Toute la journée, dans un flot continu, les passagers débarquaient du navire et devenaient, à toutes fins utiles, les premiers visiteurs de Trois-Rivières en tant que port d'escale pour des grands navires de croisière internationaux. Le début d'une belle histoire, indique le maire Yves Lévesque.
Le Balmoral a fait une escale remarquée à Trois-Rivières. Avec ses 1184 passagers et ses 508 membres d'équipage, le navire de la compagnie Fred Olsen Cruise Lines a attiré un nombre impressionnant de curieux tout au long de la journée. Et pour le milieu touristique et commercial de Trois-Rivières et de la région, il s'agissait d'une première puisque Trois-Rivières cherche à se tailler une place dans le très sélect club des ports d'escale du Saint-Laurent.
L'expérience semble avoir été concluante, selon les principaux intervenants. Pour le maire Yves Lévesque, qui a pu monter à bord du navire à trois reprises hier, il s'agit d'une journée extraordinaire pour Trois-Rivières. «Je suis ébloui. Je suis enchanté. Je n'ai pas de mots pour dire à quel point c'est une fierté pour nous et surtout un plaisir d'entendre les commentaires tellement positifs des passagers qui débarquent et qui découvrent notre ville», explique-t-il. À la fois ému et survolté, le maire a décidé d'annuler tous les engagements qu'il avait hier pour profiter de la journée, accueillir des passagers et s'entretenir avec eux.
«J'ai pu m'entretenir avec le capitaine et il me disait que ce matin, comme c'était la première fois qu'ils faisaient escale ici, ils étaient un peu craintifs. Ils pensaient accoster dans une zone industrielle mais ils ont été agréablement surpris d'accoster en plein centre-ville. Ça revient beaucoup, ça, dans les commentaires des gens», explique le maire Lévesque.
Il faut dire que tout avait été mis en branle pour facilter le passage à Trois-Rivières du Balmoral. Un chapiteau d'accueil avec des produits locaux et des cartes postales gratuites - et qui pouvaient être postées gratuitement - avait été aménagé tout juste à l'entrée du parc portuaire.
La sécurité était évidemment stricte mais la circulation des passagers se faisait rondement. Dans les visites offertes aux passagers, des petits extras ont réjoui les visiteurs, notamment cette présence des Petits chanteurs à la chapelle des Ursulines ou dans le parc en face du monastère. Pour une première expérience, la ville s'en est bien tirée.
«Je pense que Trois-Rivières a sa place dans la destination Saint-Laurent, par sa complémentarité avec les autres ports d'escale. Il y a des attraits intéressants à proximité du port. Et la proximité, c'est ce que les gens apprécient le plus», remarque Anne-Marie Nadeau, déléguée commerciale de l'Association des croisières du Saint-Laurent. Elle était à Trois-Rivières hier pour observer comment le tout allait se passer et pour donner un coup de main aux organisateurs locaux. «C'est le début d'une belle histoire pour Trois-Rivières», assure-t-elle.
Du côté du Port de Trois-Rivières, le directeur général Gaétan Boivin était lui aussi très satisfait de la visite de ce premier grand navire de croisière. «C'est une belle journée pour le Port. Pour nous, ce n'est pas un navire tellement différent des autres qu'on reçoit, quand on parle du déploiement nécessaire, mais c'est certain que de voir débarquer plus de 1000 passagers, c'est plus rare», explique-t-il. Les manoeuvres d'accostage et de départ du navire, tard hier soir, se sont bien déroulées.
«Le niveau de l'eau n'a pas posé de problème parce que ce ne sont pas des navires qui ont besoin d'un gros tirant d'eau», ajoute M. Boivin. Comme pour tous les navires qui empruntent le fleuve, c'est un pilote du Saint-Laurent qui a pris la barre du navire aux Escoumins, puis un autre à Québec, avant qu'un autre prenne le relais hier soir pour conduire le Balmoral vers Montréal, son prochain port d'escale.