C'est que de nombreux Acadiens déportés de Beaubassin en 1755 se sont réfugiés dans la région de Bécancour à partir de l758. Ils y fondèrent le village de Sainte-Marguerite, aujourd'hui, Saint-Grégoire. Un monument commémoratif rappelle également «le grand dérangement» en face du presbytère local. Plus question de l'oublier. Maintenant, même des rues s'en rappellent. Et d'ailleurs, le Festival acadien est actuellement en cours.
Ceux qui connaissent un peu la région francophone du Nouveau-Brunswick ne seront pas surpris du choix de ces Acadiens exilés tant les paysages de ces deux endroits se ressemblent, du moins, lorsqu'on aperçoit les terres cultivées qui se terminent doucement près de la rivière Bécancour elle-même adossée à des bosquets bien ronds... un paysage tout en délicatesse, comme une aquarelle, où nichent de petits bijoux de villages composés de plusieurs maisons plus que centenaires que l'on bichonne amoureusement.
C'est encore la mémoire que l'on préserve le long de la route des navigateurs, en commençant par le Centre de la Biodiversité du Québec, à Bécancour, qui rappelle entre autres les origines du lac Saint-Pierre et du fleuve Saint-Laurent. Une visite idéale pour la famille car on y fait la connaissance de nombreux animaux qu'on peut même caresser. Bien d'autres haltes sont possibles sur la route des navigateurs mais celle du Cap Charles à Deschaillons est obligatoire pour y rencontrer le sympathique couple que forment Monique et Delphis Duhamel.
Depuis des années, ils animent le Centre de la navigation. En plus d'une visite très instructive sur l'histoire des navires qui fréquentent cette grande voie d'eau internationale qu'est le fleuve Saint-Laurent, on peut avoir la chance de les voir saluer les bateaux qui passent, en hissant le drapeau de leur pays d'origine et en faisant jouer l'hymne national.
Le couple a déjà salué en 1967 le passage du navire de la reine Elisabeth, qui l'a remercié par une gentille lettre de retour en Angleterre. Une autre année, il a même eu l'honneur de voir un navire s'immobiliser sur le fleuve et tirer sept coups de canon en guise de salutation. Un autre a fait monter tout son équipage de matelots, vêtu de blanc, pour saluer le sympathique couple connu de marins du monde entier.
Le parc écologique Godefroy, situé sur la rive gauche de la rivière Godefroy, l'exutoire du lac Saint-Paul, rend aussi hommage au passé en tentant par des fouilles archéologiques de mieux connaître les premiers établissements humains sur le territoire, soit celui des Acadiens bien sûr mais aussi de ceux qui les ont précédés quelques millénaires avant.
Jusqu'à maintenant, ces fouilles ont révélé d'importants artéfacts de l'ère préhistorique, dont des tessons de poterie. L'archéologie vous intéresse? Vous pouvez vous inscrire pour une demi-journée d'archéologie «Récoltons le passé».
Si vous n'êtes pas prêts à mettre les mains dans la terre, mais que l'histoire vous passionne, poussez une petite pointe jusque chez les Abénakis de Wôlinak pour une visite chez Plumes et Pacotilles. Vous y ferez la connaissance de l'artiste multidisciplinaire Sylvie Bernard, une hôtesse charmante qui prend le temps de discuter avec ses visiteurs.
L'atelier boutique est un pur enchantement pour les yeux et présente un beau choix d'objets, vêtements et bijoux réalisés selon les méthodes traditionnelles ou suivant une réinterprétation moderne de l'artiste, mais toujours sans trahir ses origines amérindiennes.
Un petit creux? Le Moulin Michel, à Gentilly, un des rares moulins à farine du Québec ayant conservé sa vocation d'origine vous attend pour dîner. Le meunier et ses assistants offrent un petit tour du propriétaire mais aussi un bon gueuleton à l'ancienne, particulièrement les samedis et dimanches jusqu'à la fête du Travail. Au menu: galettes de farine de sarrasin, crêpes et (si vous avez l'estomac bien accroché) la beurrée d'Alfred avec crème et sucre du pays.
En joual vair!
Si vous avez aimé City Slickers avec Billy Crystal, où un groupe d'amis citadins s'offre une expédition à cheval et raccompagne un troupeau de vaches en se prenant pour de vrais cowboys, la Ferme du Joual Vair (Sainte-Gertrude) vous plaira. On y offre une journée à cheval au coeur de la vie de cowboy à rassembler, trier et conduire le bétail. Vous vous y croirez. Si vous avez la piqûre, vous pouvez vous offrir l'expérience du week-end et, pourquoi pas, la semaine (5 jours)? Certains forfaits exigent toutefois une expérience de base de la part des cavaliers. Hébergement et animation compris dans le prix... ainsi que les fous rires.
Incontournable
L'Angelaine à Bécancour. Depuis le film Le Survenant, toutes les femmes rêvent de posséder leur châle de mohair.
Un petit verre de vin
Au domaine du Clos de l'Île (Sainte-Angèle), de la terrasse, on a une vue sur le fleuve.
Découvrir le terroir
Chez la Fille du berger, Fortierville. En vente, viande et charcuteries fines de l'élevage.
Du chocolat
À la chocolaterie les Tentations des anges, de Sainte-Sophie-de-Lévrard. Avec un nom pareil... imaginez le reste !
Un belvédère
De celui du Cap-Charles, on aperçoit une demi-douzaine de clochers de là-haut.
Une saucette
La plage Paris à Sainte-Sophie-de-Lévrard. On peut aussi y camper.
En vélo
Le circuit du lac Saint-Paul, parce qu'on suit le cours d'eau tout le long... et que c'est plat.
Une Galerie d'art
Symposium de peinture «Ô couleurs de l'automne» 8e édition. Dans le cadre des Journées de la culture les 29 et 30 septembre
Découvrir le terroir
Bleuets et compagnie, une bleuetière unique en bordure du Saint-Laurent sur la 132, à Saint-Pierre-Les-Béquets.
Avec bébé
Le Centre de la biodiversité à Bécancour, vraiment pensé pour un jeune public.
Du fromage
À l'Ancêtre, à Bécancour, un très beau choix de créations de la région et du Québec.Faits de leurs blanches mainsSavonnerie Carpe-Diem, à Sainte-Angèle, où on trouve aussi Les trouvailles métiers d'art d'ici et un nouveau café.