'accent sur la production d'un spectacle dans une salle professionnelle. Mais pour nous, le certificat est une entrée en matière dans le monde de la dramaturgie. Ce n'est pas comme un baccalauréat ou une maîtrise».

Rita Lafontaine a reçu ces propos comme un discrédit envers ce qui est qualifié de «professionnel». «Ça m'a blessée qu'il emploie ce mot-là dans ce sens-là. Oui, moi, je veux pousser le plus loin possible la compréhension et l'approfondissement des textes. Je dis aux étudiants: «Vous voulez être comédiens? Il vous faut de la discipline, de la persévérance». Je suis passionnée par ce métier-là, et je crois en l'investissement», formule la Trifluvienne d'origine.

Autre changement dans le programme: il s'ouvre à temps partiel alors qu'il devait être suivi à temps plein sur les sessions d'automne et d'hiver. «Dès le début, j'ai dit que c'était trop exigent pour les jeunes d'être à temps complet. À temps partiel, ç'aurait été différent comme horaire, mais je ne crois pas qu'il y aurait eu moins d'inscriptions. J'ai fait deux ans de travail bénévole pour créer ce programme. Ça n'a pas été improvisé, ça a été pensé sérieusement», insiste Rita Lafontaine.

Le Certificat en interprétation théâtrale avait été créé par le service de la formation continue, et a été repris par le Département de philosophie et arts l'an dernier. «C'est mon ami Jean Beaulieu qui avait eu cette idée-là. Il a communiqué avec Rémi Tremblay, de l'UQTR, et ils m'ont contactée après», rappelle la comédienne et professeure en évoquant la genèse de la mise sur pied du programme qui a accueilli 23 étudiants la première année et 14 la deuxième.

«J'ai 44 ans de métier - j'en avais peut-être 41, 42 au moment de la création du programme! - et je voulais transmettre ce que j'avais appris», formule la septuagénaire, déçue qu'on ait omis de la consulter dans la décision de remanier le programme.

Des façons cavalières

«Ce que je déplore, c'est de ne pas avoir été consultée là-dedans. On m'a appris ça après que le spectacle soit terminé, le 19 avril. J'ai trouvé ça très cavalier. Ça faisait trois semaines que la décision était prise et on ne me l'avait pas dit soi-disant par délicatesse. Je me suis plutôt sentie comme s'ils croyaient que j'aurais abandonné le spectacle si je l'avais su avant», raconte Mme Lafontaine en faisant référence au spectacle Mamouri, présenté en avril à la salle Thompson.

«Non seulement ils ne m'ont pas consultée, mais ils m'ont dit: On vous offre trois heures par semaine''. On ne peut rien faire, à trois heures par semaine en interprétation. J'ai trouvé ça insultant», note l'enseignante qui passait beaucoup plus de temps avec ses étudiants dans la formule initiale du programme. «À partir de janvier, on ne comptait plus nos heures», se souvient celle qui avait assumé plusieurs tâches relatives à la production de Mamouri.

Malgré le goût amer laissé par la tournure des événements, Rita Lafontaine se console avec l'initiative des finissants de sa cohorte 2011-2012, qui ont monté leur compagnie de théâtre pour pouvoir présenter Mamouri en tournée cet été, tournée qui sera conclue à la salle Anaïs-Allard-Rousseau de Trois-Rivières le 24 août.

«Je suis fière d'eux. Ils ont fait un travail gigantesque. Ils se sont distribué des fonctions précises pour s'occuper de tout. En janvier, il y avait eu un projet de représentation estivale qui était tombé à l'eau. J'étais tellement déçue pour eux et je ne savais pas comment les encourager. Je leur ai dit que s'ils trouvaient un autre projet, je les suivrais», raconte Mme Lafontaine, qui avait co-écrit la pièce et qui y tient un rôle.

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